Vivons nous dans une société patriarcale
A qui profite l’oppression ?

L’oppression des femmes dure depuis des milliers d’années et concerne l’ensemble des domaines de la vie sociale - du lieu le plus public aux aspects les plus intimes des relations humaines. L’envie d’éradiquer cette oppression contribue  fortement  aux motivations des militant(e)s - femmes et hommes - qui veulent renverser le capitalisme.

L’oppression des femmes est à la fois similaire et très différente des autres oppressions. Similaire car le mépris ressemble toujours au mépris. Différente en ce que la cible de l’oppression est dans ce cas la majorité de la population, pas une minorité. Différente également car aucun autre groupe opprimé ne partage si intimement la vie quotidienne de son « oppresseur ». L’enracinement social et psychologique de l’oppression n’en est que plus fort.

Dans le débat public, y compris à gauche, cette oppression passe souvent sous silence, et c’est un travail de longue haleine que d’apporter une prise en compte de cette oppression dans tous les domaines, des manuels scolaires1 au travail domestique, en passant par les médias,2 la publicité,3 les relations sociales4 et  les institutions gouvernementales.

Vous avez dit féministe ?
Les gens qui s’engagent fermement contre l’oppression des femmes revendiquent souvent l’étiquette  « féministe ».5 Pour beaucoup, il s’agit simplement d’un synonyme pour quelqu’un qui défend l’égalité des droits (c’est le sens donné dans le dictionnaire). Mais l’étiquette est très fréquemment considéré comme ayant des implications théoriques spécifiques concernant l’oppression. En particulier, l’acceptation de la théorie du patriarcat - l’idée que les hommes dans leur ensemble contrôlent la société, ou au moins que la société  actuelle est gérée dans l’intérêt de l’ensemble des hommes.

Cet article essaiera d’expliquer pourquoi nous ne vivons pas sous un patriarcat. Et que l’oppression omniprésente des femmes ne profite pas aux hommes dans leur ensemble, mais au capitalisme.

Qu’est - ce que le patriarcat ?
Selon le Dictionnaire critique du féminisme 6 :
«le patriarcat désigne une formation sociale où les hommes détiennent le pouvoir, ou encore plus simplement : le pouvoir des hommes. Il est ainsi quasiment synonyme de ‘domination masculine’ ou d’oppression des femmes.7»
Mais si la domination masculine de la société est indéniable, il est faux de dire que les hommes dans leur ensemble détiennent le pouvoir. Si les tenants les plus en vue du pouvoir - P-DG, généraux, juges, ministres,  sont quasiment tous des hommes, la quasi-totalité des hommes n’ont aucune chance d’accéder à un poste de pouvoir central.
Cette confusion entre « tous les hommes » et « les hommes du pouvoir » est courante dans les expositions des théories du patriarcat. Mais les versions les plus sérieuses, et les plus influentes à gauche ne prétendent pas que l’ensemble des hommes règne sur la société, mais que néanmoins tous les hommes profitent de l’oppression des femmes.

Il n’ y a pas une seule théorie homogène du patriarcat. Certaines variantes voudraient que la domination des hommes n’ait aucun lien avec le capitalisme, d’autres y voient un lien indissoluble. Certaines voient la racine de la domination dans la nature des hommes, d’autre dans les structures sociales. Mais les différentes versions tournent autour d’un nombre limité de questions clé que nous essaierons de traiter ici.

Existe-t-il un mode de production domestique ?
Les marxistes analysent le capitalisme du point de vue des intérêts matériels des différentes classes. Certaines théoriciennes féministes ont essayé également de donner une base matérialiste à la théorie du patriarcat.

En France, la plus importante est Christine Delphy, chercheuse, co-fondatrice avec Simone de Beauvoir des revues Questions Féministes et Nouvelles Questions Féministes.

Pour elle, la base économique et sociale de cette oppression, aussi moteur pour la société que l’est le capitalisme, serait le travail fait à la maison par les femmes : le ménage, l’éducation des enfants etc. A côté du capitalisme et au moins aussi central à la société, elle voit un « mode de production domestique ». Ainsi, toutes les femmes, quelle que soient leur appartenance de classe, constituerait une classe sociale unique, exploitée par l’ensemble des hommes.

Elle souligne que sa théorie a des implications pour la mobilisation politique :

«La mobilisation doit se faire sur la base de l’oppression patriarcale donc inclure tous les individus opprimés par le patriarcat et à ce titre intéressés à sa destruction, c’est à dire toutes les femmes ! 8 »

Pour mobiliser toutes les femmes, il faudrait, selon Delphy,  convaincre les femmes des classes salariées d’abandonner toute conscience qu’elles font partie de la classe ouvrière :

«[Il faut] s’attaquer aux problèmes de la fausse conscience de classe déterminée par l’appartenance aux classes capitalistes plutôt qu’aux classe patriarcales (…) [et] montrer comment cette fausse conscience [d’appartenance à la classe ouvrière] sert les intérêts du patriarcat et nuit à la lutte».9

Delphy écrit que seuls les préjugés sexistes des sociologues hommes les empêchent de reconnaître le mode de production domestique. C’est une erreur, dit-elle, de privilégier une analyse de l’économie en tant que marché, quand le foyer est un lieu économique aussi crucial qu’est le marché : « Je refuse le dogme de la prééminence absolue du mode de production capitaliste sur les autres. »

La théorie de Delphy a beaucoup d’influence, mais ses conclusions sur la mobilisation en ont moins. Josette Trat, militante de la LCR et l’une des responsables du feu Cahiers du Féminisme écrit :

«[Sa] théorie a un défaut majeur: elle analyse séparément les rapports de classe et les rapports sociaux de sexe (de genre). Or on ne peut pas comprendre la persistance de l'oppression des femmes dans notre société sans analyser conjointement l'intérêt individuel de chaque homme à se faire servir à la maison par une femme dévouée et aimante et l'intérêt collectif qu'a la classe dominante à perpétuer la division du travail entre hommes et femmes (aux femmes les tâches domestiques principalement et leur prolongement dans le monde salarié; aux hommes les activités productives et fortement valorisées symboliquement).»10

Ici l’essentiel de l’analyse de Delphy est acceptée. L’intérêt de tous les hommes ferait perdurer l’oppression, aux côtés de l’économie capitaliste.

Très récemment, dans le numéro de Critique Communiste de l’Hiver 1999, Antoine Artous exprime une position plus courante - que l’institution de la  famille n’est pas entièrement subordonnée au capitalisme et constitue en elle-même une cause de la pérennité de l’oppression des femmes.

Penchons nous sur trois questions importantes : la famille est-elle subordonnée au capitalisme dans notre société ?  Le travail domestique représente-t-il une exploitation des épouses par leurs maris ? Les travailleurs et les travailleuses ont-ils des intérêts divergents ?

La famille est-elle subordonnée au capitalisme ?
Peut-on dire que la famille - comme lieu d’organisation du travail de reproduction de la force de travail - n’est pas subordonnée au capitalisme ? La famille est-elle comparable au poids historique, politique et économique du marché ?

Le marché et l’accumulation du capital ont fait et refait tous les aspects du monde dans lequel nous vivons ; ont causé les guerres et les famines, transformé littéralement le paysage, créé les villes, détruit et recréé des monarchies, des dictatures, des démocraties ; créé les conditions pour l’entrée en masse des femmes dans le travail industriel ; créé l’éducation et les universités.

La famille n’a pas eu ce rôle dynamique et progressiste-en-même-temps-que-destructeur dans l’histoire du monde. Il s’agit plutôt d’une institution qui contribue fortement à la survie du capitalisme, sans constituer une de ses raisons d’être.

L’organisation et la réalisation des tâches domestiques dépendent de l’existence préalable de la production industrielle, de ses produits et de son impact sur la division du travail.

Quand les besoins de l’accumulation capitaliste changent, de grandes transformations peuvent avoir lieu dans la famille, tandis que l’inverse n’est pas vrai.  L’économie capitaliste en expansion a besoin de la main d‘œuvre féminine - et voilà que des millions de femmes rejoignent à nouveau la force du travail. Le capitalisme a besoin d’une main d’œuvre plus formée ? Les enfants iront tous à l’école au lieu d’aller à l’usine.

Dans des périodes de crise c’est encore plus frappant. En temps de paix l’idéologie capitaliste déclare que le foyer familial est le seul endroit où l’on peut développer des êtres humains équilibrés. Arrive une guerre mondiale et les capitalistes envoient les hommes par millions dans les champs de la mort et les femmes par millions à l’usine pour remplacer le travail des ouvriers hommes. Le cadre familial comme mode de vie est détruit jusqu’à la fin de la guerre.11 Le capitalisme a besoin de la famille, mais la famille lui est en dernière instance subordonnée.

Pour qui est fait le travail domestique des femmes ?
La deuxième idée de Delphy est que le travail ménager et les soins aux enfants constituent un travail fait par l’épouse pour son mari. Maris et femmes sont  constitués « en classes antagoniques (les uns retirant un profit matériel de l’exploitation des autres) »12. Ce n’est pas considéré comme un travail fait pour l’ensemble de la famille, qui est injustement partagé, ni comme un travail fait pour les capitalistes qui ont besoin d’une nouvelle génération de travailleurs, mais un travail fait au profit du mari. On trouve cette idée ailleurs. Une brochure de la LCR parle d’une «activité non-reconnue au service du conjoint.»
Regardons cette question plus en détail.

Là où sous le capitalisme, le travail de production des marchandises, correspondant à certains besoins humains, est pris en charge par le travail social (à l’usine, à la ferme ou au bureau), le travail, tout aussi nécessaire, de la reproduction de la force de travail (lessive, vaisselle, cuisine, soins aux enfants et soutien psychologique) est assuré pour l’essentiel par la cellule familiale. Ce sont les femmes qui en font la part du lion.

Pour faciliter la reproduction de la force du travail, le capitalisme a conservé une institution existante - la famille, tout en la transformant.13 L’idéologie déjà existante de l’infériorité des femmes en a été le principe organisateur. Celle-ci se reproduit elle-même au sein de la société actuelle. Si les femmes ont des emplois moins intéressants et moins bien payés, qui dans le couple va faire des heures supplémentaires, et qui va prendre un emploi à temps partiel?

Par la suite, c’est évidemment celui qui perçoit la plus grande partie des revenus qui a plus de poids dans le couple …

En surface il paraîtrait que ce travail domestique fait pour l’essentiel par les femmes profite aux hommes avec lesquels elles vivent.

Mais les rapports entre les hommes et les femmes ne peuvent pas être considérés comme parallèles aux rapports entre capitalistes et travailleurs. L’exploitation et l’oppression sont deux phénomènes de nature tout à fait différents. De la même façon, le travail domestique n’est pas de la même nature que le travail salarié (ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas être aussi pénible.)

Le travail salarié sous le capitalisme est minuté. Chaque minute gagnée par le travailleur est une minute perdue pour les profits. Les cadences et la productivité règnent. La technologie est introduite sur le lieu de travail dans la mesure où une machine, un outil ou un produit peut rendre le travail plus rentable du point de vue des profits. Les machines qui améliorent les conditions de vie des travailleurs mais n’augmentent pas les profits ne sont pas introduites, à moins que ce ne soit grâce à un rapport de forces favorable pour les travailleurs organisés. Les améliorations des conditions de travail passent en général par une organisation collective de résistance.

La situation du travail domestique est tout autre. Les maris n’exigent pas deux ou cinq fois plus de dîners ou de vêtements propres dès que leur femme a la possibilité physique de les fournir, pour ensuite la licencier si elle ne peut pas travailler plus vite. L’introduction de machines ou de produits nouveaux (lave-vaisselle, lave-linge, micro-ondes, aspirateur, surgelés, couches jetables) n’est pas  systématiquement combattue par le mari.

Une amélioration des conditions de travail en ce qui concerne le travail domestique (des biens ménagers ou une répartition plus juste des tâches entre les différents membres de la famille) ne passe quasiment jamais par un rapport de force collectif. Et le travail fait à la maison par les femmes ne permet pas à leur compagnon d’accumuler du capital,  d’acheter d’autres entreprises ni de s’enrichir sérieusement. Le rapport des hommes et des femmes au travail domestique n’est pas celui d’une classe.

Ceux qui profitent du travail domestique ce sont ceux qui profitent du travail en général - les employeurs, qui ont - grâce avant tout aux femmes - droit (quasi gratuitement) à des travailleurs nourris blanchis et prêts à se mettre au travail tous les matins. On peut imaginer l’énorme coût qui pèserait sur les entreprises si elles devaient payer ce travail.

Les améliorations majeures des conditions de travail domestique ont été gagnées, (avant tout dans des périodes de boom économique) par le rapport de force entre travailleurs et patrons qui a permis soit de meilleurs salaires qui permettent d’acheter les machines et les produits pour faciliter le travail, soit par l’organisation collective de prise en charge du travail de reproduction de la force de travail – par l’état ou par le marché (crèches subventionnées14, centres aérés, écoles maternelles, pizzerias et autres fast food …)

Cela ne veut pas dire que le partage des tâches entre les partenaires au sein du couple n’est pas important. Comme s’est plaint un dirigeant révolutionnaire :

«Les hommes regardent tranquillement s’user à un menu travail  monotone, éreintant, qui absorbe leur temps et leur force : les soins du ménage … il y a peu de maris, même parmi les prolétaires, qui pensent à alléger sensiblement les peines et les soucis de leur femme … en les aidant au « travail féminin ». Ils n’en font rien, car ce serait contraire « aux droits et à la dignité du mari ». Ils exigent pour eux le repos et le confort. » 15

Si la situation s’est améliorée depuis, le chemin à parcourir reste long. Mais le partage de la misère, aussi indispensable qu’il soit, ne peut malheureusement  pas constituer une solution à l’oppression.

Quel est le poids du travail domestique ?
Si le travail domestique ne constitue pas une exploitation par les hommes mais un service au capitalisme, est-ce qu’il s’agit quand même du lieu principal de l’oppression des femmes ? Dans le tableau ci-dessous, nous voyons les principaux temps sociaux au cours d’une journée moyenne des hommes et des femmes, selon deux études faites par l’INSEE en 1986 et 1999 16
 

Temps passé en minutes à différentes activités
 
Femmes 1986 Femmes 1999 Hommes 1986 Hommes 1999
Temps physiologique  700 708 688 692
Travail,études,formation  196 207 347 330
Temps domestique  307 276 127 133
Dont ménage,courses  250 220 71 75
Soins aux enfants 42 38 10 11
Jardinage, bricolage 15 18 47 47
Temps libre (sociabilité et loisirs) 193 211 233 249 193 211 233 249
Trajets (professionnels et autres)  44 38 45 36
 
Ce tableau17 comporte des limites. Il ne décrit pas une journée typique, mais une journée moyenne (tenant compte  des week-ends et des vacances, etc.). Une journée typique peut être bien plus chargée.

Les chiffres ne sont pas catégorisés par classe sociale, nous n’avons que la moyenne de la population adulte entre 15 et 60 ans.18 On peut supposer que les femmes vivant dans des familles plus riches - qui emploient des femmes de ménage19 par exemple - passent moins de temps au travail domestique. Cette moyenne cache donc un travail plus long pour les femmes plus ordinaires.

Le travail domestique a changé. Les soins aux parents âgés et dépendants (le plus souvent des femmes, puisqu’elles vivent plus longtemps) ne sont pas mesurés séparément dans ces chiffres. Mais ce travail est sans doute plus important qu’auparavant. On prévoit pour 2015 : 1,8 millions de personnes âgées de plus de 85 ans en France, et la classe dirigeante compte bien faire faire le travail de soins des personnes âgées aux familles des travailleurs - avant tout aux femmes - pour ne pas grever les profits du capital.

Le travail d’éducation des enfants - travail fourni gratuitement pour la société par les parents - a également évolué ces dernières décennies puisque le capitalisme requiert une main d’œuvre plus éduquée. Aujourd’hui ce travail comporte moins de couture et de cuisine par exemple, mais plus de courses et de visites chez le médecin, et de nouveaux éléments depuis une vingtaine d’années tels que l’aide aux devoirs20 et l’organisation d’activité extrascolaires21, mais aussi les heures supplémentaires au travail pour compenser l’entrée tardive des enfants dans la vie active.

Ce qui n’a pas changé c’est l’inégalité entre hommes et femmes. Les femmes entre 15 et 60 ans passent nettement plus de temps que les hommes au travail domestique, et ont moins de temps de loisir. En 1999, la différence entre le temps de loisir des hommes et des femmes était de 38 minutes par jour.

Il ne s’agit pas de minimiser l’importance de cette différence - dans la vie d’une travailleuse qui a des enfants, 38 minutes de loisir en plus chaque jour ferait une différence tout à fait appréciable. Et il s’agit d’une moyenne qui cache des millions de situations bien pires.

Mais si nous considérons que dans les quatorze années qui séparent ces deux enquêtes, la productivité du travail en France a plus que doublé, nous voyons qu’en se débarrassant du capitalisme, nous pourrions tous et toutes travailler plusieurs heures de moins chaque jour. Il faut le répéter - l’ennemi principal est le capitalisme. Les hommes reçoivent quelques miettes supplémentaires, pas un intérêt réel dans le système.

Par ailleurs, le temps passé au ménage et à l’éducation des enfants n’est pas du travail dont profitent les travailleurs hommes (d’ailleurs, comme peuvent le témoigner des centaines de milliers de mères qui élèvent seules leurs enfants, l’absence d’un homme ne réduit pas le travail). C’est le capitalisme qui impose, par la privatisation de ce travail, des heures si longues aux femmes.

Bien évidemment, l’oppression ne peut pas être réduite à l’utilisation de notre temps. Les femmes font souvent, à la maison comme au travail, les travaux les moins valorisés et les moins intéressants. Nous savons aussi  que le fait d’être méprisé parce que l’on appartient à un groupe opprimé est souvent bien plus lourd à supporter que le fait de devoir travailler plus et gagner moins.

Les autres aspects de l’oppression des femmes
C’est le travail domestique qui est choisi par Delphy comme l’élément le plus à même de prouver un antagonisme d’intérêts entre hommes et femmes de toutes les classes. Mais ce travail n’implique pas un tel antagonisme d’intérêts.

Que dire des innombrables autres aspects de l’oppression ? Les hommes dans leur ensemble ne profitent pas des bas salaires des femmes, du chômage féminin, de la violence contre les femmes,  etc.  On n’entend jamais l’ouvrier entrer dans le bar et dire aux copains : « J’ai de supers nouvelles - ma femme est mal payée, ils ont fermé la crèche dans notre ville, et ma fille ne peut pas avoir un IVG car le centre a été fermé aussi ! »

Ces mesures de discrimination frappent les femmes, mais ne profitent pas aux travailleurs hommes. Les bas salaires des femmes et la précarité de leurs emplois ne sont pas dus aux attitudes sexistes des travailleurs hommes, car les travailleurs hommes ne contrôlent pas les entreprises. S’il faut combattre à la fois les discriminations des employeurs et de l’Etat contre les femmes, et les préjugés et les attitudes sexistes parmi les travailleurs, il ne faut pas les confondre.

Les rapports sociaux de sexe
La contribution de Delphy sur un « mode de production domestique » n’est pas la seule tentative de théoriser l’existence d’une société patriarcale. Dans la sociologie féministe, particulièrement en France, et au sein de l’extrême gauche, un autre concept est plus couramment utilisé, celui des « rapports sociaux de sexe » ou « rapports sociaux de genre ». Un document de la LCR commence par ce paragraphe :

«Dans notre société, les rapports sociaux de sexe sont aussi importants que les rapports de classe.
Ce qui définit un rapport social, c'est l'existence de deux groupes qui ont des intérêts antagonistes et qui n'existent que parce qu'il y a l'autre. À un niveau structurel, les femmes sont maintenues dans une position inférieure par rapport aux hommes à travers un système de domination économique, justifié idéologiquement, qui se maintient à travers un rapport de force entre les femmes et les hommes. Ce système est appelé le patriarcat. Cette domination patriarcale touche tous les domaines de la vie des femmes.»22

La catégorie « rapports sociaux de sexe » jouit aujourd’hui d’une certaine popularité dans les très rares départements d’université ou centres de recherche23 où l’on étudie spécifiquement l’oppression des femmes (car comme ailleurs, les femmes restent souvent invisibles dans les études d’histoire ou de société). Le terme a été choisi pour faire écho au terme marxiste « rapports sociaux de production », et ainsi pour suggérer  un parallélisme entre les deux - une double dynamique dans la société - sans pour autant parler d’un mode de production, qui impliquerait une base économique bien plus précise.

A ma connaissance cette catégorie n’a jamais été théorisée de façon formelle. Danièle Kergoat du CNRS, une de ses adeptes, écrit en 1990 :

«Bref, il ne s'agit pas de « rajouter » les femmes comme un plus qui viendrait colorer le mouvement social, l'analyse de celui-ci restant en dehors de toute prise en compte des rapports sociaux de sexe (...) cela signifie que les rapports sociaux de sexe imprègnent en profondeur tous les mouvements sociaux, et que cette considération doit toujours être présente quand on les analyse. Or, nous ne connaissons pas de formalisation faite en ces termes-là. [nous soulignons]24»

Dix ans plus tard, elle écrit à nouveau que la formalisation théorique n’a pas été faite :

«Ce concept est tout à la fois peu contesté généralement et ignoré de fait, ou approché en termes purement descriptifs. On le prononce, mais bien timidement, et on ne le fait pas travailler au cours de l’analyse.25»

Il est à remarquer qu’il s’agit d’un concept bien plus acceptable en milieu universitaire que des concepts tels que « lutte de classes » voire « lutte contre l’oppression », et ceci peut expliquer son succès relatif dans ces milieux26. Il est basé sur une théorie qui reconnaît l’importance d’une analyse matérialiste, sans pouvoir en fournir. L’utilisation du terme devient parfois tout simplement une manière codée de dire «Nous trouvons que l’oppression des femmes est très importante ». Il traduit plus une volonté combative qu’une rigueur explicative.

Néanmoins la raison d’être de ce concept, comme le souligne la brochure LCR de 2001 est la suivante :

«Parler de rapports sociaux de sexe, c’est considérer que ces rapports sont tout aussi structurants pour la société que les rapports de classe par exemple…27»

Dans cette mesure, je crois que les critiques que j’ai présentées ci-dessus concernant le concept de « mode de production domestique » s’applique également à l’idée de «rapports sociaux de sexe », même si cette dernière n’a pas été développée aussi rigoureusement que la théorie de Delphy.

La famille - à la fois un refuge et une prison
Si la famille actuelle n’est pas une institution mise en place pour que les hommes exploitent les femmes, qu’est-ce que c’est ?

Olivier Besancenot écrit que « Le modèle traditionnel de la famille se fissure peu à peu : les couples se marient moins ; l’union libre est même devenue un mode de vie durable. 39% des mariages se soldent pas un divorce, conduisant à des familles monoparentales ou recomposées… »28

Cependant, la famille reste absolument centrale dans la vie des gens, et encore plus dans la vie des plus pauvres.

C’est parce qu’elle est un refuge que des millions de travailleurs et travailleuses choisissent de vivre en famille (mariés ou pas). La famille, malgré ces nombreux défauts, donne des meilleures chances de survie - économique et psychologique – dans les conditions de vie des travailleurs que la vie célibataire.

En cas de licenciement, accident ou maladie, ou autre coup dur, ou simplement face à l’aliénation quotidienne, on s’en sort mieux si on n’est pas tout seul. C’est le plus souvent la famille qui s’occupe des vieux parents et la famille porte de plus en plus les tâches de s’occuper des membres les plus fragiles de la société. Dans l’ensemble, le couple s’en sort mieux que le travailleur isolé. (Un seul appartement à acheter ou à louer, un seul frigo à acheter, pour ne parler que des éléments les moins romantiques …)

On ne devrait donc pas être surpris de voir le choix que font des millions de femmes divorcées ou séparées de refonder un couple ou une famille. Il y a 250 000 mariages tous les ans en France et 15% des femmes qui se marient le font pour la deuxième ou troisième fois. 29

La famille est en même temps un lieu de refuge psychologique où on met nos espoirs de relations épanouissantes, soutien psychologique et amour, et un lieu de conflit entre l’envie de soutien mutuel et l’éducation sexiste au mépris des femmes. Les difficultés qu’ont les gens de gérer ces contradictions expliquent en partie le grand succès de livres tels que Les Hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus.

Car en même temps qu’un refuge, la famille est une prison. Même quand ça marche plus ou moins bien, nous avons tendance à vouloir que notre couple ou notre famille compense tout ce qui nous a été enlevé de notre vie par la dictature du profit, par l’aliénation au travail et dans la société. Les tensions au sein des familles sont pour cette raison très fortes. La violence est fréquente, et les victimes de cette violence sont en premier lieu les femmes, les enfants30, et les parents âgés.

La violence au sein de la famille a été présentée par certains auteurs comme une tactique délibérée des hommes de maintenir les femmes dans un état de soumission. Mais la violence envers sa propre famille ne peut pas être expliquée par une analyse aussi simple. Deux à cinq pour cent des personnes âgées sont victimes de violence physique de la part de leur famille32. Elle est plus un effet de manque de pouvoir qu’un effet de pouvoir. Les mères, comme les pères, sont souvent violentes envers leurs enfants - l’obligation d’être présente en permanence produit des tensions énormes.

La famille a également un rôle idéologique. Elle transmet, comme toutes les institutions et domaines de la société actuelle (école, médias, publicité, sport, cinéma…) l’idéologie de l’ordre actuel, et les rôles rigides des filles et des garçons.

Les parents poussent leurs filles à être « féminines » et leurs fils « masculins » au lieu d’être humains. En partie c’est parce qu’ils sont amenés à croire que c’est naturel, mais également parce qu’ils croient que dans cette société, leur enfant s’en sortira mieux en se conformant au modèle. L’oppression pour les homosexuel(le)s et les autres qui osent sortir du cadre de la famille est là pour le rappeler.

Ainsi les filles doivent tenter de se conformer à des rôles ridiculement petits. Les garçons ont droit à un peu plus de liberté, un peu plus de choix, (surtout s’ils acceptent de mépriser les femmes), mais leurs rôles aussi sont très en deçà de ce que nous devons revendiquer en tant qu’êtres humains. On ne compte plus les choses qu’on aurait voulu faire mais qu’on n’a pas osé parce que « c’est un truc de filles » ou « ce n’est pas une activité d’homme. »

Pas de socialisme sans libération des femmes
Nous avons vu que l’oppression des femmes profite au capitalisme. La théorie du patriarcat a été développée par des militantes convaincues que la prise de pouvoir par les travailleurs et l’avènement du socialisme ne pouvait pas en finir avec l’oppression des femmes (voir article dans ce dossier Le poids du stalinisme). Comment pouvons-nous croire que l’espoir des femmes se trouve dans le socialisme ?

Si le slogan « Pas de socialisme sans libération des femmes, pas de libération des femmes sans socialisme » exprime une vérité importante, il faut savoir pourquoi. Il ne peut pas s’agir d’une simple expression de la volonté des révolutionnaires. Le lien indissoluble entre la libération des femmes et la prise de contrôle de l’économie par l’ensemble des travailleurs ne dépend pas (certains diraient « heureusement ! ») du niveau de conscience anti-sexiste des militants dans les organisations révolutionnaires actuelles. Il ne dépend pas non plus essentiellement de la détermination des révolutionnaires femmes.

Au contraire, ce lien a une base matérielle. La majorité des travailleurs en France aujourd’hui sont des femmes.33 Lors des grèves de masse de mai-juin 2003 nous avons vu comment un secteur à majorité féminin - l’éducation nationale - peut constituer un élément dirigeant de la lutte.34

Dans tous les pays, les femmes constituent une partie importante des travailleurs. L’idée même que les travailleurs puissent prendre le pouvoir et laisser en place l’oppression des femmes est un non-sens. Elle suggère que des millions de travailleuses, s’étant engagées dans une lutte sans merci pour renverser la dictature du profit (lutte entraînant toutes les transformations de la conscience qui surgissent de ce genre d’expérience) décideraient par la suite de maintenir l’oppression des femmes. Une prise de pouvoir des travailleurs, si la majorité des travailleurs est ignorée, n’est pas une prise de pouvoir des travailleurs.

Ceci ne signifie pas que le jour de la révolution socialiste les préjugés millénaires et tout le mépris envers les femmes disparaîtront. Il signifie seulement que l’élimination de la base matérielle de l’oppression, jumelée avec la conscience révolutionnaire de millions de femmes et d’hommes, donneront un coup à cette oppression qui entamera son déclin rapide jusqu’à  son élimination. Ce qu’a écrit Engels sur les rapports sexuels dans une société socialiste s’applique aussi plus largement à l’idéologie sexiste :

Donc, ce que nous pouvons conjecturer aujourd'hui de la manière dont s'ordonneront les rapports sexuels après l'imminent coup de balai à la production capitaliste est surtout de caractère négatif, et se borne principalement à ce qui disparaîtra. Mais quels éléments nouveaux viendront s'y agréger ? Cela se décidera quand aura grandi une génération nouvelle: génération d'hommes qui, jamais de leur vie, n'auront été à même d'acheter par de l'argent ou par d'autres moyens de puissance sociale l'abandon d'une femme; génération de femmes qui jamais n'auront été à même de se donner à un homme pour quelque autre motif que l'amour véritable, ou de se refuser à celui qu'elles aiment par crainte des suites économiques de cet abandon.35

Des générations futures devront apprendre de leurs enseignants d’histoire ce qu’était l’oppression des femmes, et ils auront du mal à croire que cela a pu vraiment exister. C'est-à-dire que l’élimination de la base matérielle de l’oppression, et la mise en place d’une économie et une société contrôlée collectivement par celles et ceux qui produisent, produiront également les êtres humains appropriés à cette nouvelle situation.

Par ailleurs, le renversement de la dictature du capital requiert une forte unité entre les différents secteurs de la classe ouvrière dans son sens large - unité entre institutrices et cheminots, secrétaires et informaticiens, manœuvres et infirmières. Sans un engagement fort contre l’oppression des femmes, une telle unité ne peut pas être construite, et  la révolution ne peut pas avoir lieu.

Clarifications et conclusions
Ce débat - de savoir si c’est le capitalisme ou aussi les hommes qui profitent de l’oppression des femmes - a très souvent été confondu avec d’autres questions, aussi vaudrait-il mieux clarifier ce que nous ne sommes pas en train de dire.

Notre position n’est pas une tentative de minimiser l’importance de l’oppression des femmes, seulement d’en esquisser ses racines dans la société. Dire que c’est le capital qui profite de l’oppression des femmes ne doit pas être compris comme une tentative de dire que l’oppression des femmes a peu d’importance. Un tel a priori n’autoriserait aucun débat sur le sujet.

Si les positions théoriques ont bien sûr souvent des implications pour la stratégie militante, cette position n’implique par principe ni un rejet de travailler avec des organisations féministes, ni une opposition aux organisations non-mixtes dans certaines circonstances.36

Enfin, cette position n’implique pas qu’il faut considérer que les organisations et les hommes révolutionnaires n’aient pas à agir contre les effets de l’oppression des femmes dans la vie quotidienne ou organisationnelle (par exemple, en ce qui concerne le partage du travail domestique ou l’encouragement particulier de la prise de parole et l’exercice des responsabilités par les femmes).

C’est dans l’intérêt des travailleurs hommes que de participer au combat contre l’oppression des femmes. Une telle participation n’a bien sûr rien d’automatique. Mais si les intérêts des hommes et des femmes ordinaires étaient vraiment opposés, verrait-on un tel soutien parmi les hommes pour le droit à l’IVG, pour la parité dans les institutions ? Selon un sondage effectué en 1996, 70 % de la population, femmes et hommes confondus, sont scandalisés devant la domination masculine au parlement.37

Puisque les hommes et les femmes des classes salariées n’ont pas d’intérêts contradictoires, il est parfois possible de mobiliser de grandes organisations mixtes ou à majorité masculine derrière la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La grande manifestation pour les droits des femmes en novembre 1995 en fut un exemple, malheureusement rare.38

Bien entendu, le seul vrai critère qui puisse justifier une explication théorique est qu’elle permette d’éclairer la réalité, non pas qu’elle soit efficace pour la mobilisation. Cela dit, il nous semble autrement plus mobilisateur de pouvoir dire aux femmes que l’unité des travailleurs n’aura pas besoin d’oppression des femmes que de leur dire qu’il faut s’unir avec ceux qui ont des intérêts contradictoires. Une des raisons pour laquelle les mouvements des femmes ont eu des difficultés à mobiliser des femmes de la classe ouvrière a été l’hégémonie de théories féministes qui ne correspondaient pas à l’expérience des femmes de la classe ouvrière. Celles-ci vivaient souvent leur couple comme un partenariat pour mieux survivre, et pas un lieu de combat permanent entre les sexes.

 Quant aux hommes, il est évidemment plus mobilisateur de pouvoir dire « Agissez contre l’oppression des femmes dans tous les domaines - c’est dans votre intérêt »  plutôt que « ce n’est pas dans votre intérêt de combattre l’oppression des femmes, mais faites-le quand même ! ».

Le propre du marxisme - le matérialisme militant - parmi toutes les visions de ceux qui veulent changer le monde, est que nous voulons construire un paradis sur terre en partant des intérêts réels de groupes sociaux existants, et pas en partant simplement d’une vision morale, éthique ou volontariste. Ainsi il est crucial de ne pas faire dépendre notre lutte contre l’oppression des femmes sur une vision non- matérialiste qui espère voir les hommes œuvrer contre leurs intérêts. Une telle vision prépare trop souvent l’abandon de la lutte en période de recul.

Le but de mon analyse n’est pas de « hurler avec les loups. » On sait bien que lorsqu’on s’attaque aux féministes dans la presse ou au café, ce n’est pas parce que leurs théories ne permettent pas de construire pour la révolution socialiste, mais bien parce qu’elles osent s’opposer à l’oppression des femmes ! Mais la rigueur théorique est essentielle à la construction d’une force révolutionnaire qui puisse servir femmes et hommes à travailler au renversement du capitalisme et à l’éradication de toutes les oppressions.

John Mullen (LCR Montreuil)

Mes remerciements à celles et ceux qui ont fourni des commentaires pendant la (longue) rédaction de cet article.

______________________________
1 Voir sur le site web de Mix-cité un excellent travail sur le sexisme quasiment omniprésent dans les manuels scolaires.
2 Une grande variété de travaux très utiles sur la représentation des femmes dans les médias au Canada est disponible en français au http://www.mediaawareness.ca/francais/enjeux/stereotypes/femmes_filles/index.cfm
3 Voir par exemple Les campagnes de l’AVFT contre les publicités sexistes en France 1992-1995 in Nouvelles Questions Féministes 1997 vol. 18, N°s 3-4
4 Voir par exemple l’article de Corinne Monnet, La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation, dans Nouvelles Questions Féministes, 1998, vol.19, N° 1
5 Mais parfois pas - l’initiative « Ni putes ni soumises » ne revendique pas cette étiquette, par exemple. Voir www.macite.net, le site de ce mouvement.
6 Collectif, Presses Universitaires de France, 2000
7 Op.Cit., p 141
8 L’ennemi principal, Syllepse, 1998, p.55
9 Ibid. Notons bien qu’en réalité il ne s’agit pas de convaincre les Liliane de Bettencourt et autres bourgeoises à abandonner leur conscience de classe, mais bien de convaincre les travailleuses.
10 Dans la section débat du site web LCR –
http://www.lcr-rouge.org/debat/debat401.html
11 Des modes de production précédents avaient également, quand l’accumulation l’exigeait, détruit le principe de la famille. L’esclavage, à la fois dans le monde antique et aux Etats Unis jusqu’au dix-neuvième siècle détruisait pour les besoins de la production, l’institution de la famille chez les esclaves.
12 Op. Cit., p.51
13 Pour lire - en anglais - un débat sur les raisons qui ont poussé le capitalisme à maintenir la cellule familiale voir International Socialism, 2ème série, N° 1 juillet 1978, N° 2 Automne 1978, N° 3 Hiver 78/79
14 Même si la famille doit payer une participation et 60% des petits enfants sont gardés par la mère, grand-mère ou autre membre de la famille.
15 Lénine, cité par Clara Zetkin dans Lénine tel qu’il fut Editions Langues étrangères, Moscou, 1959
16 INSEE, Enquête Emploi du temps 1986 et 1999. Ces statistiques ont souvent été citées très partiellement.
17 Les chiffres officiels publiés par l’INSEE paraissent fréquemment plusieurs années après les enquêtes en question ; d’ailleurs, en dehors des indicateurs économiques et sociaux majeurs bien des enquêtes ne sont répétées qu’à une décennie d’intervalle voire plus.
18 Etrangement, l’INSEE ne s’est pas intéressé aux personnes plus âgées.
19 8% des ménages français emploient une femme de ménage (INSEE, Les services de proximité de la vie quotidienne, A. Flipo 1996)
20 « L'aide aux devoirs scolaires est, sans conteste, l'activité principale partagée avec les enfants.» 77% des familles déclarant que les parents aident «au moins une fois par semaine» et 50% «tous les jours » selon l’étude de l’Union nationale des Associations Familiales (www.unaf.fr)
21 Les activités extrascolaires ne sont plus réservées aux classes moyennes. Une étude dans l’Orne trouva que «seul 1% des familles affirmaient que leurs enfants n’avaient aucune activité extrascolaire.»
22 Pour une orientation féministe, document du quatorzième congrès de la LCR en juin 2000
23 Notamment le GEDISST (Groupe d’études sur la division sociale et sexuelle du travail) du CNRS. Voir sur www.iresco.fr leur liste de publications.
24 Kergoat D et d’autres Les infirmières et leur coordination Paris GEDISST CNRS 1990
25 Critique Communiste Hiver 1999
26 Des revues telles que les Nouvelles Questions Féministes reçoivent de l’argent de l’Etat. Elles ont raison de le prendre, mais le fait qu’il est disponible n’est pas innocent.
27 Qu’est-ce que l’Oppression de Femmes brochure de la LCR… p 22
28 Révolution Flammarion 2003
29 INSEE : «Des mariages, des couples et des enfants» janvier 1999, et «Mariage, divorce et Union libre » août 1996
30 Le nombre d'enfants victimes en 1997 en France de négligence, de mauvais traitements ou d'abus sexuels serait de 80.000, mais il s’agit d’une estimation, il pourrait y en avoir bien plus.
31 Pour la première fois une enquête nationale anonyme à grande échelle a été conduite en 2000. Tous les résultats se trouvent au http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/france/13france_ewrc.htm
32 Le Monde 29 juin 1990. Une étude canadienne donne des chiffres similaires http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/violencefamiliale/html/ageconfli_f.html
33 Les femmes représentent 47% de la population active, mais une majorité des travailleurs, car les P-DG et autres cadres de direction (quasiment tous des hommes)  ne sont pas des travailleurs, mais font partie de la population active.
34 Voir Cahiers du féminisme N° 75/76 (Hiver/Printemps 1996) pour un examen détaillé du rôle des femmes et de leur expérience spécifique lors des grèves d’hiver 1995.
35 Friedrich Engels, Les origines de l’Etat de la famille et de la propriété privée http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm
36 Nous ne traiterons pas ici de cette question, qui ne nous semble pas une question de principe. En tout état de cause, quand les opprimé(e)s se mobilisent en masse,  ils/elles demandent rarement l’avis des organisations révolutionnaires sur quel type d’organisation utiliser.
37 Article de Christine Delphy, Le Monde Diplomatique mars 1997
38 Cahiers du féminisme, Hiver/Printemps 1996, p39

 

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