Quel parti nous faut-il ?
Interview d'une révolutionnaire américaine
 

Socialisme International : Depuis combien est-ce que tu milites activement ? Qu’est-ce qui t’a poussée à devenir révolutionnaire?

Sharon SMITH : Je suis marxiste depuis le milieu des années 70, quand je suis allée à la fac et j’ai lu Le Manifeste du Parti Communiste de Karl Marx. J’ai grandi dans une famille ouvrière mais je n’avais jamais eu le moindre contact avec les idées socialistes, même au sens très large du terme. Je me souviens du massacre de My Lai pendant la guerre de Vietnam et de l’assassinat des Panthères Noires par le gouvernement américain, mais j’étais trop jeune au moment du mouvement contre la guerre. Il y avait des idées alternatives dans l’air, mais la politique socialiste est entièrement absente de la culture ouvrière aux Etats-Unis depuis la chasse aux sorcières de l’époque du Sénateur McCarthy dans les années 50. La gauche a été complètement isolée – indépendamment de sa propre volonté – de la classe ouvrière. La plupart des travailleurs américains ne savent pas que, pendant la première moitié du 20ème siècle, il existait des partis communistes et socialistes qui comptaient des dizaines et des centaines de milliers de militants ouvriers. Jusqu’à aujourd’hui, l’impact du maccarthysme sur la conscience politique des travailleurs américains reste considérable.

Après être devenue marxiste, je suis restée en dehors des organisations existantes pendant quelques années. Les principales organisations de gauche considéraient soit la Chine soit la Russie comme des modèles du socialisme. J’ai senti, de façon intuitive, que ni l’une ni l’autre n’étaient des sociétés gérées par les travailleurs. Mais il y avait une autre raison. Je ne comprenais pas l’urgence de construire une organisation révolutionnaire – jusqu’au jour où j’ai commencé à comprendre qu’il fallait s’opposer à l’impérialisme américain. Les médias et le système éducatif aux Etats-Unis sont étroitement contrôlés, afin de masquer les atrocités commises en notre nom par l’armée américaine un peu partout dans le monde. Le cas du Vietnam fut une exception à cause de l’existence d’un mouvement de masse contre la guerre et du nombre élevé de victimes parmi les soldats américains, ce qui mettait la pression sur les médias pour qu’ils relatent ce qui se passait réellement.

Socialisme International : Quelle est la situation générale des travailleurs américains aujourd’hui ? Quelles ont été les attaques – et les ripostes – les plus importantes ?

L’image des Etats-Unis dans le monde – celle d’un pays prospère  – est fausse. Les Etats-Unis sont peut-être le pays le plus riche au monde, mais c’est également le pays où les inégalités sont les plus criantes. La différence de niveau de vie entre les riches et les pauvres est la plus grande parmi les pays industrialisés. Trente millions de personnes, dont 12 millions d’enfants, souffrent régulièrement de la faim. Chaque nuit, un enfant sur cinq se couche en ayant faim. Cela fait vingt-cinq ans que la classe ouvrière subit des attaques. Que cela soit sous les Démocrates ou sous les Républicains, en période de boom ou en période de récession, les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres. La politique des patrons est de casser les syndicats, et le taux de syndicalisation, en chute libre, est tombé aujourd’hui à 9 % seulement dans le secteur privé.

La richesse est aujourd’hui plus concentrée qu’à n’importe quelle période depuis les Années Folles – juste avant la récession des années 1930. Les revenus des PDG ont augmenté de pas moins de 2 500 %, alors que les salaires des travailleurs valent moins qu’à la fin des années 1970. Les travailleurs américains, qui constituaient la classe ouvrière la mieux payée au monde il y a trente ans, sont aujourd’hui parmi les moins bien payés des pays du G7, et ils travaillent plus longtemps que ceux de presque tous les pays industrialisés, y compris ceux du Japon. Les salariés américains travaillent en moyenne l’équivalent de six semaines de plus par an que leurs homologues allemands, tout en gagnant moins.
Ils ont un travail plus pénible qu’auparavant, travaillent plus longtemps et sont rémunérés moins, alors qu’ils payent plus de leur poche pour leurs soins médicaux et leur retraite. Un Américain sur sept – dont une majorité qui travaille à plein temps – n’a aucune couverture médicale. Une étude faite sur une période de trois ans au milieu des années 1990 par le Bureau du Recensement démontra qu’une personne sur trois aux Etats-Unis s’était trouvée en dessous du seuil de pauvreté à un moment ou un autre. La misère n’est donc pas l’affaire d’une petite minorité située tout en bas de l’échelle, mais d’une frange très importante de la population qui vit à la limite de la pauvreté et de l’exclusion. Cette réalité-là est très loin de l’image des Etats-Unis « pays riche » que l’on promeut dans le reste du monde.

George W. Bush s’est donné comme tâche prioritaire de s’attaquer aux pauvres et d’enrichir ceux qui sont déjà riches, et cela à une échelle proche de celle de Ronald Reagan dans les années 1980. Les patrons ont également recommencé à exiger des « concessions » (des baisses de salaires et l’abandon de certains avantages de la part des salariés) depuis le début de la première récession du 21ème siècle. Les « concessions » obtenues par United Airlines - sous menace de faillite - ont donné le ton pour l’ensemble des compagnies aériennes. American Airlines, US Air et d’autres compagnies exigent déjà des réductions massives de salaire. En d’autres termes, la lutte de classes qui est menée de façon unilatérale par les patrons depuis 25 ans continue à plein régime.

La vérité, c’est qu’il n’y a eu aucune grande lutte des travailleurs ces dernières années – aucune qui ait attiré l’attention au plan national, au moins. En 1997, 185 000 salariés de United Parcel Service (UPS) ont fait grève pendant plusieurs semaines. Depuis, il n’y a eu aucune grève nationale organisée par un syndicat important. Le nombre de grèves est à un niveau historiquement faible depuis quelques années. Malgré une colère sourde chez les travailleurs, les directions syndicales n’ont pas voulu mener des luttes, tellement elles sont habituées – depuis des décennies – à  collaborer avec les patrons et le Parti Démocrate. Et malgré l’indignation énorme des travailleurs face au train de vie des dirigeants d’entreprises, ils n’ont pas encore acquis la confiance pour mener des batailles pour des augmentations salariales. Le résultat est une série de reculs pour la classe ouvrière. Pour inverser ce rapport de forces,  il nous faut renforcer notre confiance et notre capacité de lutter.

Socialisme International : Quelles sont  les forces de la gauche radicale et révolutionnaire ?

Comme je l’ai déjà dit, le maccarthysme a eu un impact durable et dévastateur à la fois sur les syndicats et sur la gauche. Il est vrai qu’il y a eu une remontée du radicalisme suite aux mouvements sociaux des années 1960 et du début des années 1970 – le mouvement contre la guerre, le mouvement pour la Libération Noire, le féminisme et le mouvement des Gays.

Mais la politique des « radicaux » n’était absolument pas orientée vers le pouvoir potentiel de la classe ouvrière américaine – ni vers aucune autre classe ouvrière, d’ailleurs. Pendant les années 1960, la classe ouvrière américaine était la classe ouvrière la mieux payée au monde. La majorité de la gauche considérait que les travailleurs américains avaient été « achetés » par le système.  Malgré le fait qu’en 1970 une majorité des travailleurs américains s’opposait à la guerre au Vietnam et malgré une vague de grèves à la fin des années 1960 et au début des années 1970, la plus grande partie de la gauche cherchait des alliés ailleurs. La gauche était dominée à cette époque par les Maoïstes, mais ces organisations se désintégrèrent en même temps que les mouvements sociaux. La plupart des ex-« radicaux » se tournèrent alors vers le Parti Démocrate,  le  plus « progressiste » des deux grands partis bourgeois.

Ce n’est qu’aujourd’hui que la gauche commence à se reconstruire. La gauche au sens large commença à relever la tête avec l’émergence du mouvement pour la justice globale après les manifestations de Seattle en 1999. En ce qui concerne la gauche révolutionnaire, c’est seulement  depuis le début du mouvement contre la nouvelle guerre contre l’Irak. Il y a sans doute plusieurs millions de personnes qui font partie de la « gauche large » – et elles sont plus nombreuses avec le mouvement contre la guerre. L’extrême gauche se compte seulement par milliers. L’International Socialist Organisation est l’organisation révolutionnaire la plus importante. Mais  si nous avons su recruter, d’autres organisations qui étaient plus grandes que nous ont perdu beaucoup de membres. Dans les circonstances de l’après-11 septembre, l’unité des révolutionnaires et une stratégie commune sont plus que jamais nécessaires, voire urgentes.
 

Socialisme International : Le mouvement contre la mondialisation ultra-libérale est-il toujours aussi puissant ?

Malheureusement, le mouvement pour la justice dans le monde aux Etats-Unis – à la différence de ce qui s’est passé à l’étranger – n’a pas été à la hauteur. Après Seattle, les gens étaient optimistes et le mouvement avait fait d’énormes bonds en avant. Mais l’impact du 11 septembre fut très négatif. Les raisons de ce recul sont, je pense, très simples. Les activistes qui militent au cœur de la bête impérialiste américaine doivent avoir des idées politiques extrêmement claires au sujet de l’impérialisme – c’est-à-dire le soutien étatique et militaire des intérêts des grandes entreprises qui dominent le monde. Ici, le mouvement n’a pas su acquérir la clarté nécessaire clarté au niveau des idées.
Les organisations altermondialistes les plus importantes ont préféré éviter de parler de cette question. Par conséquent, elles étaient mal préparées pour l’épreuve du 11 septembre. La manifestation contre le FMI et la Banque Mondiale qui était prévue fin septembre 2001 fut annulée, au lieu d’être transformée en protestation contre la guerre. Le mouvement pour la justice globale ne s’est pas encore remis de cet échec, et il a été quasi inexistant en tant que force organisée à l’intérieur du mouvement anti-guerre.

Socialisme International : Qu’est-ce qui a changé depuis le 11 septembre 2001 ?

Le 11 septembre a eu des effets dévastateurs pour tous ceux qui comprenaient que le gouvernement de Bush cherchait un prétexte pour faire la guerre à l’étranger et appliquer son programme droitier chez nous. L’idée qu’ « on nous a attaqués » leur a fourni le prétexte qu’ils cherchaient pour justifier la guerre contre l’Afghanistan qui était déjà en préparation et pour commencer à préparer la guerre contre l’Irak que les faucons du gouvernement Bush prônaient depuis longtemps. Aux Etats-Unis, ils ont commencé à harceler les immigrés – surtout les musulmans – et les activistes politiques, sous le prétexte de la défense de la « sécurité nationale ». Depuis cette date, le gouvernement Bush n’a jamais dévié de ce projet.

Il y a eu une vague de patriotisme immédiatement après le 11 septembre. Le mouvement contre la guerre en Afghanistan fut petit et marginalisé. Beaucoup de militants progressistes de la gauche « large » ont succombé à la ferveur patriotique. Pendant les années 1990, la gauche anti-impérialiste était devenue plus faible, et un nombre plus important de gens de gauche a soutenu les soi-disant « interventions humanitaires » par les Etats-Unis en Haïti, en Somalie et même dans les Balkans. Ainsi la gauche dans son ensemble ne s’est pas opposée à la guerre en Afghanistan, et parmi ceux qui l’ont fait, il s’est produit une démoralisation énorme quand les médias américains ont été inondés d’images d’Afghans « libérés » - comme cela a été le cas après la chute de Bagdad.

Après le 11 septembre, le sentiment patriotique était plus fort que la colère de la classe ouvrière, et la popularité de Bush a atteint des niveaux record, même chez ceux qui haïssaient sa politique intérieure conservatrice. La montée du patriotisme, cependant, a duré moins longtemps qu’on aurait pu l’imaginer. Le week-end avant le début des hostilités, ceux qui approuvaient une guerre sans mandat des Nations Unies n’étaient que 47 % de la population. Une fois la guerre commencée, les opinions favorables représentaient 75 % de la population, mais ce soutien était assez mou. Peu de gens ont brandi le drapeau américain, comme cela fut le cas pendant la guerre en Afghanistan. L’idée selon laquelle « quoiqu’on pense de la guerre, il faut soutenir nos soldats » a conduit beaucoup de gens à soutenir une guerre au sujet de laquelle ils avaient beaucoup de réserves.
Les sondages ont démontré que beaucoup d’Américains ne soutiendraient plus la guerre s’il y avait plus de 1 000 victimes civiles irakiennes – et une majorité serait contre s’il y avait plus de 5 000 victimes. Les médias américains ont réussi à cacher une grande partie de la vérité sur le nombre de victimes irakiennes. Mais de toute façon, il sera plus difficile pour les Etats-Unis de gagner la paix sous l’occupation que de gagner la guerre – et il est probable que le soutien populaire à la guerre faiblira dès que les atrocités commises par les forces d’occupation commenceront à pénétrer la conscience des masses de la population.

Socialisme International : Comment intervenez-vous dans le mouvement contre la guerre ?

Notre priorité en tant qu’organisation est justement la construction du mouvement contre la guerre. Ceci était aussi vrai pendant la guerre en Afghanistan (comme pendant celles en Somalie et en ex-Yougoslavie dans les années 1990) qu’aujourd’hui. Pour les socialistes révolutionnaires aux Etats-Unis, l’opposition à l’impérialisme est une question de principe, quel que soit l’importance du mouvement anti-guerre. Le fait est, cependant, que le mouvement contre la guerre en Irak a atteint des proportions énormes, ce que le gouvernement Bush a essayé de cacher au peuple américain. Le 15 février, un demi million de personnes ont manifesté à New York, et 250 000 à San Francisco. En comptant les manifestants dans toutes les autres villes pendant ce même week-end on arrive à un chiffre de plus d’un million d’Américains qui ont protesté contre la guerre.

Après le déclenchement de la guerre, un demi million de gens ont protesté à New York le 22 mars, et des centaines de milliers à travers tout le pays. Les médias traditionnels ont essayé de comparer les manifestants à des « agitateurs » quasi professionnels. Mais en réalité, la plupart des  participants se manifestaient pour la première fois. La guerre a politisé la société américaine, et des centaines de milliers, sinon des millions, de gens cherchent activement une alternative à la guerre, et une alternative à Bush lui-même. Cependant, la nouveauté du mouvement signifie également qu’il peut facilement tomber dans la confusion et se désorienter. Quand Bush demanda aux gens de « soutenir nos soldats », certaines personnes se sont retirées du mouvement, du moins pendant un temps. Le spectacle des Irakiens qui accueillaient chaleureusement les troupes américaines a semé le doute chez beaucoup d’autres qui – provisoirement encore – se sont demandés si la guerre n’avait pas eu l’effet positif d’avoir débarrassé les Irakiens d’un dictateur et d’un tyran. Avec une élection présidentielle à l’horizon de 2004, beaucoup d’activistes seront tentés de soutenir la campagne d’un Démocrate, aussi conservateur soit-il, pour se débarrasser de Bush.

En tant que socialistes, notre priorité est d’aider les militants à maintenir leur opposition à la guerre. Nous leur disons que Bush lui-même ne soutient pas ses soldats une fois les combats terminés, lorsqu’ils sont contaminés par l’Agent Orange et le syndrome de la Guerre du Golfe. Nous leur disons que la « démocratie » ne peut être imposée à l’Irak, ni à n’importe quel autre pays, par la force des armes – qu’elle doit être conquise par le peuple lui-même. Nous essayons en toutes circonstances de construire une opposition de principe à l’impérialisme à l’intérieur du mouvement anti-guerre, en augmentant la proportion de gens qui comprennent que l’impérialisme américain ne pourra jamais être une force de « libération », seulement une force de domination. L’année prochaine, lors de la campagne présidentielle, nous soutiendrons l’idée d’une alternative ouvrière aux Démocrates et aux Républicains.

Socialisme International : Comment l’ISO concilie-t-elle le besoin de recruter de nouveaux révolutionnaires et la construction d’un mouvement plus large ?

Construire le mouvement contre la guerre et construire notre propre organisation ne sont pas contradictoires. L’un renforce l’autre. Beaucoup de militants antiguerre cherchent une alternative au système capitaliste, et sont enthousiasmés par l’idée d’adhérer à une organisation révolutionnaire. Ce mouvement a radicalisé toute une génération – nous rencontrons beaucoup de lycéens engagés dans le mouvement qui n’ont que 15 ou 16 ans. Notre principal problème est que nous sommes trop petits pour tous les toucher. C’est la raison pour laquelle la construction de notre organisation est capitale. Dans la société américaine il n’y a ni parti travailliste ni parti social-démocrate, et la plupart des gens considèrent que la politique se résume à un choix entre les Républicains et les Démocrates. La majorité ne vote pas, même lors des présidentielles, parce qu’elle ne voit pas d’alternative. La gauche révolutionnaire doit apparaître comme une alternative fiable au statu quo, et pour cela il faut développer nos forces. Quand les gens ont de l’espoir dans la possibilité d’un avenir meilleur, ils peuvent facilement devenir des militants.

Socialisme International : Quel est le rôle de votre hebdomadaire Socialist Worker ?

Socialist Worker a toujours été au centre de notre travail. Mais depuis le mouvement contre la guerre, le journal est devenu une voix très écoutée à l’intérieur du mouvement. Peu de voix alternatives existent à celles des médias traditionnels – surtout depuis le 11 septembre. Nous avons comme but d’utiliser Socialist Worker pour aborder des questions qui sont cruciales à l’intérieur du mouvement, comme celle de l’idée – que l’on considère comme un véritable piège – qu’il faut « soutenir nos soldats ». Depuis que le journal est passé à un rythme hebdomadaire il peut se focaliser sur certaines questions au fur et à mesure qu’elles émergent – ce qui se passe rapidement en temps de guerre.

Mais nous devons également toucher des gens qui sont extérieurs au mouvement. Des millions d’américains s’opposent à la guerre et en ont marre du gouvernement Bush, sans même avoir l’expérience du militantisme. Nous les rencontrons – ils sont en majorité des salariés – lors de nos ventes de rue et sur les lieux de travail. Socialist Worker est un outil indispensable pour rencontrer cette couche très politisée de la population. Une partie considérable de nos nouvelles recrues sont des gens que nous avons rencontrés en vendant le journal dans la rue, et qui deviennent alors des militants anti-guerre une fois qu’ils adhèrent à l’ISO.

Socialisme International : Traditionnellement, en temps de guerre, les révolutionnaires sont pour la défaite de leur propre pays. Est-ce que c’est la position de ton organisation en ce qui concerne la guerre en Irak ? Si c’est le cas, comment l’expliquez-vous aux gens qui vous écoutent et comment la reçoivent-ils ?

Nous sommes pour la défaite de l’impérialisme américain dans n’importe quelle guerre, quelles que soient les circonstances ou les motifs avancés. Une victoire pour l’impérialisme des Etats-Unis est une défaite pour les travailleurs et les opprimés partout dans le monde. Le fameux « syndrome du Vietnam », après la défaite US dans ce pays, a fait que les Etats-Unis ont hésité pendant plus de deux décennies à intervenir militairement, par peur de la réaction chez nous et à l’étranger. La guerre en Irak est une tentative du gouvernement de Bush de surmonter les effets de ce syndrome. Un nombre croissant de gens qui sont impliqués dans le mouvement anti-guerre le comprennent très bien, et leur engagement contre l’impérialisme américain, pendant la guerre ou pendant l’occupation, et ceci quelles que soient les raisons avancées par le gouvernement, en sort renforcé.

Autrement dit, une couche de militants anti-guerre est devenue une couche de militants anti-impérialistes convaincus. Nous sommes déjà loin du 11 septembre. Nous commençons à reconstruire la gauche révolutionnaire à l’intérieur même du cœur de l’impérialisme mondial, sur une base de classe et de solidarité internationale. La guerre et l’occupation produisent toujours une résistance et une opposition organisée. Nous partageons la colère contre le gouvernement Bush qui s’exprime dans le reste du monde. En même temps, la possibilité de construire non seulement un mouvement anti-impérialiste mais aussi un parti socialiste révolutionnaire est plus grande maintenant que depuis plusieurs décennies aux Etats-Unis. Et ceci nous donne de bonnes raisons d’être optimistes.
 

Propos recueillis par John Mullen
en mars 2003
 

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