Antifascisme

L'EXEMPLE DE LA LIGUE ANTI-NAZIE EN ANGLETERRE

Le Front national a percé à nouveau en France. Dans des périodes comme celle-ci il est indispensable d’apprendre les leçons de l’histoire. En effet, à différents moments de l’histoire du XXème siècle, les fascistes ont reculé sérieusement à cause de mouvements dirigés spécifiquement contre eux. L’article présent a pour but de présenter les succès de la Ligue anti-nazie en Angleterre dans les années 1970 et 2000.
A l’heure actuelle, l’Angleterre est un des rares pays européens qui n’ait pas vu une montée sérieuse de l’extrême droite, laquelle est restée au niveau groupusculaire même si le British National Party a remporté 3 sièges aux élections locales de mai 2002. En Italie "L’alliance nationale" (ex-MSI) participe à un gouvernement de coalition avec Forza Italia (Silvio Berlusconi) et la Ligue du nord, ouvertement xénophobe ; en Autriche, le FPÖ d’extrême droite a obtenu 27% des voix en 2000, il co-dirige le gouvernement avec la droite chrétienne ; même au Danemark avec 8,8% des voix en 2001 – où le parti du peuple danois forme un bloc parlementaire avec la droite - ou en Norvège avec 26 députés, l’extrême droite progresse en agitant les mêmes thèmes d’exclusion des étrangers, de la question de l’insécurité comme un épouvantail. On nous sort souvent le système électoral anglais ou le calme naturel des anglo-saxons comme explication. Il faudrait plutôt mesurer les succès du mouvement antifasciste, peu connu en France, apportés par la Ligue anti-nazie.
Stopper le National Front
Au milieu des années 70, le National Front en Grande Bretagne était à l’offensive. Les conditions économiques favorisaient sa croissance. La première récession depuis la Seconde guerre touchait le niveau de vie des gens. Sous la pression du Fonds Monétaire International, un gouvernement travailliste effectuait des coupes sombres dans les salaires, les budgets de la santé et du logement. Le chômage augmentait. Les directions syndicales soutenaient les programmes d’austérité du gouvernement travailliste. Des fractions du Parti conservateur rassemblées autour de l’ex-ministre Enoch Powell, ainsi qu’une bonne partie de la presse, jouèrent alors la carte raciste. Au printemps de 1976, l’Etat de Malawi, dans le sud de l’Afrique, expulsa la partie asiatique de sa population. La Grande Bretagne avait établi cette population dans le pays alors que c’était encore une colonie. Ses ressortissants avaient des passeports britanniques. Naturellement, il crurent pouvoir trouver refuge et sécurité en Grande Bretagne. Au lieu de cela ils eurent à subir la haine raciale.
Le Daily Mirror, journal d’obédience travailliste, titra à la une " Nouvelle vagues d’asiatiques en Grande Bretagne ". Le Telegraph, proche des Tories déclara "Une invasion d’asiatiques contraint Borough d’appeler à l’aide ". Devant la pression, le gouvernement travailliste capitula. Un dirigeant travailliste, Bob Mellish, déclara au parlement : "Si nous n’y faisons pas face maintenant, nous devrons le faire plus tard. Discutons plutôt pour savoir si nous ne pourrions pas... leur payer leur voyage de retour et leur réinstallation en Inde ". Enoch Powell, l'ex-ministre conservateur fit une série de déclarations incendiaires au sujet des asiatiques Malawi, répétant la formule utilisée par Mellish,
"trop c’est trop " et appelant à l’expulsion des "immigrés" noirs. Le National Front recueillit les fruits de l’hystérie de la presse, de la démagogie de Enoch Powell et des concessions du gouvernement travailliste face au racisme. En 1976, aux élections de Blackburn, dans le nord industriel de l’Angleterre, le total de ses voix et de celle d’un groupuscule nazi s’éleva à 38 %. 2 conseillers municipaux fascistes furent élus. A Leicester, le Front obtint 44 000 voix en présentant 48 candidats. Lors d’une élection partielle à Deptford (Lewisham), au sud de Londres, les fascistes obtinrent 44 % des voix. En 1977, la situation s’aggrava. Lors des élections pour la Mairie du Grand Londres, le National Front présenta des candidats dans 85 des 92 circonscriptions. Il obtint 119 063 voix, devenant le troisième parti dans les résultats de 33 circonscriptions. 15 et 20 % des voix se portèrent sur lui dans certains quartiers populaires de la banlieue Est de Londres. Le FN britannique en 1977 n’avait pas le même poids électoral que le parti de Le Pen en France aujourd’hui. Sa percée était encore limitée aux élections locales et partielles. A cause du système électoral britannique, ils n’avaient pratiquement aucun élu. Et la droite traditionnelle boycottait le National Front. Mais la menace fasciste était bien réelle. Le NF avait annoncé son intention de présenter plus de 300 candidats aux élections législatives prévues pour 1979, ce qui lui aurait donné droit à une publicité massive gratuite à la télévision. De plus, le NF avait une base parmi les jeunes ouvriers et chômeurs, il était organisé dans certains lycées et essayait avec un certain succès de recruter dans les syndicats comme ceux des postiers et des cheminots. Avec ces acquis les fascistes décidèrent de lancer des parades pour ravigoter leurs troupes et attirer vers eux de nouvelles personnes. Dans beaucoup de cas ils décidèrent de traverser les quartiers des grandes villes composé d’une population issue de l’immigration très nombreuse. Le but était à la fois de terroriser la population immigrée, et de renforcer les rangs des fascistes. Leurs parades se confrontèrent systématiquement aux actions des antifascistes, mais elles bénéficièrent de la protection de la police.
Deux événements allaient les stopper. Le premier se déroula dans les rues de Lewisham quand une contre-manifestation les empêcha de manifester. Le second fut le lancement de la Anti-Nazi League (Ligue Anti-Nazie).
Après l’annonce par le National Front d’une marche massive dans le quartier immigré de Lewisham, les municipalités travaillistes demandèrent au gouvernement d’interdire la marche. Le maire de Lewisham, 1500 chrétiens du quartier et le Congrès des syndicats (TUC) en firent de même. Le ministre de l’intérieur travailliste refusa au nom de la "liberté d’expression ". Le jour de la marche, deux contre-manifestations étaient organisées. La première, dirigée par le maire et l’évêque de la municipalité, était appelée par le Comité contre le racisme et le fascisme du Grand Londres (ALCARAF). Elle s’arrêta à près de deux kilomètres du lieu de rassemblement des Fascistes. Les marcheurs reçurent un tract leur enjoignant de ne pas aller vers la marche fasciste et de s’en tenir à des méthodes pacifiques. Une des organisations de l’extrême gauche britannique, le Parti socialiste des travailleurs (SWP)*, comptant à l’époque deux ou trois mille membres, s’était organisée pour un rassemblement sur le lieu même du regroupement des fascistes, visant à empêcher les fascistes de parader. Le tract de l’ALCARAF déclarait : "nous nous opposons résolument à la marche provocatrice organisée par le SWP ". Pourtant, des jeunes blancs et noirs, des socialistes et des vétérans des batailles contre le fasciste Mosley dans les années 1930 rejoignirent le SWP et assurèrent la déroute et l’éviction des fascistes des rues qu’ils voulaient occuper. Même le quart des effectifs de la police de Londres présents sur le terrain ne purent protéger les fascistes. A deux reprises, les antifascistes enfoncèrent les barrages policiers et coupèrent le rassemblement fasciste en deux. Les fascistes quittèrent l’arène du combat. Ce fut une défaite cinglante pour le National Front.
La presse et la direction du Parti travailliste s’en prirent aux antifascistes. Le Daily Mirror déclara que le SWP était "aussi dangereux que le National Front ". Le SWP fut traité de " fascistes rouges ". Ainsi se profilait le danger d’une marginalisation des révolutionnaires et des antifascistes en général. Mais la défaite des fascistes à Lewisham permit au SWP associé à des députés travaillistes et des personnalités de lancer une campagne nationale large contre le National Front : la Ligue anti-nazie. était née Elle empêcha le Front de se rétablir et fut initiée par des dirigeants de l’SWP qui proposèrent à des députés travaillistes de construire la ligue à partir de statuts très simples, et d’une autonomie locale complète pour les différents groupes. Très rapidement, des signatures provenant des personnalités du monde de la musique et du football affluèrent, un appel à la mobilisation générale était lancé contre le NF. La ligue anti-nazie n’avait qu’un seul un but : détruire le National Front. Cela impliquait d’abord de dénoncer par tous les moyens possibles - badges, tracts, porte à porte, affiches, concerts, expositions...- le National Front, montrant aux gens leurs origines et leur personnel fasciste. Aussi fallait-il répondre aux mensonges du National Front, par des chiffres et des arguments précis. En deuxième lieu, l’ANL voulait empêcher, à chaque fois qu’il était possible de construire le rapport de force, les sorties publiques du Front national, sur un marché, dans un meeting public ou à la télévision, défendant le slogan "pas de plateforme pour les fascistes ". Ainsi Le National Front ne pourra pas utiliser ses sorties publiques pour recruter.
Il n’était pas nécessaire de partager les mêmes idées politiques en général pour travailler ensemble contre le National Front. L’adhésion de la ligue anti-nazie était très facile. Pas besoin d’appartenir au milieu restreint des gens qui ont l’habitude de faire de la politique. On payait dix francs pour une adhésion annuelle, et on recevait une carte de membre et des informations régulières sur les actions contre le NF. Des milliers de ces cartes furent vendues lors des campagnes de porte à porte dans les quartiers où le NF essayaient de s’implanter. La propagande massive visait à séparer la majorité des électeurs du National Front de son noyau réellement nazi. Une grande partie du soutien passif du National Front pouvait en être détachée par une campagne dynamique de contre-argumentation. Par ailleurs, les contre-manifestations systématiques visaient à démoraliser le noyau, en rendant le travail de construction d’un parti fasciste de plus en plus difficile.
Initiatives autonomes
La force de l’ANL reposait sur la formation d’innombrables sous-groupes, chacun avec des badges, des tracts et autres matériels de propagande. Ainsi furent formés des groupes Etudiants contre les nazis, Mineurs contre les nazis et de très nombreux autres groupes (employés municipaux, travailleurs de la métallurgie, employés des médias, homosexuels, artistes, instituteurs, comédiens, … et même "Supporters de Liverpool contre les nazis", etc.). Il y eut un tel isolement des fascistes qu’il fut possible de créer également des groupes skins contre les nazis dans un milieu assimilé de coutume à l’extrême droite. Des meetings de la Ligue rassemblèrent des milliers de personnes. Dans l’usine automobile de Rover à Birmingham, 200 ouvriers refusèrent de travailler avec un de leurs collègues, un militant du National Front. Des employés d’un ministère à Londres firent grève pour revendiquer le droit de porter des badges de la ligue anti-nazie sur leur lieu de travail. Des cheminots refusèrent de conduire des trains si les graffiti racistes n’étaient pas effacés. Des enseignants confectionnèrent un matériel pédagogique antiraciste qui fut repris à travers tout le pays. L’activité antiraciste avait capté l’imagination et donna lieu à toute sorte de groupes qui sortaient leurs badges. On vit des badges " végétariens contre les nazis ". Des habitués d’un pub à Manchester qui s’appelait The Albert sortirent un badge " Albert contre les nazis ", et trois journalistes admirateurs du Malt Whisky sortirent une édition limitée de trois badges " ivrognes contre les Nazis ".
La Ligue anti-nazie permit ainsi de faire quelque chose que l’extrême gauche, ou même le parti travailliste, n’aurait pas pu faire à eux tous seuls : la mobilisation de plusieurs centaines de milliers de personnes y compris beaucoup de jeunes ouvriers et employés, dont l’immense majorité n’avait jamais participé à la politique, beaucoup plus large que les troupes des militants politiques déjà organisés. Bien des gens participèrent à la ligue anti-nazie sans aucun désir de rejoindre un parti politique voire se mobiliser sur d’autres questions politiques.
Le programme le plus étroit, l’unité la plus large était le mot d’ordre. Ainsi lorsqu’il fut proposé d’ajouter au programme de la ligue une opposition à tout contrôle de l’immigration, les révolutionnaires au sein de l'ANL s’y opposèrent. En effet cela aurait signifié que seuls les militants d’extrême gauche pouvaient faire partie de la ligue, ce qui était contraire au but de rassembler les masses. Dans ce cadre, la ligue n’a pas hésité à demander des signatures à des célébrités. Des footballeurs, des chanteurs de rock et d’autres personnes ayant une influence sur la jeunesse dénoncèrent les fascistes. Elle parvint ainsi à dénoncer le National Front comme nazis auprès de millions de personnes. Deux festivals attirèrent à Londres chacun 100 000 personnes. Son organisation sœur, Rock Against Racism (Rassemblement de musiciens contre le racisme) organisa de multiples concerts à travers le pays. La Ligue mobilisa blancs et noirs, juifs, chrétiens et athées, jeunes et vieux. A chaque fois qu’ils sortaient, les fascistes étaient confrontés à des mobilisations antifascistes beaucoup plus nombreuses. A chaque tract fasciste, répondait une multitude de tracts de la Ligue. Les antifascistes occupèrent des terrains inhabituels des actions politiques. A l’entrée des stades de football, des centaines de milliers de tracts anti-nazis furent distribués, ainsi qu’aux concerts de rock. Les membres de la Ligue s’organisaient localement pour effacer les graffitis fascistes. L’opposition systématique de contre-manifestations lors des apparitions publiques du National Front contraignirent les fascistes d’abandonner leur image respectable à diriger les bandes de voyous skins vers l’attaque des antifascistes.
Dans ces batailles, les flics les protégeaient. Lors de la campagne électorale de 1979, les antifascistes qui protestaient contre un meeting appelé par le National Front à Southall, à l’ouest de Londres, furent attaqués par 3000 policiers. La police tua un membre du SWP, un enseignant londonien, Blair Peach. Les résultats obtenus par la ANL étaient impressionnants : le NF était sur la défensive. Ses résultats aux élections locales s’effondrèrent rapidement : contraint de réduire ses ambitions pour les législatives ; au scrutin de 1979, (après 18 mois d’activité de la Ligue), son audience électorale chuta. Maintenu constamment sous pression, le NF finit par éclater en trois groupes concurrents pour retrouver un niveau groupusculaire pendant de longues années.
Les années 1990
Néanmoins, avec la montée du chômage et l’exemple des mouvements fascistes ailleurs en Europe, les fascistes tentèrent à nouveau de se développer. En septembre 1993, un conseiller municipal fasciste (du British National Party), Derek Beackon fut élu dans la banlieue de Londres. La Ligue anti-nazie relança un puissant mouvement anti-nazi afin d’empêcher le BNP de pouvoir utiliser cette victoire au service de la construction d’une implantation nationale. Sa réputation due au succès des années 1970 rendait le travail de la relance beaucoup plus facile. En quelques mois, plus de 40 000 personnes ont adhéré à la nouvelle Ligue anti-nazie. Les méthodes des années 1970 furent réutilisées : propagande très large, sous-groupes innombrables. En mai 1994, les fascistes présentèrent des candidats aux élections municipaux. Un travail massif de porte à porte fut organisé dans les quartiers où se présentèrent les fascistes. Les militants antifascistes discutèrent avec tous les habitants de ces quartiers, dévoilant qui était le BNP, leur nostalgie hitlérienne ; expliquant en outre pourquoi il était entièrement faux de croire que la BNP puisse défendre les démunis, en développant une campagne d’explication de masse contre les fascistes et de recrutement à la Ligue anti-nazie. Puisque la carte d’adhésion ne coûtait que 10 francs, il était courant de faire des dizaines d’adhésions par équipe dans une matinée de porte à porte. A Pontypridd, une ville dans le bassin minier du Pays de Galles, dévastée par le chômage, la Ligue antinazie empêcha les fascistes de manifester. Une campagne des employés des médias donna lieu à des rassemblements divers, un meeting de 800 personnes se déroula sur le thème "Nous ne voulons pas de nazis sur nos écrans." Aux élections suivantes, les fascistes furent humiliés.
Visitez le site de l'anti-nazi league : http://www. Anl.org.uk/ Jean-Laurent Rosenstrauch
 
 
Encadré :

En France comme en Angleterre,
mêmes nazis, mêmes combats !

Aux dernières élections locales du 2 mai, 68 candidats nazis ont été présenté par le BNP : ils ont obtenu près de 30000 voix ; David John Edwards, Carole Hugues et Terence Grogan ont obtenu entre 12% et
15 % aux élections locales de Burnley leur permettant d’exercer un mandat de conseiller municipal. Les nazis ont réalisé une percée électorale : dans les 4 villes suivantes [Oldham –une cité ouvrière située près de Manchester-, Bradford, Lypton et Bexley], ils ont raté le siège à très de peu de voix.

La réaction des antifascistes ne s’est pas faite attendre : une manifestation a été organisée devant le conseil local de Burnley le 4 mai regroupant des milliers de personnes, des jeunes, des syndicalistes des services publics (UNISOM) et des personnels décidés à agir contre les fascistes. L’Anti-Nazi League a lancé une pétition nationale demandant au conseil municipal de Burnley de ne pas collaborer avec les conseillers nazis. Cette campagne rencontre un écho très favorable auprès notamment du personnel de la ville qui refuse de travailler avec des conseillers nazis connus pour leur idéologie profondément raciste. La pétition nationale devra être discutée le 3 juillet au conseil local de Burnley. Le député-maire de la ville, Rafique Malik, du Labour, a exprimé les sentiments de refus qu’éprouvent des élus et des personnels composés en majorité de noirs à devoir travailler avec les nazis. A l’heure actuelle, les 3 conseillers nazis ont obtenu le droit de siéger dans 12 commissions locales (notamment celle du logement) à la condition qu’ils respectent le principe d’égalité de traitement entre tous les individus de la communauté sinon ils s’exposeraient aux interdictions légales : exclusion de siéger aux réunions du conseil pour une durée allant jusqu’à 5 ans, censure matérielle.

En outre, elle a engagé une campagne de masse tout azimut dans un grand nombre de secteurs de la population. Des manifestations de masse sont appelés par des groupes d’étudiants, de fonctionnaires, ainsi que par des représentants du monde des artistes. Ainsi, une manifestation dans la ville de Burnley a été organisée le 11 mai, elle a reçu un très bon accueil des commerçants qu’une dizaine d’entre eux ont rejoint les 100 personnes déjà adhérentes au comité local de l’ANL. Dans le but de donner confiance à tous ceux qui veulent défendre l’idée d’une société multiraciale et multiculturelle.

Une campagne spécifique et argumentée contre la montée des nazis s’adresse aux syndicats afin de les engager dans ce combat. En se référant aux leçons tirées de l’histoire du nazisme ; en démontrant que les nazis utilisent la démocratie pour diffuser massivement leurs idées de rejet violent des étrangers, en révélant que s’ils étaient au pouvoir, ils ne manqueraient pas de s’attaquer aux syndicats, de jeter les syndicalistes et les opposants au racisme dans des camps de concentration comme l’a fait Hitler en Allemagne. Qu’à ce sujet, ils s’agit pour les antifascistes de démonter les mensonges des nazis du BNP en Angleterre comme du FN en France. Un appel pour l’exclusion des nazis des syndicats a été lancé par un représentant du syndicat des chemins de fer : il s’est traduit par l’exclusion de Jay Lee, candidat nazi à Bexley (sud-est de Londres), membre du syndicat des chemins de fer qui avait déclaré que les noirs et les blancs ne peuvent pas appartenir au même syndicat.

Cette campagne contre les nazis se situe en pleine vague hystérique raciste déclenchée par les partis politiques et les médias contre les demandeurs d’asile. Des déclarations du BNP par la voie de Mick Tracey ont surfé sur cette vague raciste : il a déclaré " vouloir sauvegarder une Angleterre blanche ". Les attaques racistes augmentent massivement (de 200 à 300 % depuis 2 ans – comme avec les émeutes racistes de Bradford de juillet 2001).

L’ANL a organisé le 22 juin une manifestation nationale de soutien aux demandeurs d’asile en lien avec le travail anti-fasciste. Elle maintient la pression notamment sur les institutions politiques locales dans le but de ne pas banaliser les nazis et les erreurs commises par les partis de gauche dans le reste de l’Europe. Lors de ces élections locales, les nazis ont confirmé leur percée électorale déjà observée aux élections générales de 2001 en réalisant un score général de 3,54 % ; 5 candidats aux législatives avaient obtenu entre 11 et 16% des voix. C’était le résultat le plus élevé réalisé par les nazis depuis les élections législatives de 1979 !

EN ANGLETERRE COMME EN FRANCE STOPPONS LES NAZIS!

JLR.
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