Où va ATTAC

Une économie au service de l'homme

En Mai/juin 2001, l’association ATTAC fait publier trois livres : Enquête au cœur des multinationales, Une économie au service de l’homme et Remettre l’O.M.C. à sa place. Les auteurs y dénoncent le libéralisme économique en examinant le fonctionnement et la puissance des firmes multinationales et des grandes institutions financières.

Edités à un prix très modeste, ces livres font partie de la campagne d'éducation populaire qui est un des buts premiers d'ATTAC. "A partir de questions simples que se posent les citoyens, il est possible de décrire et de comprendre les logiques profondes et les rouages du système libéral, et de se doter des outils pour le combattre. "1

Les multinationales, ce sont des entreprises dont une partie de la production ou de la recherche est basée à l’étranger, " le contrôle d’au moins une filiale à l’étranger, signifié par la possession d’au moins 10% de son capital " selon l’O.N.U.

Les entreprises multinationales ne sont pas un phénomène nouveau. Jusqu’aux années 1950, leur politique se limitait à l’intégration d’industries extractives (pétrole, cacao…) d’anciennes colonies à des compagnies manufacturières en métropole. Mais à la fin des années 80, "quasiment tous les secteurs industriels avaient adopté un mode de fonctionnement international basé sur le rachat, l’alliance ou la fusion avec des entreprises d’un autre pays" 2. " A ce rythme, le monde des entreprises ne sera bientôt plus composé que de filiales contrôlées elles-mêmes par un nombre de plus en plus réduit de groupes multinationaux. "3

L'argent concentré

Cette concentration de la production engendre un accroissement gigantesque du profit des entreprises : " la planète est aujourd’hui quarante fois plus riche qu’en 1900 et quatre fois plus qu’en 1980. " Malgré cela, les inégalités ne cessent d’augmenter : " Les 20% les plus pauvres de l’humanité disposaient de 2,3% des ressources mondiales en 1969, ils n’en avaient plus que 1,1% en 1994. "4

Dès lors, accroître les profits signifie conquérir de nouveaux marchés et rentabiliser au maximum toutes les sources de revenus. Pour ce faire, ces entreprises ont besoin de restructurer l’économie mondiale et d’opter pour des stratégies globales au travers des grandes institutions internationales que sont la banque mondiale (B.M.), le fond monétaire international (F.M.I.) ou l’organisation mondiale du commerce (O.M.C.) qui regroupent les gouvernements, les banquiers et entrepreneurs les plus puissants du monde.

Le parcours de Robert Mc Namara, président de la B.M. à partir de 1968, illustre bien l’orientation de ces institutions : " Il a occupé un poste de manager à la direction de Ford, puis a dirigé la guerre du Viêt-Nam entre 1965 et 1968 (il a été secrétaire d’Etat à la défense pendant l’administration Lyndon B. Johnson, en pleine escalade de l’intervention américaine en Indochine). "5

Leur politique libérale est cinglante : ces institutions veulent tendre à la suppression des entraves aux échanges et aux investissements (taxes, droit du travail, respect de l’environnement…), comme en témoigne la réduction des barrières douanières : " En quarante-cinq ans, les pays membres [du GATT, ex-OMC] et leurs experts (…) ont réussi à abaisser les tarifs douaniers d’une moyenne de 40-50% à seulement 4-5%. "6

Elles se fixent également comme but de veiller au remboursement de la dette des pays du tiers-monde, qui équivaut à 3500 milliards de dollars : " En 1999, ces pays ont réalisé un transfert net de 114,6 milliards de dollars au profit des créanciers du Nord ! C’est au moins l’équivalent du Plan Marshall, transféré en un an seulement.(…) Ayons en tête que l’Afrique subsaharienne rembourse chaque année prés de 15 milliards de dollars, soit quatre fois plus que ce qu’elle dépense pour la santé et l’éducation. "7

Ce véritable étranglement économique consiste d’une part à " augmenter la domination des principales puissances industrialisées en général, des Etats-Unis en particulier. "8 Et d’autre part à " amener les classes dominantes locales au pouvoir à abandonner toute politique favorisant l’indépendance économique de leur pays. "9

Le libéralisme économique a défini les politiques américaines et européennes à partir des années 70. Il vise principalement à affaiblir le rôle de l’Etat dans les différentes étapes de la production :

Voler les services publics

Au niveau du processus de production, par la privatisation du secteur public et l’appropriation (l’internalisation) de tous les résultats de l’activité humaine, avec les conséquences désastreuses que cela implique :  " Si une trithérapie [contre le SIDA] coûte localement 350 dollars par an quand le même traitement coûte 10400 dollars aux Etats-Unis, le producteur du Sud n’a qu’à augmenter ses prix afin de payer de ‘justes redevances’ aux multinationales qui détiennent les brevets. " , " En quatre ans (…), les hausses de prix des médicaments ont atteint 44% au Mexique, 24% au Brésil, et 17% en Argentine. "10

" Là où n’existent pas de vrais services publics ou des systèmes de protection sociale, de santé et d’éducation universels, l’AGCS [l’Accord Général sur les Commerces et Services, organe de l’OMC] les rendra à jamais impossible.  Des marchés gigantesques se profilent : l’on estime à 2000 milliards de dollars le " marché " de l’éducation mondiale et jusqu’à 3500 milliards de dollars celui de la santé. "11

Au niveau de l’organisation de la production, par la déréglementation, c’est à dire la suppression ou la réduction des normes, des règles qui régissent et rationalisent la production ; les catastrophes naturelles, les accidents du travail ou la crise de ‘la vache folle’ en sont des conséquences directes.

Au niveau du financement et de l’orientation de la production, l'évolution actuelle passe par la désintermédiation" qui conduit un nombre croissant d’entreprises, au lieu de passer par les banques pour obtenir des crédits, à se tourner vers les marchés financiers(…) Le prêt bancaire se trouve désormais remplacé par l’émission obligatoire d’actions : aujourd’hui plus de 1000 sociétés sont cotées à la Bourse de Paris, soit deux fois plus qu’en 1990. L’avantage immédiat pour les grandes entreprises est la disparition du coût d’intermédiation ( le coût d’un prêt), donc la possibilité d’obtenir des financements moins chers. " Et le décloisonnement qui " vise la création d’un marché unifié de capitaux (…) destiné à permettre une régulation monétaire par les taux d’intérêts "12

La finance est reine

Le capital financier joue ainsi le rôle de ‘baromètre’ et de ‘boussole’ au travers des cotations boursières. Il détermine la politique et l’orientation de l’entreprise cotée : absorption, alliances aux meilleurs des cas ; OPA (offre publique d’achat), licenciements, faillite (fuite des capitaux) aux pires des cas.

Cette financiarisation de l’économie se traduit par l’arrivée massive des investisseurs institutionnels (des sortes de spéculateurs professionnels) tels que les fonds de pension, les compagnies d’assurances, qui jouent un rôle central dans la stratégie des entreprises puisqu’ils détenaient en 1998, 58% de la capitalisation boursière mondiale.

Si l’objectif est un désengagement de l’Etat au niveau de la production, les gouvernements ont été les premiers à amorcer cette politique. Ils restent ainsi les premiers garants de la santé des entreprises comme "en témoigne la manière dont le président Bush a sauvé les fonds de pensions américains en y injectant 500 milliards de dollars. "13

Les principales victimes des ces mesures sont les salariés. Aux yeux des politiciens et des patrons, les licenciements, les baisses de salaires, la flexibilité des horaires, l’augmentation des cadences sont justifiés par les besoins de la compétition internationale, de la " globalisation ".

Un autre fait saisissant est qu’ " à en juger par le dernier classement des plus importantes firmes transnationales (…), nous constatons que les quatre premières sont américaines et que l’ensemble des 57 premières est basé dans la " triade " des trois entités politiques les plus puissantes : 17 américaines, 19 japonaises et 21 européennes. "14

Les multinationales et l’Etat.

Les multinationales ne sont pourtant pas indépendantes des Etats. Elles doivent nouer des liens solides avec l’Etat national " grâce auquel elles puisent d’importants atouts de compétitivité : accès privilégié à des potentiels scientifiques et technologiques, circuits de financements publics, marchés d’Etat ou des collectivités locales, soutien diplomatique à la pénétration des marchés… "15

Et c’est précisément au sein de cette fameuse triade que ces atouts sont réalisés.

Pourtant, sur ce point, les livres d'ATTAC sont décevants. Ils développent des analyses contradictoires et entretiennent des confusions importantes. Il ne suffit pas d’expliquer que la grande majorité des investissements et des échanges de capitaux s’opère entre les pays hautement industrialisés et que les firmes multinationales " restent ancrées dans leur culture nationale d’origine. "16 Encore faut-il avoir une définition précise du rôle de l’Etat dans le système capitaliste.

Non, l’Etat n’est pas celui qui " impose aux acteurs sociaux de respecter certaines règles au nom de l’intérêt général. "17 Ceci laisserait supposer que lorsque l’Etat est gouverné de la bonne manière, et qu’il est doté d’une véritable politique sociale, il devient alors possible de " ‘réencastrer’ le capitalisme dans la démocratie "18. Bien entendu, les différents gouvernements peuvent donner une certaine orientation à l’Etat ( qui dépendra en majeure partie du rapport de forces entre les classes au sein de la société) mais sa nature reste fondamentalement la même.

L’Etat, c’est avant tout des corps institutionnels qui protègent les capitaux et la production capitaliste : l’armée, la police. Ils en sont le cœur même, sans eux il n’y a pas d’Etat. La mondialisation n’est donc pas " contre l’Etat, par principe, assimilé à l’étatisme "19

Bien au contraire, pour prospérer, les entreprises ont besoin d’un Etat suffisamment puissant, et ce dans différents cas de figure :

- Pour stabiliser les conflits internes qui remettent en cause leur domination : grèves, manifestations, rebellions populaires (en décembre 2001, durant l’Etat de siège en Argentine, la police réprima au fouet les gens affamés qui étaient descendus dans la rue).

- Pour se défendre contre une agression extérieure.

- Pour conquérir de nouveaux marchés ou " stabiliser " une région rentable en y envoyant l’armée, comme en Afghanistan aujourd’hui : en 1993, 23 parmi les 100 premières multinationales étaient directement engagées dans l’industrie pétrolière – une industrie fortement dépendante de l’hégémonie militaire exercée par les Etats-Unis pour éviter toute menace contre ses intérêts aux Moyen-Orient.

L’Etat peut aussi directement renflouer les caisses des entreprises en cas de risque de faillite : "En 1993, au moins 20 compagnies parmi les cent premières mondiales n’auraient pas pu survivre indépendamment si elles n’avaient pas été sauvées par leur gouvernement respectif au cours des quinze dernières années. Parmi les plus importants cas : les industries d’acier britannique, française et italienne, Chrysler, au début des années 80 ; McDonnel Douglas et la filiale SEAT de Volkswagen. "21

La mondialisation n’est pas  l’ " excellente définition " d’un grand patron suédois proclamant que c’est " la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut "22. L’entreprise n’est pas libre de toute attache. Il est certainement aisé de faire circuler de la monnaie ou des devises, mais c’est une autre paire de manches que de déplacer du capital productif composé d’usines, de machines, de mines, etc.

Dur à déménager

Comme l'explique Harman : " Si une firme met en place une usine de voiture, elle doit s’assurer d’un approvisionnement en écrous et en boulons, d’acier de bonne qualité, d’une force de travail doté du niveau de formation approprié, d’un approvisionnement fiable en électricité et en eau, d’un système de financement digne de confiance, de banquiers amicaux, et d’une infrastructure routière et ferroviaire en bon état pour renvoyer les produits finis."23

Un tel processus nécessite un climat politique relativement stable et des années de négociations avec les autres entreprises et les gouvernements présents sur place.

L’internationalisation de la production provoque donc une interdépendance croissante entre les multinationales et leurs Etats : " C’est un monde dans lequel un nombre limité d’Etats et de multinationales se pressent les uns contre les autres, se tirant et se poussant à mesure que chacun essaie d’amadouer l’autre pour accomplir ses volontés, comme des pieuvres géantes aux tentacules entrelacées. "24

Les nations sont aussi fortement dépendantes de la part d’investissement accordée par les entreprises.

Afin de maintenir une bonne croissance économique, elles doivent attirer des capitaux nombreux. Pour se faire, l’Etat se doit de garantir la formation d’une main-d’œuvre de qualité et de toutes les infrastructures nécessaires au bon dynamisme des entreprises.

La concurrence entre multinationales se double donc d’une compétition entre les nations qui, lorsqu’elle est exacerbée, peut déboucher sur les guerres impérialistes des plus atroces : les deux guerres mondiales, en passant par la guerre froide et ces multitudes de conflits jusqu’à aujourd’hui entre l’Inde et le Pakistan.

Mettre fin à cette barbarie

Les revendications d’ATTAC reflètent bien celles du mouvement international contre la mondialisation libérale qui défie les dirigeants du monde entier depuis Seattle : suppression des paradis fiscaux, annulation de la dette des pays pauvres, lutte contre le productivisme agricole etc…Elles visent de véritables piliers du système capitaliste.

Pour que ce programme puisse être appliqué, il faut un contrôle renforcé de l’économie par les citoyens, l’élaboration d’une économie au service de l’homme qui ne pourra se réaliser sans la mobilisation des peuples : " Vouloir une autre régulation est une lutte politique pour changer de pouvoir. "

" A l’affirmation selon laquelle c’est le marché et non la démocratie qui correspond à la nature des choses, nous opposons que la suprématie des valeurs socioculturelles implique celle du politique sur l’économique, en même temps que leur pluralité fonde la démocratie ; l’affirmation qu’il existe des activités d’intérêt général irréductibles aux intérêts privés et à la logique marchande, la défense, donc, du service public. "25

L’argument principal défendu dans ces livres d'ATTAC est que le véritable problème se situe dans la sphère financière qui parasite complètement l’économie réelle ; c’est elle qui serait à l’origine de l'essentiel des dysfonctionnements. Sans ce fardeau, les entreprises pourraient enfin reprendre leur rôle de simples investisseurs au service de la production et perdraient celui de patrons avides de profits.

Le capital financier est donc celui qui fixe "les orientations stratégiques de la firme selon l’impératif de rentabilisation. Si un magasin a de trop faibles perspectives de profit, la direction le ferme, quels que soient les services qu’il peut rendre à la population locale et quelle que soit l’intégration de son personnel à son lieu de vie. "26

La régulation vise ainsi à freiner la spéculation financière et à redéfinir les lois du marché :

" Ces régulations pourraient s’inspirer des cinq actions suivantes : réduire la liquidité des placements ; rendre transparentes toutes les opérations financières ; se déconnecter progressivement des marchés financiers en réhabilitant le crédit [bancaire] ; maintenir une véritable concurrence ; et créer un pôle financier public. "27

Un tel programme doit d’une part s’appuyer sur l’Etat : " l’intérêt du bilatéralisme tient au fait que deux Etats peuvent établir entre eux des relations s’émancipant de la tutelle des marchés financiers et des firmes multinationales. " ; et d’autre part sur la refonte des institutions internationales : " Si le principe de la mise en place d’organismes multilatéraux est positif, les logiques qui président aujourd’hui à leur action sont totalement imprégnées de la pensée libérale. "28

Analyses insuffisantes

Le problème posé par de telles analyses est qu’elles se fondent sur une compréhension erronée de la nature de la finance dans l’économie. Erreur qui provient du fait qu’elles ne posent pas explicitement la question de l’origine des richesses.

Le capital financier ne doit pas être placé en opposition au capital productif. Son rôle croissant dans l’économie incarne la continuation d’une tendance inhérente au capitalisme à accumuler pour accumuler.

La financiarisation croissante des activités n’est pas un simple dysfonctionnement qu’il faudrait réduire ou supprimer pour contrer les inégalités et la fracture sociale, mais c’est une phase vitale de mutation dans le développement du capitalisme.

Initiée dans les années 1970, elle s’est développée pour mettre un terme à des crises économiques de plus en plus sévères. Les différentes formes qu’elle peut prendre (déréglementation, spéculation, multinationalisation…) sont la traduction à l’échelle mondiale d’une contradiction fondamentale du capitalisme : le devoir de maintenir un taux de profit élevé malgré ‘ la baisse tendancielle du taux de profit’ qui conduit le système à la crise de surproduction.

Cette loi est d’ailleurs fort bien explicitée par l’économiste René Passet, ancien président du conseil scientifique d’ATTAC : " Le pouvoir d’achat mis en circulation par l’appareil productif est donc structurellement inférieur à la valeur des marchandises produites. Cette situation conduit le système à sa perte. "29

Comme nous l’avons vu précédemment, l’élargissement de la sphère financière permet aux patrons de trouver des financements plus rapidement et d’opter pour des stratégies globales de compétition.

Car plus la production s’internationalise, plus les transactions financières deviennent fluides et permettent à leur tour d’impulser la production. Les profits réalisés deviennent honteusement massifs face à la misère grandissante, la planète s’enrichit de jours en jours : " La valeur quotidienne des échanges s’éleva de 10 à 20 millions de dollars dans les années 70 à la somme incroyable de 1500 milliards de dollars en 1998. Le prêt bancaire au travers des frontières s’éleva aussi de 265 milliards à 4200 milliards de dollars en 1994. "30

Ces sommes astronomiques ont besoin d’une gestion internationale, d’où la création de marchés, de pôles financiers mondiaux.

Nous arrivons ici à un stade terrible de l’accumulation du capital puisque c’est par l’accroissement de la valeur produite par le travail humain que se creuse un fossé de plus en plus large entre la sphère financière et la sphère productive. Une déconnexion qui alimente l’illusion que les richesses sont créées indépendamment du travail humain. Ce seraient donc les capitalistes et non les travailleurs qui créent les richesses ! En parlant de cette vision inversée du monde, Marx, déjà en son temps, la nommait "le fétichisme de la marchandise". Cependant, le fétichisme est vite rattrapé par la réalité des crises : les moments d’euphorie sont de courte durée, comme en témoigne la flambée éphémère de la nouvelle économie.

Aujourd’hui, le capitalisme est arrivé à un point critique. Pour éviter les crises, il doit sans cesse se renouveler, restructurer son économie ; il forme à sa base une couche de plus en plus nombreuse de financiers, de spéculateurs, de véritables vautours ayant pour unique objectif d’accumuler du capital, d’augmenter le taux de profit, d’accroître la compétition.  Pour se faire, ils doivent réaliser plus de profits au niveau de la production et accroître l’exploitation des travailleurs.

Plus les profits sont massifs, plus la spéculation s’intensifie et plus l’épée de Damoclès s’alourdit au-dessus de la tête des travailleurs. Ainsi, chaque crise économique, chaque Krach boursier, chaque faillite d’entreprise est tendanciellement plus dévastatrice que la précédente ( la plus grande faillite de tous les temps est celle de l’entreprise Enron, au mois de décembre 2001- au même moment, la crise économique en Argentine et les émeutes de la faim ont successivement provoqué la démission de cinq présidents).

Il devient donc impossible d’infléchir les flux financiers sans toucher à la production elle-même, seule véritable source de richesse.

Aujourd’hui, il nous faut s’appuyer sur les luttes anticapitalistes qui, depuis Seattle, font peur aux dirigeants et qui ont constitué un véritable tournant à Gênes.

Mais l’objectif final n’est pas de faire pression sur les marchés financiers en insérant une quelconque taxe par l’intermédiaire des Etats et des institutions internationales qu’il faudrait préalablement réformer. C’est seulement par une appropriation et une socialisation de la production qui faudra passer pour construire une véritable ‘économie au service de l’homme’, une économie socialiste.

Nicolas Zahia
 

 
 
Je veux vous envoyer des commentaires sur cet article

Je veux recevoir votre bulletin électronique mensuel

poing rougeSocialisme International   anticapitalisme&révolution

Revue trimestrielle publiée par des militant(e)s
de la Ligue Communiste Révolutionnaire
N° 1  novembre 2001  N°  2 février 2002
Dossier : Palestine
Supplément "Comment battre Le Pen"
N° 3 mai 2002
N° 4  juillet 2002 N° 5 octobre 2002
Dossier : Quel parti nous faut-il ?
N° 6 février 2003
Dossier : Economie
 N° 7 juin  2003
Dossier : la Socialdémocratie
N° 8 septembre 2003
Dossier : la Libération des femmes
 N° 9 janvier 2004 
Dossier Islam et politique
N° 10 juin 2004
Dossier : En défense de Lénine
N° 11 novembre 2004
Dossier : Combattre l'impérialisme
N° 12 mars 2005
Dossier : Ecole et capitalisme
N° 13 août 2005
Dossier : Altermondialisme et anticapitalisme
Site web de la LCR       Liens      Bibliothèque anticapitaliste Abonnez-vous à la revue ou au bulletin électronique