Analyses

Après Gênes

Pour la réunion du G8 (les sept pays les plus industrialisés plus la Russie) du 19 au 21 juillet 2001 à Gênes, les autorités italiennes avaient mis en place un dispositif sécuritaire impressionnant. Un grillage de quatre kilomètres de long scindait la ville en deux. Vingt mille policiers et militaires avaient été mobilisés. Les manifestations se sont néanmoins tenues trois jours durant, dans une atmosphère tendue mais festive.

Ces mobilisations, les plus imposantes depuis la naissance du mouvement anticapitaliste, ont constitué un tournant.

Italie explosive

Depuis Seattle en novembre 1999, presque chaque mobilisation a marqué une étape importante du mouvement. A Gênes, l’intervention massive de la population locale à fait basculer le rapport de force en notre faveur.

Il faut retourner sur le contexte politique et social de l’Italie. En mai 2001, Silvio Berlusconi arrive au pouvoir grâce à la déception immense que la " gauche " italienne a créé et grâce à un populisme semi-mafieux utilisant les grands médias dont il est propriétaire. Son gouvernement, flanqué d’un parti post-fasciste, l’Alliance nationale et d’un parti raciste, la Ligue du Nord, est alors perçu comme une provocation. La révolte se propage. Déjà, avant les élections, le 17 mars à Naples, une manifestation de masse avait été sévèrement réprimée.

Mais Berlusconi est dans la ligne de mire des italiens depuis déjà un certain temps : en 1994, son gouvernement attaque les retraites. Une grève générale éclate. Elle débouche sur la plus grande manifestation de l’histoire d’Italie. Un million et demi de personnes manifestent à Rome. Il est forcé de démissionner : son gouvernement n’aura duré que huit mois. Les gouvernements qui se succèdent ensuite remettent systématiquement en cause les acquis sociaux les uns après les autres. L’éducation, la santé, les médias sont en voix de privatisation.

Le retour de Berlusconi n’arrange pas les choses. Son programme ultra-libéral est emprunté à la Confindustria, l’organisation patronale : abolition des normes de licenciement, remise en cause des retraites, individualisation des salaires, abaissement des charges patronales. C’est en réponse à ces attaques que l’on assiste à une reprise de confiance politique, un élan de combativité, surtout chez les jeunes : travailleurs précaires, étudiants, chômeurs.

L’Italie a connu un véritable bouleversement politique ces dernières années. Les deux partis dominants de l’échiquier politique, la Démocratie chrétienne (DC) à droite, le Parti communiste italien (PCI) à gauche, chacun auparavant hégémonique dans son camps, ont littéralement explosé. A droite a surgi une multitude forces politiques, tandis qu’à gauche une fraction de l’ancien PCI formait le Parti de la refondation communiste. Aux marges de ce dernier a émergé une myriade d’organisations et d’associations : la Rete Lilliput, fédération qui regroupe 585 associations pacifistes, catholiques, écologistes ; Arci, mouvement de promotion sociale, qui regroupe 1,2 millions membres ; les Tutte bianche, Ya Basta, qui rassemblent les centres sociaux du Nord.

Réseaux

C’est à Gênes que ces groupes ont pu s’organiser autour d’une plate-forme, le GSF (Genoa Social Forum, Forum social de Gênes) qui regroupe 800 associations de toutes sortes, travailler avec des syndicats et des organisations de travailleurs comme les syndicats radicaux COBAS, CUB, les centres sociaux du Sud ainsi que le Parti de la refondation communiste. " 80 % des personnes présentes avaient moins de 30 ans. [...] Agnoletto [un des porte-parole du GSF] a annoncé que le GSF va se constituer en forum social, explique Fausto Bertinotti, secrétaire du parti. Ce mouvement des mouvements se dote donc d'institutions, comme tous les mouvements importants. Je pense que ce mouvement pose aux forces de la gauche alternative, les seules qui peuvent dialoguer avec lui, un problème politique gigantesque, celui de la transformation des sujets de la gauche alternative et de la gauche sociale, de l'irruption de cette génération sur la scène politique organisée. "

Des sections du premier syndicat italien, la CGIL, dont la FIOM, la puissante fédération des métallurgistes, en lutte contre les patrons se sont rapproché du GSF. " Il y a un lien très étroit entre les conditions de travail des métallos - et en général de l’ensemble du salariat - et la lutte contre cette globalisation, argumente Claudio Sabattini, secrétaire général de la FIOM [] Dans les usines, les jeunes qui arrivent [] commencent à se battre avec nous, pour obtenir de meilleures conditions de travail et contre la globalisation capitaliste. "

Mouvement anticapitaliste

L’ampleur de Gênes a fortement surpris. Elle a pris de court le G8 qui s’est trouvé en état de siège : Même Chirac, dans un élan de démagogie mais aussi d’inquiétude, du affirmer : " 150 000 personnes ne se dérangent pas s’il n’y a pas quelque chose qui leur a mobilisé le cœur ou l’esprit. "

Les gens au pouvoir voient donc émerger un phénomène qu’ils redoutent plus que tout : un mouvement populaire qui s’est construit d’une impulsion spontanée vers l’unité contre la dictature des marchés. Il a su surmonter les barrières nationales, culturelles, idéologiques. A Gênes, ont défilé ensemble des étudiantes turques, des ouvriers allemands, des paysans français et des conducteurs de bus irlandais.

Le mouvement porte donc en lui la parole de millions de gens. Un sondage publié dans Le Monde du 18 juillet illustre cet engouement : 1 % seulement des sondés pensent que la mondialisation profite à tout le monde, plus des trois-quarts pensent qu’elle ne bénéficie qu’aux riches.

Comme le remarque très justement Pierre Khalfa, membre du Bureau national d’ATTAC : " ces mobilisations ne sont que la pointe avancée de l'évolution globale des opinons publiques, au moins dans les pays capitalistes développés. Non seulement ces mouvements gagnent en force, mais ils rentrent en résonance avec les préoccupations de secteurs de plus en plus importants des populations. "

Cette popularité a amené le développement d’une foule de médias indépendants, de journalistes et de personnalités acquis à la cause. Ainsi, plus de 150 journalistes indépendants, le plus souvent liés au réseau Indymédia, et près de 25 équipes de tournage dirigées par des cinéastes italiens très connus (dont Ettore Scola) ont couvert les manifestations de Gênes. On voit donc un mouvement échapper largement au pouvoir et à ses moyens de contrôle traditionnels.

Les luttes des travailleurs pour de meilleures conditions d’existence sont, dans leur grande majorité, plus ou moins bien maîtrisées en grande partie grâce à la modération des directions et bureaucraties syndicales. Souvent les dirigeants syndicaux se contentent de petites concessions pour calmer le jeu. En mai 68 en France, les bureaucraties usèrent de leur influence pour faire reprendre le travail dans les usines et séparer étudiants radicalisés des travailleurs.

Les luttes anticapitalistes échappent en partie à cette logique. D’une part, les revendications avancées touchent le système dans sa globalité. Elles sont basées sur ce qui produit la misère : le libéralisme, le capitalisme, la loi du marché. Les concessions sont bien plus difficiles à accorder. D’autre part, la nouveauté du mouvement et les luttes qu’il mène font que ce " réseau des réseaux " n’est pas parasité par une bureaucratie qui serait en partie coupée de sa base. Cet aspect est renforcé par la méfiance réciproque qui existe entre le mouvement et les appareils syndicaux. Tout cela contribue à la perte de légitimité du pouvoir, d’où la tentation répressive.

Stratégie de la tension

Les différentes manifestations contre la mondialisation libérale ont subi une répression accrue. Certaines ont été faibles numériquement : 15 000 à Prague, 15 000 à Göteborg, 20 000 à Barcelone. Les manœuvres de marginalisation et criminalisation du mouvement (pointer du doigt les " anarchistes casseurs de vitrines ") ont été plus aisées. Ainsi, à Göteborg, la population locale a offert des fleurs aux policiers pour les avoir défendus, alors que cette même police s’acharnait aveuglément à coups de matraque et tirait à balles réelles. A Prague, les centaines de manifestants raflés, battus, les phalanges brisées, n’avaient rencontré aucun écho dans la presse.

Mais d’autres mobilisations importantes, à Québec où 80 000 ont défilé, et à Seattle auparavant, ces manœuvres étaient déjà plus difficiles. A Gênes, cette stratégie a complètement échoué. L’ampleur de la mobilisation a surpris l’Etat italien. L’intensité de la répression et l’indignation qu’elle a suscité n’ont pas permis d’occulter les faits.

La politique du gouvernement Berlusconi a été de sortir du placard une recette des années soixante-dix : la stratégie de la tension. Elle avait consisté à utiliser des attentats organisés par l’extrême droite fasciste et des loges maçonniques afin de justifier une escalade massive de la répression et des lois d’exception. Ils semaient la terreur en posant des bombes, en procédant à des assassinats. Des agents des services secrets mêlés à des groupes fascistes tentaient d’infiltrer les milieux contestataires marginaux de gauche. Puis les médias pointaient du doigt des groupes d’extrême-gauche " dangereux " Cette technique visait à affaiblir les luttes en créant un climat de peur et de confusion.

Trente ans plus tard, c’est un peu de la même soupe qu’on a voulu nous abreuver : des bombes ont explosé, envoyant un policier à l’hôpital. Les alertes à la bombe et les perquisitions se sont multipliées. E l’espace d’une semaine, les accords de Schengen ont été suspendus aux frontières, la ville de Gênes a presque entièrement été vidée de ses 900 000 habitants.

Une répression féroce

" Un troupeau de taureaux en uniforme s'est rué sur moi. Ils m'ont tapé comme des malades. Je ne me souviens pas combien de coups j'ai dû encaisser. Ils ne disaient rien. Ils me rouaient de coups mécaniquement, comme s'ils avaient été hypnotisés. Ils m'ont pulvérisé du liquide urticant sur le visage. A un certain moment, je suis tombé par terre, mais je n'ai pas perdu connaissance. J'avais vraiment très très peur " (Stefano Palmisano, avocat).

" Il a eu un traumatisme crânien, deux doigts cassés et est resté trois jours sans pouvoir prononcer le moindre mot" raconte l’ami d’un jeune de 19 ans qui a passé trois jours dans la caserne Bolzaneto. "

" Je revendique au nom du gouvernement le fait que la ligne de fermeté envers les [manifestants] violents était l'unique ligne qu'un gouvernement sérieux pouvait assumer au moment où il accueillait les grands de cette Terre ", a estimé le vice-président du Conseil, Gianfranco Fini, chef du parti post-fasciste, Alliance Nationale. L’Etat italien s’est employé à museler toute forme de contestation, à élaborer minutieusement un véritable massacre. Comme le souligne Stefano Palmisano : " Plutôt que "forces de l'ordre", je parlerais de "bandits en uniforme". J'ai lu dans certains journaux que ces policiers auraient été dépassés par la nervosité accumulée pendant les jours précédents. Il n'y a rien de plus faux. Ce que nous avons vu à l’œuvre à Gênes, c'était une répression étudiée calmement dans un bureau et qui contenait un message précis. " Tout le monde a été touché, sans distinction d’âge ou de sexe, des manifestants en colère aux simples badauds.

Mais ciblée

La police s’est attaquée aux manifestants en divisant littéralement la manifestation et en organisant de véritables guet-apens. Le témoignage du photographe Bruno Abile décrit comment, vendredi la police attira et piégea un groupe de manifestants dont feu Carlo Giuliani. " L’attitude des flics est étrange : après avoir reculé en formation sur 10 mètres, ils tournent les talons, fuyant n’importe comment. Surpris, une poignée de manifestants leur emboîte le pas. " Des preuves indiquent que la police a infiltré un grand nombre d’associations et de cortèges, provoquant volontairement ses collègues en uniforme pour justifier un assaut et des coups ; qu’elle a laissé des centaines de personnes dévaster la ville et qu’elle en profitait pour tabasser les plus faibles.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la police s’est attaquée aux bureaux du GSF, dans le centre médiatique indépendant. Elle a détruit tout le matériel compromettant : vidéos, cassettes, ordinateurs. Elle a procédé à un véritable passage à tabac, envoyant plus de 60 personnes à l’hôpital et embarquant les autres. Rudy, un responsable de la CNT, petite confédération anarcho-syndicaliste, est allé visiter l’école après le déluge : " Sur un radiateur, une trace de sang énorme, plus loin des stylos bic flottaient dans une mare ensanglantée. Dans les escaliers, des traînées de sang sur plusieurs mètres, une planche de bois plongée dans une autre flaque de sang, le sang dégoulinant du mur. Au premier étage tout était dévasté, une personne avait visiblement été projetée contre une vitre cassée et maculée de sang, sur le sol : des mouchoirs ensanglantés, une mare de sang pas encore séchée d'au moins un centimètre d'épaisseur. "

Apeurer, diviser

Berlusconi voulait diviser le mouvement en suscitant une peur panique ; par la tension, pousser au découragement les franges pacifistes et inciter les autres à en découdre. Autrement dit, il voulait créer une division en touchant un point sensible : la question de la santé physique des manifestants. Ensuite réprimer. Et face à une telle injustice, certains ne trouvent que la force pour calmer leur colère. L’objectif était de culpabiliser et de démoraliser les contestataires (c’est ce que l’on ressent devant un tel degrés de violence : de voir son ami ou son voisin se faire taper sans pouvoir intervenir ou d’avoir laissé quelqu’un s’éloigner et se faire piéger).

Dans certains cas, cette technique a produit l’effet escompté : l’association anglaise Drop The Debt, à l’annonce de la mort de Carlo, s’est retirée de la mobilisation. Susan Georges, vice-présidente d’Attac- France, a déclaré qu’elle essayait de ne pas " céder au désespoir. " Elle explique : " Je ne peux pas, en toute impunité, encourager nos membres à risquer leurs vies au front, à participer à des manifestations où la police piège les gens et tire à balles réelles. "

Mais, pour l’immense majorité, ce sont des sentiments de colère et de solidarité qui se sont exprimés : 250 rassemblements contre la répression ont eu lieu partout dans le monde. Spontanément, des milliers d’italiens se sont ralliés à la mobilisation. Des petits villages aux grandes villes, selon les évaluations, 250 000 à 500 000 personnes ont protesté en demandant la démission du ministre de l’intérieur Claudio Scajola, qui, en guise de réponse, s’est empressé de glorifier " l’admirable professionnalisme des forces de l’ordre ", " leur dignité et leur efficacité ont été reconnues par tous et ne peuvent être l'objet de critiques. "

Effet boomerang

La répression s’est cette fois-ci retournée contre les commanditaires, comme le boomerang reviens à celui qui l’a envoyé. Silvio Berlusconi l’a lui-même reconnu : " ce qui devait être une grande vitrine pour l'Italie s'est transformé en boomerang. " L’information est désormais connue : le vice-président du Conseil, Gianfranco Fini, était présent dans les locaux de la préfecture de police à Gênes ; quatre députés d'Alliance nationale, étaient dans la salle opérationnelle des gendarmes.

Dans les jours qui ont suivi, la gauche s’est alignée sur les revendications du GSF, réclamant la démission de Scajola. En plus d’une enquête interne du ministère de l’Intérieur, le gouvernement a été contraint d’accepter la création d’une commission d’enquête parlementaire. On reconnaît maintenant qu’il y a eu des " violences gratuites " et des " interventions discutables " Les 140 policiers responsables du raid à l’école Diaz devaient être convoqués par le parquet de Gênes. De plus, la grande presse nationale a publié les témoignages de victimes et de policiers : " Je sens encore l'odeur des excréments des personnes arrêtées auxquelles on interdisait d'aller aux toilettes. " " On nous apportait les prisonniers déjà massacrés, sanguinolents, en pleurs ou hurlant de douleur. Un jeune étranger avait les testicules brisés par les coups de pied ; je n'avais jamais vu autant de souffrance sur le visage de quelqu'un ", témoigne un inspecteur italien.

Gauche officielle bousculée

Gênes a été pour l’Etat italien un véritable tremblement de terre. Les secousses, elles, se sont propagées partout dans le monde, notamment en France, où elles ont influencé le climat politique. Elles contribueront à en modifier le paysage. Les grands partis essaient de rattraper le coche. Le PS et le PCF voient émerger un mouvement à la popularité croissante, incarné surtout par Attac. " La mondialisation ", Attac et la Taxe Tobin font partie désormais de l’actualité quotidienne. Les déclarations de Vincent Peillon, porte-parole du PS et de Christian Paul, secrétaire d’Etat à l’Outremer, élogieuses et assez remarquées, sont révélatrices de l’intérêt que porte le gouvernement au mouvement pour une " autre mondialisation " Les auteurs demandent au gouvernement de mettre en place, parallèlement à ces mobilisations, " de nouvelles régulations " Le mouvement marque l’émergence " d’une modernité politique réelle " et d’une " conscience politique internationale " dans laquelle les socialistes ont " à puiser sans frilosité. " Ils en nient néanmoins les franges radicales : " personne ne conteste la nécessité pour les grandes puissances de se retrouver afin d’échanger leurs vues " Leur volonté est de rapprocher la politique d’Attac de celle du gouvernement. Ce dernier, disent-ils, s’est toujours " engagé dans des combats essentiels " tels que " l’annulation de la dette des pays pauvres " ou " la lutte contre la criminalité financière. "

Cela pousse Attac à un éclaircissement des enjeux et à une définition plus précise de ses orientations.

Syndicats attentistes

Les syndicats français restent cependant en majorité absents de la mobilisation. Leurs directions " appréhendent difficilement une protestation qui ne passe pas par les canaux officiels. " Ainsi, Nicole Notat, secrétaire confédérale de la CFDT, en minimise l’impact qu’elle qualifie de " sporadique ", d’" éphémère " et réduit le mouvement à de " l’agitation de groupuscules d’extrême gauche. "

Pourtant, Gênes a sensiblement changé la donne. L’hebdomadaire de la CGT en a fait sa " une " La centrale a appelé ses structures à participer aux manifestations contre la répression. On peut donc s’attendre à une participation plus poussée, surtout si les militants de base de la CGT (dont la majorité partage les préoccupations du mouvement) arrivent à poser le problème au niveau national. Une telle participation est déterminante pour l’avenir du mouvement, qui doit savoir, pour porter ses fruits, s’implanter localement et s’enraciner profondément. Cela signifie une présence active des travailleurs organisés.

L’impact de Gênes a clairement démontré qu’un tel schéma était possible en Europe.

A Bruxelles, il y aura les opportunités nécessaires pour se lier au mouvement ouvrier, qui appelle à manifester en masse.

Nicolas Zahia

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