Interview d'un militant

"Les révoltes des quartiers populaires ont constitué
pour moi un acte politique fort"

Abdelaziz Chaambi milite à Lyon. Il fait partie des Indigènes de la République, et du Collectif des Musulmans de France. Nous avons voulu son éclairage sur la révolte des cités.
 

Socialisme International :  Quels sont, à votre avis, les plus grands problèmes des gens qui habitent les quartiers populaires ?

Abdelaziz Chaambi : Le problème principal est l’emploi, car le chômage touche les populations de ces quartiers deux à cinq fois plus que la moyenne nationale, surtout lorsqu’il s’agit des gens héritiers de l’immigration post-coloniale.
Un autre problème occulté par les médias et que nous entendons régulièrement chez les jeunes (et qui a été mis en évidence par les cahiers de doléances d’AC le Feu), c’est la question du respect de ces populations par la Police, la Justice et les institutions de la République qui les traitent comme des citoyens de seconde zone pour ne pas dire comme des indigènes.

Socialisme International : Plus particulièrement, que pouvez-vous nous dire sur la montée de l’islamophobie ces dernières années ?

Abdelaziz Chaambi :L’islamophobie devient malheureusement un sport national et un fond de commerce très rentable  pour les médias en mal d’audience ou les « personnalités » en mal de reconnaissance et de vedettariat. La suspicion des musulmans et leur diabolisation ont commencé du temps du premier ministre socialiste Pierre Mauroy en 1982 qui avait accusé nos parents en grève pour leurs droits de travailleurs à l’usine Talbot de Flins d’être des agitateurs intégristes qui ne font pas partie des réalités françaises. Plus récemment un autre premier ministre Jean Pierre Raffarin reconnaissait que l’islamophobie se développait en France de manière préoccupante.

 En France les premières mises à l’index des musulmans ont eu lieu avec la première affaire du foulard islamique à Creil, lorsqu’un proviseur s’est acharné à exclure deux jeunes filles et a délié les langues racistes et enclenché le début de la lepénisation des esprits. Grâce à cette affaire, sa médiatisation et son exploitation politique, il deviendra député. (lorsque je vous dis que c’est une affaire rentable !!!)

La révolution Iranienne, la guerre du Golfe, la guerre civile en Algérie et enfin les évènements du 11 Septembre 2001, ajoutés à la crise économique et à un passé colonial refoulé et qui refait surface, ont décomplexé les racistes devenus islamophobes en plongeant leurs racines dans les Croisades que leur a rappelé Georges Bush.

C’est ainsi qu’on a vu les Fallaci, Houelbeq, Finkelkraut, Redecker même Sylvio Berlusconi  se déchaîner sur l’Islam et les musulmans, on a même vu un Claude Imbert du Point nous affirmer haut et fort qu’il était islamophobe sans être inquiété. Pour finir je dirai que la loi du 15 Mars 2004 sur les signes ostentatoires à l’école est venue confirmer que la société française et la classe politique en particulier venaient d’entériner le fait islamophobe en France avec le vote de la loi à 95%, car tout le monde reconnaît y compris les politiques, que cette loi visait en réalité le foulard islamique.

Socialisme International : Quelles ont été les priorités des organisations dans lesquelles vous êtes impliqué depuis la révolte de novembre 2005 ?

Abdelaziz Chaambi : Les révoltes des quartiers populaires ont constitué pour moi un acte politique fort, à la hauteur de la surdité de la société française, mais qui s’est exprimé de manière extraordinaire et violente, ce qui  a rendu ce cri moins audible et compréhensible que nous aurions souhaité.

C’est pourquoi notre priorité, nous qui avons bien entendu ce cri, est de favoriser la création d’un mouvement politique autonome issu des quartiers populaires afin que nos revendications légitimes et notre droit à la dignité et au respect soient  pris en compte de manière sérieuse.

On souhaite une prise de conscience pour refuser le clientélisme et le paternalisme d’un côté et la répression brutale et aveugle de l’autre.

 Depuis la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983, la classe politique française s’est moquée de nous, et a dévoyé une lutte politique et nous a volé un espoir. Lorsqu’elle s’est intéressée à nous c’était pour nous diviser, nous élever les uns contre les autres ou nous instrumentaliser en faisant de certains les arabes ou les musulmans de service ou les « beurettes » alibi. La gauche, d’abord avec SOS Racisme, qui a transformé une question de droit en une question morale et a inventé un nouveau paternalisme, « le touche pas à mon pote », en faisant en sorte que ce pote ne puisse pas se défendre seul et encore moins s’organiser. Nous n’avons jamais eu la moindre subvention publique pour nos associations alors que les vannes ont été grandes ouvertes pour les associations inféodées comme SOS Racisme et ses concerts à 500 000 euros ou Ni putes Ni soumises avec leur fond de commerce islamophobe et diabolisant le garçon arabe. La droite qui n’a pas mieux traité ou entendu nos problèmes aura simplement coupé l’herbe sous les pieds de la gauche en nommant de manière symbolique et sans effet sur nos vécus, deux  cautions ethniques : les secrétaires d’état Tokia Saïfi et Azouz Begag.

C’est pourquoi notre priorité consiste à dénoncer ces nominations et instrumentalisations de la classe politique qui n’a jamais pris en compte sérieusement les problèmes des banlieues et des classes populaires.

Socialisme International : Quel type d’implication et de mouvement politique est nécessaire à votre avis pour que la voix de ceux qui vivent dans les quartiers populaires soit entendue ?

Abdelaziz Chaambi : Il n’y a pas quarante solutions, à moins que la classe politique française fasse une révolution dans ses pratiques, et renie sa structuration « blanche » et de domination  culturelle et néo-coloniale, la solution reste comme je l’ai dit précédemment l’investissement total du champ politique par les habitants des quartiers eux-mêmes.
Il faut à mon avis aider à la formation des populations de ces quartiers (c’est en ce sens que je conçois l’éducation populaire) pour les doter des outils capables de favoriser leur expression et leur auto-organisation. Une politique honnête et responsable aujourd’hui ne devrait avoir comme objectif que de permettre cette émergence authentique, car nos quartiers cristallisent tous les maux et les fléaux liés à la mondialisation ultralibérale irresponsable.
 
 

Socialisme International : Quels sont les obstacles majeurs à la mise en place d’un tel mouvement ?

Abdelaziz Chaambi : Le pré carré de la classe politique française et l’accaparement du pouvoir depuis le Parlement jusqu’aux municipalités et autres syndicats et groupes de pressions.

Un autre obstacle important est le degré de dénuement, d’ignorance et d’assistanat dans lesquels la classe politique a maintenu nos quartiers et leurs habitants. Il faut toute une éducation et une lutte acharnée pour que les gens retrouvent leur dignité, l’envie et les moyens de se prendre en charge. On a habitué les habitants de ces quartiers à parler en leur nom et sans eux, et lorsque certains éléments émergent ils sont récupérés, formatés sinon diabolisés par la classe politique.

Nous avons eu affaire à des élus de la région lyonnaise de droite et de gauche qui sont venus s’asseoir dans les mosquées et les associations, à plusieurs reprises, pour solliciter nos voix et celles de nos proches en nous promettant monts et merveilles et une fois élus, se sont mis à surfer sur la vague islamophobe et raciste en nous diabolisant et en refusant de financer les actions socio-éducatives que nous menions dans les quartiers. Nous savons tous que les élus  subventionnent les associations qui leur sont favorables et leur politique clientéliste fait des ravages car elles met les acteurs dans une dépendance et une complicité comme il s’agit la plupart du temps de leur gagne-pain qu’ils ne peuvent remettre en cause.

Socialisme International : Vous expliquez qu’il y a besoin d’une voix autonome - quel type d’action politique devrait entreprendre le mouvement que vous souhaitez voir surgir ?

Abdelaziz Chaambi : En attendant d’avoir les moyens et le cadre pour un investissement politique autonome, on doit  retourner vers les quartiers et aider à la conscientisation des habitants sur le pouvoir et les capacités qu’ils possèdent pour changer les choses. Nous allons avoir deux années de campagne électorale pendant lesquelles on va encourager les habitants et les acteurs de ces quartiers à présenter leurs propres candidats ou listes, surtout dans les villes où la mobilisation peut faire basculer les choses et les chaises. A défaut d’obtenir ces transformations, nous allons interpeller les candidats et leurs partis au sujet de l’importance qu’ils vont accorder à nos revendications et nos problématiques, et en fonction de leurs réponses et engagements formels, on sera amenés à appeler à voter contre celles et ceux qui les auront ignorés ou négligés.

Nous sommes en train de préparer un Forum Politique et Social des Quartiers Populaires qui sera un temps fort pour l’expression de nos quartiers et qui devrait être un moment historique dans notre chemin vers l’autonomie et l’organisation politique. Plusieurs quartiers de grandes villes ont déjà répondu présents, certains ont tenu à organiser leurs forums sociaux et politiques locaux pour faire un bilan des deux décennies écoulées et faire des propositions y compris en terme d’organisation. Nous souhaitons que le racolage des politiques ne trouve pas d’écho dans ces quartiers car les périodes électorales actuelles sont propices aux arnaques politiques en tous genres.

Socialisme International : Quelles sont vos critiques principales des grands partis de la gauche ?

Abdelaziz Chaambi : Nous sommes, il est vrai, en colère contre la gauche car nous avons été trahis par elle. Son arrivée au pouvoir en 1981 avait suscité de grands espoirs chez nous et nos parents, à qui elle avait promis le droit de vote, grâce auquel nous aurions pu contrebalancer la montée du FN, puis elle fait un hold-up sur une expression politique naissante avec la Marche de 1983 et la moralisation de la question du racisme avec SOS Racisme et plus près de nous avec les Ni Putes Ni Soumises qui n’ont aucune assise dans les quartiers (nous sommes bien placés pour le savoir) et qui ont des moyens considérables pour cracher sur leurs origines et sur le nouvel ennemi fabriqué par la classe politico-médiatique : le jeune arabe de banlieue amalgamé à délinquant, violeur, voileur, intégriste et potentiellement terroriste.

A notre très grande majorité nous sommes des fils d’ouvriers ou de paysans, naturellement portés vers des valeurs de gauche, mais on n’est jamais aussi bien trahis que par les siens n’est-ce pas ?

Socialisme International : Les altermondialistes et la gauche révolutionnaire sont-ils mieux ?

Abdelaziz Chaambi : Nous avons des amis et des compagnons de lutte dans ces organisations, et il existe de grandes différences entre les militants et leurs organisations qui ont leurs propres logiques, leurs calculs politiciens et leurs dépendances ou servitudes vis-à-vis des partis de gauche. Malheureusement, dans ces milieux aussi nous sommes parfois confrontés à une forme de paternalisme, de « charité » dont nous n’avons pas besoin, et à des représentations néo-coloniales : l’affaire du foulard ou l’appel des Indigènes de la République ont été révélateurs en ce sens. J’ai personnellement été sollicité par des jeunes citoyennes musulmanes engagées dans le combat contre la loi du 15 Mars 2004 (dite contre les signes ostensibles, et qui en fait est la loi contre le foulard) qui m’ont fait part de leur colère contre le comportement paternaliste et étouffant de certaines personnalités engagées avec elles dans le combat. Inconsciemment parfois ces amis-es ont des réflexes pour parler à votre place ou en votre nom car ils pensent détenir de manière héréditaire la bonne façon de voir et de solutionner les problèmes, y compris les vôtres, à moins que les représentations coloniales aient traversé les générations et nous considèrent encore comme descendants d’indigènes à qui il faudrait apprendre la civilisation.

Je pense que la légitimité et la force d’une organisation s’obtiennent avec l’appui du peuple et des personnes concernées en lutte et non pas à travers des calculs d’égos ou d’épiciers à l’approche des élections et du vote utile etc…

Socialisme International : Vous parlez de ce que pourraient faire des élus municipaux  - et au niveau national quel pourrait être le relais ?

Abdelaziz Chaambi : Dans notre pays c’est le parlement qui vote les lois et qui peut leur donner un esprit de justice et d’égalité, et réparer des injustices, c’est donc vers ce vecteur de changement qu’on peut se tourner au niveau national. Nous avons la possibilité d’interpeller les candidats sur un certain nombre de thématiques qui nous concernent et prendre des engagements de leur part, ou appeler à voter contre eux si besoin. Puis le jour où nous aurons le potentiel pour faire élire nos candidats nous n’hésiterons pas.

Socialisme International : Quel est votre point de vue sur une initiative comme celle de AClefeu à Clichy-sous-bois ?

Abdelaziz Chaambi : Nous connaissons des militants d’AC le Feu ; ce qu’ils font est intéressant mais pas suffisant, et nous souhaitons les voir partager l’idée fondamentale d’un mouvement politique autonome et voir nos amis révolutionnaires, progressistes, anti-libéraux et altermondialistes soutenir une telle initiative sans chercher à la noyauter.

Je considère que nos amis d’AC le Feu ont une croyance ou confiance mal placée ou surdimensionnée dans la classe politique, et le fait que le président de l’Assemblée Nationale ne les ait pas reçus, et que leur initiative de présenter les cahiers de doléances ne soit pas relayée par les politiques, devrait les amener à plus de lucidité et de réalisme. Ce sont ces mêmes politiques qu’ils ont sollicité qui ont construit et consolidé cette société inégalitaire, et mis en place de manière structurelle les inégalités, les discriminations, le racisme, le sexisme, la justice de classe et ethnique, l’islamophobie, etc.

Socialisme International : Pouvez-vous nous donner quelques exemples du bon travail politique qui est fait dans les quartiers ? Des initiatives que vous aimeriez voir se multiplier ... ?

Il existe un travail de décloisonnement, de lutte contre le repli communautaire, le fatalisme et la désertification politique. Dans les quartiers populaires il existe des militants-tes qui préparent des listes autonomes pour les élections municipales, et qui veulent se confronter à l’exercice du pouvoir et aux responsabilités. L’expérience qui est en train de prendre et qu’il faut encourager consiste d’une part  à organiser des Forums Sociaux et Politiques dans les quartiers populaires pour faire le bilan de la gestion catastrophique de nos quartiers depuis 30 ans et proposer des alternatives et des solutions, et d’autre part combler un vide dans la recherche d’un autre monde ou d’un monde meilleur. Nous nous préoccupons des Forums Sociaux Européens, Africains et Mondiaux, et on oublie l’échelon du quartier qui constitue le véritable laboratoire des politiques destructrices du monde.
 

Socialisme International : On accuse souvent des organisations comme le CMF de « communautarisme ». Pouvez-vous nous dire quelque chose sur le sens d’une telle accusation, qui ne vient pas uniquement des racistes patents ?

Abdelaziz Chaambi : Depuis une vingtaine d’années, des jeunes  français de confession musulmane sont entrés dans une démarche citoyenne, de participation et d’engagement au même titre que les autres citoyens de ce pays. Ce fait relativement nouveau a perturbé les représentations de la classe politique et de la société dans son ensemble, habitués à voir ou à renvoyer les musulmans dans leurs mosquées-caves ou leurs ghettos de post-colonisés. Je me rappelle encore des propos d’un militant politique d’un parti de gauche nous dire « pourquoi vous ne restez pas dans vos mosquées ? » alors que nous étions dans une réunion de travail sur la vie associative et la formation de militants associatifs sur la région lyonnaise.

Le CMF (Collectif des Musulmans de France) dénonce et lutte contre le communautarisme, car il refuse l’enfermement social ou culturel et ne veut en aucun cas de lois ou de dispositions spécifiques à la communauté musulmane ou à toute autre. C’est plutôt nos hommes politiques et nos médias qui voudraient essentialiser les musulmans de ce pays et les réduire à une composante religieuse et culturelle incompatible avec la démocratie et les droits de l’homme. C’est Monsieur Sarkozy qui a parlé de « Préfet Musulman » et de remise en cause de la loi de 1905 et a instrumentalisé le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) que le gouvernement a envoyé en Irak négocier la libération des 2 journalistes français ou qui l’a sollicité pour obtenir une Fatwa de l’UOIF pour condamner la révolte de novembre 2005.

Il est surprenant et choquant que nos partenaires et nos amis politiques acceptent de soutenir et d’encourager un Lula au Brésil, un Chavez au Venezuela, qui sont des chrétiens pratiquants qui se rendent hebdomadairement à l’Eglise, ou des fondateurs Chrétiens de bon nombre d’organisations sociales ou politiques françaises et internationales, et dans le même temps considérer les musulmans comme un tout homogène étranger aux valeurs universelles, à l’émancipation humaine et à la justice sociale. C’est l’état français qui pousse au communautarisme et je terminerai par un exemple lyonnais concernant une école privée musulmane qui doit accueillir les filles exclues de l’école publique et à qui le rectorat refuse de donner l’accord d’ouverture ; c’est parce que l’école publique refuse leurs filles que les parents ont créé ce collège-lycée qui va de fait devenir une structure communautarisée où les musulmans vont se retrouver entre eux, avec une perte indiscutable pour le vivre ensemble et la mixité sociale et culturelle. Nous ne voulons pas d’une société de cohabitation de communautés recroquevillées sur elles-mêmes.
 

Socialisme International : Quelles sont pour vous les références les plus utiles aujourd’hui, au niveau des idées ? Les idées de Karl Marx, ou de Malcolm X, par exemple, ont-elles un écho aujourd’hui ?

Abdelaziz Chaambi : Les deux hommes nous parlent encore aujourd’hui car d’une part il existe un problème de domination et de classe sociale indiscutable, le grand capital mondialisé ne s’est jamais aussi bien porté (un arabe quand il est riche et habite les beaux quartiers n’est pas discriminé même s’il est issu de l’immigration post-coloniale) et d’autre part l’Islam que vivait Malcolm X avant d’être assassiné était un Islam d’ouverture, progressiste portant des valeurs universelles qui n’avait plus rien à voir avec le communautarisme noir et le racisme anti-blanc qu’il avait prôné auparavant.

Propos recueillis par John Mullen
 

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