Dossier : homosexualité et révolution
2004: Le mouvement pour le mariage gay aux Etats Unis
 

Depuis la naissance du mouvement pour la libération homosexuelle, qui jaillit au sein des mouvements radicaux anti-guerre, féministe et noir des années 1960, les homosexuel(le)s aux Etats-Unis ont gagné la reconnaissance sociale et la fin d’une culture anti-gay incroyablement répressive. Aujourd’hui on trouve des homosexuel(le)s partout, au Congrès comme dans les sitcoms à la télévision, et les homos bénéficient, grâce à plusieurs décennies d’activisme, non seulement d’une grande visibilité et d’une dignité retrouvée, mais de services qui vont de cliniques à des librairies en passant par des associations homo/hétéro dans les lycées.

Mais l’égalité n’existe pas encore : des meurtres d’homosexuel(le)s ont lieu chaque année, beaucoup d’homosexuel(le)s qui vivent en dehors des communautés gays florissantes n’osent pas sortir du placard et chaque année électorale la droite agite l’épouvantail du mariage gay, qui pour eux signifie la fin de « l’institution du mariage », à des fins électorales.

Seulement quatorze des cinquante Etats ont des lois qui interdisent la discrimination basée sur l’orientation sexuelle, et trente-cinq pour cent des jeunes sans-abri s’identifient comme « gay, bi- ou trans- ».  Et, naturellement, les couples homos n’ont pas le droit de se marier, ce qui signifie entre autres des frais médicaux supplémentaires, des droits de visite à l’hôpital limités et des impôts plus élevés.

Dans ce contexte, le mouvement pour le mariage homosexuel qui explosa aux Etats-Unis au printemps 2004 nous donne un aperçu du potentiel du mouvement pour les droits des homosexuel(le)s de revendiquer – et gagner – de nouvelles avancées vers l’égalité. En février et mars, des couples gays défièrent les lois des Etats et se marièrent de New York à l’Oregon et au Nouveau Mexique, le mouvement commença à revendiquer davantage que de simples concessions, et il semblait que nous étions sur le point de gagner après un combat de plusieurs décennies. Mais la dissolution du mouvement dans la campagne présidentielle du Parti démocrate en 2004 souligna le besoin urgent pour la gauche américaine de construire et développer une politique indépendante du réformisme des Démocrates.

De l’union civile au mariage gay

Aux Etats-Unis, il n’y a aucune loi fédérale qui autorise ou qui interdit le mariage homosexuel – ce sont les gouvernements et les cours suprêmes de chacun des cinquante Etats qui décident. Malgré, ou à cause de cela, les choses ne sont pas faciles à changer. Comme à l’époque de la ségrégation raciale, l’autonomie des Etats est utilisée par la droite pour contourner les idéaux de liberté et d’égalité qui sont inscrits dans la Constitution fédérale.
Aujourd’hui (mars 2006), le mariage homosexuel n’est autorisé que dans l’Etat de Massachusetts. Dans six autres – le Connecticut, le Vermont, Hawaii, Maine, le New Jersey, et la Californie – il existe quelques droits pour les couples gays et lesbiens. La bataille est loin d’être terminée – dans quinze Etats des législateurs cherchent à amender la Constitution dans le but d’empêcher la reconnaissance des couples du même sexe.

Depuis le début des années 1990, la question du mariage des homosexuel(l)s est devenue le champ de bataille le plus important dans la lutte pour les droits des homosexuel(le)s. Le mariage n’est pas une simple question de reconnaissance sociétale, mais a des implications juridiques très concrètes. Aux Etats-Unis, il existe 1 400 lois différentes qui s’appliquent à des couples mariés – qui vont de réductions d’impôts à des droits de visite à l’hôpital – qui ne s’appliquent pas à des couples non-mariés. En 1993, Hawaii est devenu le premier Etat à décider que le refus du droit de se marier constituait une discrimination aux yeux de la loi ; en 2000 le Vermont autorisa les « unions civiles » - une forme de quasi-mariage qui accorde certains droits (environ 350) mais pas tous.
En 2004, cependant, le mouvement explosa, et pendant deux mois extraordinaires des milliers de couples homosexuels demandaient et recevaient des licences de mariage à la mairie, aux tribunaux et – ce qui est beaucoup plus important – dans la rue.

« C’était comme la fin de l’apartheid »

En novembre 2003, la cour suprême de l’Etat de Massachusetts enfin statua sur une action intentée deux ans auparavant par des employés homosexuels du service de santé de l’Etat. Contre toute attente, la cour décida que l’interdiction faite aux gays et aux lesbiennes de se marier était discriminatoire, et de ce fait elle la jugea interdite par la Constitution de l’Etat, qui garantit l’égalité des droits pour tous les citoyens. Dans son jugement, elle fit explicitement référence aux lois tristement célèbres de l’époque de la ségrégation raciale dans les Etats du Sud.

Cette décision donna le feu vert à une vague d’actions dans tout le pays, en opposition directe à la campagne de George Bush en faveur des « valeurs de la famille » - une campagne qui visait les gays, les lesbiennes et les droits des femmes. Les militants homos étaient prêts à dépasser la revendication du système à deux étages des unions civiles. Valerie Fein-Zachary, présidente de la coalition Freedom to Marry dans le Massachusetts l’exprima ainsi: « Pendant les dix dernières années ils n’ont pas voulu nous accorder des droits. Tout d’un coup ils veulent nous en donner 350 avec leurs unions civiles. Eh bien, nous venons d’en obtenir 1 400. C’est ça la différence entre les unions civiles et le mariage civil. »

Le 12 février 2004, en réponse aux protestations de masse en faveur du droit au mariage, le maire de San Francisco, Gavin Newsom, ordonna à ses employés d’accorder des licences de mariage « sans distinction de genre ». Certains couples avaient déjà pris leurs dispositions, d’autres se sont précipitèrent à la mairie pendant l’heure du repas, mais à treize heures la file d’attente allait déjà jusqu’aux marches du bâtiment. Certains couples avaient mis des robes de mariage, d’autres des costumes, des tiares, des jeans ou des chaussures de sport. Des partisans des droits des homosexuel(le)s dans les Etats réputés conservateurs du Mid-West envoyèrent des bouquets de fleurs. Toni Broaddus, qui s’unit avec sa partenaire de onze ans, dit: « C’est un instant très personnel et un évènement historique incroyable. »

Une des participantes, Kathryn Lybarger, décrivit ainsi ses sentiments: « Cette fois-ci, les larmes venaient de notre réalisation que nous disions « Oui, je le veux » ensemble, pour la première fois dans l’histoire. Mon ami James m’a dit que c’était un peu comme la fin de l’apartheid ou la chute du mur de Berlin. »

Le mouvement pour les droits des homosexuel(le)s, qui s’était enlisé au cours des années 1990 après de nombreuses défaites, prit un nouvel élan. Quand George Bush assura sa base conservatrice la semaine suivante que « le mariage ne peut être séparé de ses racines culturelles, religieuses et naturelles » sans affaiblir la société américaine, et fit la promesse qu’il signerait une loi constitutionnelle interdisant le mariage gay (ce qui aurait comme effet de l’interdire dans tous les Etats), cela provoqua la colère des activistes et dynamisa le mouvement, au lieu de l’intimider.

Des sections syndicales dans le Massachusetts, du syndicat international des employés des services et l’Association des enseignants de Massachusetts au syndicat uni des travailleurs de l’automobile (United Auto Workers Union), votèrent pour soutenir la résolution de l’Etat en faveur du mariage gay ou contre une loi constitutionnelle l’interdisant.

En l’espace de quelques semaines, il s’était crée un espace pour exprimer la colère contre la tentative de la droite de reléguer les homos, les lesbiennes, les bisexuel(le)s et les transexuel(le)s à un statut de citoyens de deuxième zone – et pour revendiquer des droits égaux pour tou(te)s. L’esprit de San Francisco inspira les centaines de personnes qui se rassemblaient devant les mairies de Seattle, de Chicago, de Boston ou de Providence, Rhode Island.  A New Paltz, dans l’Etat de New York, le maire Vert, Jason West, commença à accorder des licences de mariage malgré l’interdiction du mariage gay par l’Etat. Des officiers d’Etat civil à Sandoval County, New Mexico et à Portland, Oregon, marièrent des couples du même sexe. Le 3 mars 2004, deux mille personnes assistèrent à un rassemblement organisé par la Campagne pour les droits de l’Homme (Human Rights Campaign) à Washington. Des activistes aguerris furent surpris de constater qu’ils avaient affaire au mouvement pour la justice sociale le plus dynamique depuis des décennies.

Un nouveau mouvement pour les droits civiques
La cour suprême du Massachusetts n’était pas la seule à établir un lien entre la lutte pour les droits des homosexuel(le)s et le mouvement pour les droits civiques qui réussit dans les années soixante à mettre hors-la-loi la ségrégation raciale officielle dans le Sud des Etats-Unis. Les unions civiles, qui représentaient malgré tout un pas en avant, créèrent un système de droits à deux étages, et le nouveau mouvement poussait dans le sens de l’égalité complète sans aucun compromis.  Pour la nouvelle mariée Cynthia Ricket, dont les propos furent rapportés par le San Francisco Chronicle, « Tout le monde a le droit de s’aimer. Il est grand temps que nous quittions l’arrière du bus » – comme les Noirs dans les Etats du Sud après le geste célèbre de Rosa Parks.

Dès le démarrage du mouvement, il y eut une réaction de la part des défenseurs des « valeurs de la famille » - des groupes qui ont des objectifs politiques clairs de droite et beaucoup d’argent à dépenser. Des organisations comme la Campagne pour les familles californiennes essayèrent de faire voter des lois interdisant le mariage gay au niveau de l’Etat, et exploitèrent le conservatisme de certaines églises afro-américaines dans le but de discréditer l’idée, promue par le mouvement gay lui-même, d’un lien avec le mouvement pour les droits civiques des Noirs des années 1950.
Mais peu d’afro-américains ont été trompés par les bigots. Dans l’Etat de Géorgie, le vote de dirigeants religieux noirs membres de la Chambre des Représentants contre une interdiction par voie constitutionnelle du mariage homosexuel fut décisif, même si la victoire fut temporaire. « Ce que je vois ici est de la haine », a dit Georganna Sinkfield, députée à la Chambre, au New York Times. « Je suis chrétienne, mais si c’est inscrit dans la Constitution, qu’est-ce qu’on va nous faire la prochaine fois ? S’en prendre à des gens aux cheveux foncés ? On est en train d’ouvrir la voie à des gens qui veulent promouvoir leurs propres préjugés. »

Le 16 février, le journaliste afro-américain Derrick Jackson interpella les dirigeants religieux noirs : « Si les pasteurs aujourd’hui reconnaissaient courageusement leur lien avec la cause des droits civiques pour les gays ils découvriraient que cela ne ferait pas de mal. Ils pourraient découvrir que cela leur donnerait des alliés dans leur propre combat pour l’égalité. »

Un personnage aussi prestigieux que Coretta Scott King, veuve de Martin Luther King, répondit aux calomnies de Bush: « Un amendement à la Constitution interdisant les mariages entre des personnes du même sexe est une forme de violence contre les homosexuels et ne ferait rien pour protéger le mariage traditionnel. »
Une minorité à gauche dénonça le mouvement, en argumentant que le mariage était une institution bourgeoise et un produit de la société bourgeoise. Le journaliste radical Alexander Cockburn écrivit : « Pourquoi applaudir quand l’Etat et l’Eglise étendent leur pouvoir, ce qui est le véritable sens du mariage ? L’assimilation n’est pas la libération, et l’évocation de l’ « égalité » comme le fruit de ces mariages gays est une idée qui devrait être critiquée. »

Il est vrai que, en tant que socialistes, nous voulons un monde où l’Etat n’a pas son mot à dire en ce qui concerne la vie privée des gens et où tout le monde est libre de choisir sa façon de vivre. Mais la lutte pour le mariage gay est une lutte pour la reconnaissance légale et sociétale, pour des droits élémentaires et pour la dignité. Gagner ce combat serait un coup porté contre l’homophobie ouverte de la droite conservatrice. La vraie question n’est pas l’institution du mariage, mais la discrimination officielle à l’encontre des homosexuel(le)s.

L’impasse du Parti démocrate

Au cœur du débat à l’intérieur du mouvement il y avait la question stratégique : fallait-il se concentrer sur l’utilisation de moyens juridiques ou continuer la mobilisation dans la rue ? En mars, le gouvernement de l’Etat de Californie obligea la ville de San Francisco d’arrêter d’accorder des licences de mariage. Au lieu de mener un combat contre cette décision, la majorité des groupes gays défendit une stratégie – forcément longue et démobilisatrice – d’appels devant les tribunaux. Une telle politique est enracinée dans le soutien traditionnel de la gauche américaine au Parti démocrate

Le mouvement avait pris son essor dans une période préélectorale, et les Démocrates jouaient sur deux registres – surfer sur le soutien massif au mariage gay sans aliéner leurs sponsors conservateurs. Le candidat démocrate John Kerry, soutenu par d’autres porte-parole du parti, prit position contre une interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel, mais insista que, pour lui,  « le mariage est entre un homme et une femme ». Il déclara, à la manière des ségrégationnistes d’antan, qu’on devait laisser la décision aux Etats, et il défendit l’union civile contre le mariage.

L’attitude de Kerry finit par décourager beaucoup d’activistes, qui attendaient de l’aile « gauche » de l’establishment politique qu’elle soit le reflet du mouvement. Mais l’acceptation de la ségrégation par Kerry n’a rien de surprenant. Parce que les Démocrates sont un parti capitaliste, qui protége l’Etat, les intérêts des grandes entreprises, et le système tel qu’il existe, ils sont condamnés à être « l’équipe B » du système politique américain – le parti auquel on fait appel quand l’aile dure du système, les Républicains, a réussi à aliéner trop d’électeurs. Dans le système rigide bipartidaire américain, où toute tentative de former un parti indépendant à gauche est considérée comme « irréaliste » et créatrice de divisions, la gauche est trop souvent tombée dans le piège tragique de croire que la ligne molle du Parti démocrate est la meilleure dont on peut éspérer.

Cette logique fut exprimée de façon particulièrement tordue par un député ouvertement gay à la Chambre de l’Etat de Massachusetts, Barney Frank. Il demanda au maire de San Francisco d’arrêter d’accorder des licences de mariage à des couples du même sexe parce que « ce n’était pas le moment ».

Malheureusement, beaucoup de militant(e)s de gauche américain(e)s acceptent cette logique du moindre mal, et certains défendirent publiquement la décision de Kerry. Sur le site progressiste Common Dreams, Mark Engler écrivit: « Pour gagner contre Bush, Kerry doit choisir son terrain de bataille. Le mariage gay n’est pas le bon terrain. Il ne s’agit pas d’être cynique. C’est une réalité.  »

Dans les mois qui précédèrent l’élection présidentielle de 2004, la majorité de la gauche américaine accepta cette logique et avança fièrement le mot d’ordre « Tout sauf Bush », en attaquant tous ceux qui osèrent critiquer John Kerry, malgré son programme anti-mariage gay et pro-guerre. Mais la conséquence inévitable d’une telle politique est d’abandonner les objectifs de la gauche à des politiciens démocrates peu fiables, et cela signifia la fin du mouvement pour le mariage gay, quelques mois à peine après la naissance d’un immense espoir.

En dépit des attentes de la base, de sa volonté de se battre et de sa confiance, le mouvement pour le mariage gay – comme une grande partie de la gauche américaine – manquait d’une politique indépendante du Parti démocrate avec un message qui pourrait tenir bon pendant une année électorale intense. Conduit par des organisations modérées dominées par les classes moyennes, comme la Campagne pour les droits de l’Homme, le mouvement tomba dans le camp de Kerry et fut contraint de suivre son soutien doucereux à l’union civile.

A cause de cette position, des politiciens et des groupes d’activistes qui avaient suffisamment d’influence pour élargir le combat firent le contraire. Dans l’Etat de Rhode Island – qui est près de Massachusetts, n’a pas de loi interdisant le mariage gay et où il existe beaucoup d’officiels ouvertement homosexuels – des tentatives de demander des droits de mariage égaux ont été étouffées par des politiciens censés être favorable à la cause des gays. Il y avait beaucoup de raisons de croire que l’Etat verrait la prochaine bataille pour le mariage gay. Cependant, le sénateur Rhoda Perry, qui avait signé un projet de loi en faveur du mariage gay, ne demanda pas qu’il soit mis au vote, en disant : « Nous pensons qu’il serait mieux de ne rien faire cette année. »

Malgré son soutien verbal au mouvement, la Campagne pour les droits de l’Homme – l’organisation pour les droits des homosexuel(le)s la plus importante du pays – dépensa $8-10 millions pour soutenir les campagnes de Kerry et du sénateur Barack Obama, qui disaient explicitement qu’ils ne soutenaient pas le mariage gay. Quand des activistes de Equality California et DontAmend.com  essayèrent d’obtenir le soutien de la Campagne à une caravane trans-Etats-Unis et à une manifestation nationale à Washington en automne 2004, ils obtinrent la réponse que ses militant(e)s étaient trop occupé(e)s par la campagne de Kerry.

La nécessité d’une politique indépendante

La lutte pour le mariage gay de 2004 révéla le talon d’Achille de la gauche américaine – la mainmise du Parti démocrate. Aujourd’hui le mouvement est en désarroi.  Malgré quelques victoires, la tendance est à la réaction. En août 2004, juste avant l’élection présidentielle, la Californie invalida les licences de mariage de plus de 4 000 couples.  La politique du moindre mal avait stoppé l’élan du mouvement et, quand la résistance n’a pu être organisée, la droite a gagné du terrain. Lors des élections de 2004, onze Etats interdirent le mariage gay.

En même temps, la lutte démontre le potentiel qui existe pour l’obtention du droit au mariage gay, ainsi que le soutien d’une grande partie de l’opinion à ce droit. Le mouvement n’a pas seulement mobilisé les activistes, il a changé les idées d’une grande partie de la population. Un sondage du Pew Research Center en mars 2006 conclut que l’opposition au mariage entre des personnes du même sexe a beaucoup baissé à travers le pays et s’élève aujourd’hui à un peu plus de 50 pour cent de la population. L’enquête montre également que le soutien à l’adoption d’enfants par des couples gays et à mener une carrière militaire sans cacher leur sexualité – une pratique qui est illégale depuis une loi du président démocrate Clinton de 1993 – ont également augmenté.

Le désir de gagner des droits égaux ne disparaîtra pas, et le mouvement reprendra peut-être dans un avenir proche. Ce fut sa politique sans compromission et souvent révolutionnaire – et notamment son refus de se dissoudre dans le Parti démocrate – qui permit à la lutte historique des années 1970 (le mouvement « Stonewall ») de gagner autant de victoires. Construire un courant indépendant et une politique révolutionnaire est une tâche à laquelle devra s’atteler aussi bien les organisations qui défendent les droits des homosexuel(le)s mais la gauche américaine toute entière. Comme l’activiste nouvellement mariée Kathryn Lybarger constata en février 2004 : « Nous ne pouvons pas compter sur eux – Kerry ne soutient pas le mariage gay – pour gagner nos droits. Newsom [le maire de San Francisco] n’aurait pas pu faire ce qu’il a fait si le public ne nous soutenait pas largement. Nous devons construire un mouvement sur la base ce soutien, et sur le nouvel espoir et la confiance qui ont émergé, pour défendre nos gains et gagner des droits civiques complets. »

Jessie Kindig

Jessie Kindig milite à l’International Socialist Organization  aux Etats-Unis. Elle a écrit cet article pour Socialisme International. Traduction de Claude Meunier.
 

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