Comment faire avancer le mouvement altermondialiste ?

Susan George
SUSAN GEORGE est née aux Etats-unis, mais vit depuis longtemps en France. Auteur d'une douzaine de livres, elle est Directeur associé du Transnational Institute (Amsterdam), et Vice-Présidente d'ATTAC France. Son livre le plus récent est Un Autre Monde est Possible si... (Fayard, 2004).

« Comment faire avancer le mouvement ? » est la seule question qu’il vaut vraiment la peine de discuter, parce qu’elle signifie en même temps « comment faire reculer nos adversaires » jusque à ce qu’ils tombent de la falaise. Je vais me limiter ici à quatre points qui sont, me semble-t-il, les clés du succès : PRogramme, PRiorités, PRagmatisme – et enfin les PRécautions à prendre.

Je commencerai par le PRogramme au sens étroit des activités qui ont lieu pendant nos Forums sociaux. Ces Forums sont les points forts de notre année et devraient être le reflet à la fois de notre évolution et du meilleur de ce qu’on est capable de faire. J’ai été encouragée d’apprendre que le Forum Social Mondial de 2005 à Porto Alegre n’aura pas de séances plénières du tout afin de se concentrer sur les séminaires et les ateliers, car c’est ceux-ci qui nous donnent la meilleure chance d'avancer. Décider qui va prendre la parole, à quel endroit, sur quel thème et avec qui ; savoir combien d’orateurs doivent être alloués à chaque pays et à chaque organisation, tout en les mélangeant soigneusement selon leur genre, leur couleur, leur hémisphère d’origine et (je suppose) leur croyance religion, orientation sexuelle, taille, poids et Dieu sait encore – tout cela s’est avéré une perte colossale de temps et d’argent pour tout le monde.

Les Forums sociaux ont le grand mérite de rassembler beaucoup de mouvements qui n’ont pas forcément l’habitude de travailler ensemble et de les obliger de le faire, au nom d'une cause commune. Peut-être que certains individus ou certaines organisations ont besoin de se faire de la publicité à travers ces séances plénières, mais le mouvement n’a plus besoin (et nous n’avons d’ailleurs peut-être jamais eu besoin) de ce genre de "show".

On peut dire la même chose au sujet des discours rituels dans lesquels nous redisons ce que nous savons déjà et montrons du doigt les coupables habituels. Nos thèmes manquent d’originalité : la guerre et la paix, la démocratie et les droits fondamentaux, la pauvreté et les inégalités … . On devrait savoir, qu’étant des femmes et des hommes convenables, nous sommes pour certaines de ces choses, et contre d’autres. Je pense également que nous savons à peu près ce qui ne va pas dans ce monde et qui sont les responsables. Qu’est-ce qu’on peut dire d’original au sujet des horreurs de la guerre, de la dévastation provoquée par la dette, des maux de l’impérialisme ou de la guerre ? Nos réponses à ces questions sont en train de devenir prévisibles, voire pavloviennes.

S’il existe des gens qui ne savent rien du tout de ces problèmes (ce dont je doute fort), nous devrions organiser des stages à leur intention. Mais lors des Forums sociaux, j’espère que nous nous arrêterons de manœuvrer pour avoir les meilleurs créneaux et éviterons de nous répéter sans cesse, et que nous nous organiserons à l’avance pour discuter de ce dont nous avons vraiment besoin de discuter.

Je suis également consternée de constater que les programmes des Forums sociaux ont tendance à ne pas se focaliser sur la question clé : celle du pouvoir. Si nous allons continuer à avoir toutes ces séances plénières, elles devraient au moins aider ceux qui nous écoutent à mieux comprendre ce que les puissants de ce monde nous préparent si nous ne réagissons pas assez rapidement et assez intelligemment pour les empêcher. Nous devons reconnaître qu’ils sont beaucoup mieux organisés que nous. Ils ont la Commission européenne et l’UNICE (l’organisation patronale  européenne), le gouvernement des Etats-Unis, le Transatlantic Business Dialogue et les Clubs de Paris et de Londres (qui traitent de la dette publique et privée du Tiers Monde), l’évasion fiscale et les méga-fusions des compagnies transnationales, la liberté des marchés financiers, l’OMC et l’AGCS. Quelles ripostes sommes-nous en train de développer lors de nos Forums sociaux ? Et bien, nous condamnons régulièrement, il est vrai, avec une belle rhétorique, la guerre, la pauvreté, les violations des droits humains, les bénéfices obscènes etc. Je suis sûr que nos adversaires tremblent dans leurs bottes faites main !

Si l'on fait l'effort de se déplacer pendant trois ou quatre jours, cela devrait être profitable à la fois sur le plan intellectuel et politique, non seulement pour ceux qui font le déplacement mais également pour mouvement. On devrait logiquement passer notre temps dans des séminaires et des ateliers réellement orientés vers une meilleure compréhension de nos adversaires et vers la définition des stratégies et des actions collectives qui ont le plus de chances de rendre leur vie insupportable. Comme un penseur politique un peu démodé du 19ème siècle aurait pu dire : «

Nous avons identifié et interprété les cibles, l’important c’est de les atteindre. »
Selon moi, si nous voulons faire avancer l'altermondialisme, c’est maintenant qu'il faut définir un programme commun minimum sur lequel chaque activiste au monde (ou en Europe ou dans d’autres régions selon le cas) peut se mettre d’accord et pour lequel nous pouvons mener des campagnes et exercer une pression immédiatement. Nous avons besoin de déterminer collectivement des cibles dans les structures du pouvoir. Certains activistes prétendent que cela nous condamnerait à une uniformité stérile. Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. Des gens dans des endroits différents continueraient naturellement à mener leurs luttes locales et nationales. Mais aussi longtemps que le but de notre mouvement est de combattre la mondialisation néo-libérale et ses effets destructeurs, dire que nous devons décider quel genre de mondialisation nous voulons et préciser ce contre quoi (et pour quoi) nous allons nous battre est presque une tautologie. Sinon, pourquoi les gens prendraient-ils la peine de nous écouter, sans parler de nous rejoindre ?

Quant à l’Europe, si nous voulons sauver ce qui reste de nos services publics et du modèle social européen, nous devons cibler des mesures comme la directive Franken/Bolkestein et l’AGCS. L’Etat-providence, quoique jamais complètement réalisé, est une des plus grandes conquêtes humaines. Il pourrait servir d’exemple pour le monde entier. Pourquoi les citoyens de tous les pays n’auraient-ils pas les mêmes droits – pas de la charité mais des droits –, dont ceux d’avoir un emploi ou de bénéficier d’indemnités décentes si cela n’est pas possible, d’avoir du temps pour les loisirs et la famille, d’avoir une éducation gratuite à tous les niveaux, d’avoir accès à la culture et aux soins médicaux, de vivre dans un état de droit ?

Je suis prête à discuter d’autres priorités. Les maux de la planète nécessitent des remèdes à l’échelle planétaire et seulement une campagne internationale peut nous permettre de les imposer. Nos adversaires sont souvent organisés globalement et ils agissent de façon cohérente, alors que la plupart du temps nous ne le faisons pas. La Banque mondiale, le FMI et l’OMC ont une stratégie universelle, tout comme les compagnies et les banques transnationales (au moins prises individuellement), et même le Forum économique mondial de Davos, quoique composé de beaucoup d’individus différents, marche au rythme du même tambour néo-libéral. Comment le mouvement peut-il marquer des points contre des institutions aussi puissantes s’il reste dispersé, s’il continue à travailler sur mille questions différentes sans jamais s’unir pour lutter ensemble autour d’une seule ?

MOUVEMENT CONTRE LA GUERRE

Une des actions les plus efficaces de ces dernières décennies fut la manifestation mondiale du 15 février 2003 contre la guerre en Irak. Peut-être parce que nous n’étions pas capable d’arrêter la guerre (personne n’aurait pu le faire), les gens l’ont peut-être classée comme un échec ; ils n’ont pas réfléchi assez sur sa signification. Le 15 février fut une première historique. Pendant la guerre du Vietnam, après des mois ardus d’organisation et d’appels téléphoniques transatlantiques très chers, il fut parfois possible d’organiser des manifs simultanées en Europe et les USA, mais jamais à l’échelle du 15 février.  En 2003 il n’y avait pas que des Européens et des Nord-Américains, mais des Latino-Américains, des Africains, des Asiatiques, des Australiens, des habitants de beaucoup de pays musulmans – chaque continent y participa, y compris l’Antarctique, grâce à une mission scientifique. Nous devons maintenant essayer de mobiliser des forces semblables et faire preuve de la même unité au nom de la justice globale et les mettre à la une des journaux.

Cependant, même en supposant que les gens comprennent la signification du vieux cliché, « l'unité, c'est la force », nous devons définir nos priorités avec précision : nous ne pouvons pas avoir un programme international qui ressemble à une liste de blanchisserie. Aussi persuadé que chaque activiste soit que sa cause préférée est la plus importante de l’univers connu, nous devons toujours réfléchir un peu plus sur ce qui est faisable ensemble, maintenant qu’on a enfin un mouvement global ; en d’autres termes, nous devons procéder avec … PRagmatisme.

Ceci signifie que nous devons réfléchir sur comment nous pourrions commencer à gagner, au lieu d’éparpiller nos ressources humaines et matérielles.

Le pragmatisme commence par poser des questions appropriées : Quel sont les points faibles de l'adversaire ? Lesquelles de nos campagnes sont les plus à même de toucher les nerfs de nos dirigeants ? Quelles sont les contradictions du système global capitaliste les plus aiguës ? Quelles sont les questions qui nous aideront à recruter le plus d’alliés ? Quelles revendications provoqueraient le moins d’hostilité de la part de la presse ? Quelle victoire fournirait le plus de bien au plus grand nombre et nous donnerait une rampe de lancement pour nos prochaines campagnes ?

Ne devrait-il pas être possible, cinq années après Seattle, de se mettre d’accord sur une, à la limite deux questions où nous sommes forts et qui nous permettraient de tirer avantage de leurs points faibles, puis de mener une campagne autour d’elles, tous ensemble ? Je ne suis pas sure que le mouvement ait atteint la maturité nécessaire pour le faire, mais je suis certaine que nous devrons au moins essayer de savoir si c’est la cas, ou pas.

Soyons lucides : malgré quelques revers mineurs et en général temporaires, nos adversaires sont toujours en selle. Nous avons sérieusement besoin d’une grande victoire qui serait visible pour tout le monde – une victoire qui les pousserait un peu plus près du précipice.

Je répète : un tel choix ne signifie pas abandonner toutes nos autres campagnes permanentes -  seulement que tout le monde comprenne que quand nous avons besoin de pousser tous ensemble dans le même sens, quand il y a des manifs à organiser, des officiels à assiéger et des gouvernements à harceler, alors ces activités sont la priorité pour tout le monde. Pour qu’un tel projet réussisse, nous aurions besoin d’une espèce de comité international de coordination élu.

Ne pourrions-nous pas essayer de développer cette idée lors des prochains Forums sociaux ? Naturellement, personne ne peut garantir qu’une telle stratégie nous donnerait la victoire, mais il semble évident que nos adversaires savourent chaque instant où nous restons dispersés.

CIBLER LA DETTE

Mon propre panier de priorités globales inclut l'annulation de la dette, la taxation internationale associée à une redistribution démocratique pour aller vers un Etat-providence universel, la lutte contre le réchauffement de la planète et la destruction de l'écosystème, la sécurité et l'indépendance alimentaire, la protection et l'amélioration des services publics (y compris la fin de l'AGCS), une révision totale des institutions financières internationales et la création d'une Organisation internationale du commerce sur les bases proposées par J.M. Keynes il y a 60 ans. Nous avons également un besoin urgent de contester la puissance et l’influence des Etats-Unis. Au nom du pragmatisme, je serais heureuse de limiter ces sujets méritants à une ou deux priorités globales et j’espère que d’autres personnes feraient preuve d’autant de flexibilité.

Par exemple, la dette pourrait être la meilleure cible, d'un point de vue politique et stratégique. Avant l'autodestruction de Jubilee 2000 (selon moi une des pires erreurs stratégiques de ces dernières années) il était devenu apparent que les politiciens étaient sur la voie d’être obligés d’agir. Aujourd’hui la pression s’est relâchée et les pays débiteurs sont toujours aussi asservis.

A ce propos, je pense que nous devons interroger fermement quelques unes des ONG les plus importantes et les plus puissantes qui semblent penser que ceux qui les soutiennent s’ennuient tellement et sont si versatiles qu’elles doivent changer de campagne tous les deux ans ou prendre le risque de voir leurs soutiens financiers disparaître. Sinon je ne comprends pas pourquoi elles ont abandonné la question de la dette juste au moment où les gouvernements et les institutions financières internationales étaient forcés de faire des promesses importantes d’annuler la dette – des promesses sur lesquelles, inévitablement, ils sont revenus aussitôt qu’ils en ont eu la possibilité. En attendant, l’Afrique sub-saharienne est toujours en train de verser $28 000 par minute pour rembourser la dette. On  pourrait équiper un bon nombre d’écoles et de cliniques avec toute cette petite monnaie.

La dette (et les programmes d'ajustement structurel qui vont avec) aurait beaucoup d'avantages comme cible d'une campagne. Elle est sans aucun doute un des facteurs que contribuent le plus à la faim, à la détérioration des systèmes de santé, d’approvisionnement en eau et d’éducation, à la baisse brutale des prix des matières premières, au transfert des services publics aux grandes entreprises privées, à la mobilité des capitaux et, de façon générale, au pouvoir énorme qu’exercent les pays du Nord sur les choix politiques du Sud. La dette constitue un système de domination  beaucoup plus intelligent que le colonialisme, car elle ne nécessite aucune police, ni armée, ni administration coloniale et rapporte même des revenus. L’annulation de la dette pourrait être liée à un système qui imposerait que les économies créées soient utilisées selon des priorités déterminées par les populations concernées (ce que j’appelle la « conditionnalité démocratique »).

J'ai travaillé personnellement sur le sujet de la dette pendant plus d'une décennie à partir de 1984, mais aujourd'hui j'y consacre peu de temps et m'intéresse plus à d'autres sujets comme l'OMC, l'AGCS et, dans une moindre mesure, les OGM. Mais je serais contente de manifester haut et fort pour l'annulation de la dette de nouveau si le mouvement dans son ensemble se mettait d'accord sur l'objectif, une stratégie et un planning. Ou bien sur une autre question – et Dieu sait qu’une campagne contre le réchauffement de la  planète est urgente – si quelqu’un peut avancer des arguments convaincants. Mais quelque soit le sujet, il est urgent de se décider, d’établir une priorité claire et de commencer.

J'arrive maintenant à un autre mot en PR : PRécaution. Pour faire avancer le mouvement, il est important de ne pas se perdre dans des abstractions telles "briser le pouvoir du  marché" ou "renverser le capitalisme".  N'importe quel objectif prioritaire, s’il nous permet d’obtenir une victoire, va forcément réduire le pouvoir du marché et du système capitaliste néo-libéral. Je ne suis ni assez romantique (ni assez imprudente ?) pour croire qu’on peut faire tomber le capitalisme d’un seul coup. Il n’y  a pas de Palais d’Hiver et par conséquent on ne peut pas le prendre. Quelques jours après le 11 septembre, Wall Street était de nouveau très en forme.
Si on pouvait gagner sur la question de la dette, par exemple, ce serait une victoire partielle certes, mais elle aurait été obtenue contre les banques qui continuent à recevoir des intérêts confortables, contre les grandes entreprises qui espère de nouvelles privatisations, contre le FMI, la Banque Mondiale et leurs cohortes d’ajusteurs structurels, contre les gouvernements du Nord, et en particulier contre les USA, contre le consensus de Washington. Ce serait une victoire pour le Sud et, si la question de la “conditionnalité démocratique” pouvait être réglée correctement, pour les peuples des pays actuellement endettés qui auraient enfin le droit de choisir leurs propres priorités et de contrôler l’utilisation de l’argent.

Pour terminer, j’aimerais ajouter un mot d'avertissement. J’ai vécu un autre mouvement, contre la guerre au Vietnam et contre toutes les horreurs d’où elle a surgi. Nous avons essayé de lutter contre le racisme et le sexisme, et d’aller vers la paix, la décolonisation et la justice sociale. Puis, vers le milieu des années 1970, le mouvement a faibli et disparu.
Les `hippies' sont allés là où vont les hippies (souvent aux agences de publicité ou aux banques), et on a compris que leur but depuis le début avait été pareil que celui de la majorité, c’est-à-dire, la  gratification individuelle et la consommation (quoique la consommation de substances différentes). Les structures du mouvement anti-guerre qu’on avait construites avec tant de difficulté se sont effondrées. Puis tout d’un coup Maggie était à Downing Street et Ronnie à la Maison Blanche.

Personne ne sait exactement pourquoi des mouvements surgissent mais il est certain qu'ils sont fragiles et peuvent être éphémères. Je pense que parmi les causes principales de leur disparition on peut énumérer l’ennui, le découragement et une certaine forme d'égoïsme. Les gens s’ennuient et se découragent s’ils ne gagnent jamais. L'égoïsme n’est pas obligatoirement celui des hippies (laissez-moi fumer de l’herbe, je me fiche du monde). Il peut aussi prendre la forme d’un refus de mettre de côté sa cause préférée (aussi importante soit-elle), même pour un temps court, pour travailler avec d’autres sur une campagne globale capable de gagner.

Mais j’ai de l’espoir. Le mouvement est composé de gens remarquables avec énormément de talent, de connaissances et d’endurance. Si collectivement nous sommes assez intelligents, assez mûrs, assez déterminés pour préférer gagner à cette forme d'égoïsme, nous avons des chances. Et ce serait, pour introduire un dernier mot en PR, un réel et important … PRogrès.

(1) Paru en anglais dans Anti-capitalism: Where now ?, sous la direction de Hannah Dee, Bookmarks Publications, Londres, octobre 2004. Disponible sur le site Internet de Susan George http://www.tni.org/george/ Traduction pour Socialisme International de Colin Falconer. Cette version a été légèrement abrégée pour des raisons de place.
Traduction : Claude Meunier
 
 

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