Le Marxisme, c'est pas sorcier.
La future société socialiste

Cet article est paru dans Socialisme International

"Mais il y aura toujours des crises." "L'économie est trop complexe pour contrôler." "Les travailleurs ne pourraient pas l'organiser mieux."

Telles sont les objections que nous rencontrons souvent face à notre affirmation que c'est le contrôle par en bas de la production par ceux qui travaillent qui est l'élément clé pour pouvoir éliminer les absurdités et les obscénités du système économique actuel.

Il faut dire que de telles idées arrangent bien à ceux qui ont déjà le pouvoir. Sous le capitalisme on nous dit sans arrêt que nous ne pouvons pas comprendre la société dans son ensemble. Il faudrait faire confiance aux experts (économistes et politiciens), et si leurs politiques maintiennenet toujours les mêmes en haut, (les riches), c'est sans doute naturel, sinon les experts nous l'auraient dit.

Tout cela semble naturel, car il surgit de l'expérience quotidienne des gens. Nous avons l'habitude de vivre soumis aux exigences du système économique, de ne pas pouvoir acheter ce que nous voulons, ni contrôler notre propre travail, ni vivre comme nous le souhaitons. Lorsque nos gouvernements nous disent qu'il faut réduire les budgets sociaux ou les salaires "pour respecter les grands équilibres économiques", des millions de gens le croient. Tout comme, dans les sociétés passées il semblait naturel de voir sa vie contrôlée par les hasards du sang (royal, noble ou serf, patricien ou esclave), et presque personne pensait à remettre ces idées en cause, aujourd'hui "l'économie" - c'est à dire la domination du profit - nous semble naturelle.

En réalité l'économie pourrait être simple. On calcule les besoins d'un produit (disons les chaussures). On en produit en quantités suffisantes, et on les distribue. Les gros problèmes "inextricables" du capitalisme sont incroyablement faciles à résoudre une fois que le profit ne règne plus sur la société. Une fois le profit détrôné, nous entrons dans une époque où les êtres humains contrôlent la production et l'économie, au lieu d'être contrôlés par ceux-ci. Nous appelons cela le socialisme.

Dès la prise de pouvoir des travailleurs, certains fléaux peuvent être supprimés. La misère des sans-abris dans les grandes villes sera éliminée du jour au lendemain en leur donnant les milliers de logements vides que les propriétaires n'ont pas voulu ou n'ont pas pu louer à cause de l'état du marché. Les chômeurs pourront tous travailler à produire des richesses, produisant ce dont ont besoin les pauvres au lieu de sombrer dans l'inactivité et la pauvreté car ce qu'ils auraient produit ne peut pas se vendre sur le marché.

Les transports publics gratuits et massivement développés résoudront extrêmement rapidement les problèmes de circulation. Le gaspillage massif des ressources dans l'armement n'aura plus lieu à exister. La guerre du golfe a coûté 6 milliards de francs par jour, et ce chiffre nous donne une idée des ressources que nous pourrons mettre à des fins utiles.

Le socialisme enlèvera également le gaspillage inhérent à la concurrence capitaliste : la manufacture de dizaines de lessives et de voitures différentes mais essentiellement identiques, la publicité et les produits de luxe pour les riches. Le travail gaspillé dans les secteurs comme les assurances et les finances ne sera plus nécessaire et les expertises pourront être utilisées autrement. Ces secteurs sont des secteurs non-productifs qui surgissent de la société de classe - aucune necéssité d'assurances si la société a décidé de donner tout le nécessaire pour vivre à ceux qui en ont besoin. La qualité et la productivité du travail seront également beaucoup améliorée car pour la première fois les producteurs auront un intérêt direct à leur travail.

L'annulation immédiate de la dette des pays du Tiers-Monde donnera les bases pour un développement réel des ressources de ces pays.

Une des causes fondamentales des crises capitalistes est la "surproduction", due au fait qu'il n'y a pas d'acheteurs pour les marchandises. Ce problème disparaîtra sous le socialisme. Ce que le capitalisme a pu faire dans les pays développés pour l'eau courante - la fournir gratuitement et en quantité suffisante pour tous - nous pourrons faire pour toutes le nécessités de la vie.

Les progrès technologiques, au lieu de donner lieu à une surproduction, un chômage massif et une crise économique, seront utilisés pour réduire le temps de travail, et donner ainsi la possibilité aux travailleurs de développer leur éducation, leur culture et leurs loisirs, et de participer largement aux débats et aux décisions sur la vie sociale.

Les taux d'intérêt ne nous causeraient plus de problèmes, car une société socialiste rejettera l'idée selon laquelle il est raisonnable que la minorité qui a déjà beaucoup d'argent puisse la voir grandir sans travailler. Les investisseurs ne nous feront plus peur, car tout le monde décidera où mettre les ressources de la société, pas seulement une minorité de grands riches. La spéculation sera impossible.

Au lieu de la situation actuelle, où l'économie contrôle les gouvernements, les "gouvernements" socialistes, faits de délégués des conseils de travailleurs, élus, révocables et sans privilèges, assureront l'adéquation entre besoins humains et travail humain.

Nous ne devrons plus nous soumettre à l'économie, nous priver pourque vive le profit. Nous serons passés de l'époque de la nécessité à l'époque de la liberté. Et très vite, les nouvelles générations verront "l'économie capitaliste" dans leurs manuels d'histoire comme le produit d'une époque bizarre, comme nous considérons aujourd'hui la sorcellerie ou le droit divin des rois.

John Mullen
 

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