Grande Bretagne
 

Emergence de Respect, une nouvelle force à gauche

L’émergence aux élections législatives en Grande-Bretagne de RESPECT (the Unity Coalition)1, n’a pas la même ampleur que la victoire du Non à la Constitution Européenne en France. Il n’empêche que cette expérience originale mérite toute notre attention.

Ce projet, qui a été lancé en janvier 2004, a souvent suscité une hostilité irrationnelle. La gauche française était alors en pleine crise du « foulard » avec l’introduction de la loi sur les signes religieux à l’école et les débats houleux qui ont traversé des organisations comme la LCR, les mouvements féministes, anti-racistes et autres. Le Socialist Workers Party (SWP), qui est la principale force politique organisée au sein de la Coalition, a été accusé de « provocations » lors des Forums Sociaux Européens à Paris en 2003 et à Londres en 2004, à cause de ses attaques contre la loi sur le foulard et l’attitude de la majeure partie de la gauche française. La participation de Salma Yaqoob, militante de la Stop the War Coalition et jeune femme voilée, au FSE puis à RESPECT a été un choc pour bon nombre de militants français.2

A Socialisme International, nous pensons qu’il est tout à fait normal pour les révolutionnaires de chercher des alliances chez les populations opprimées, y compris celles qui se définissent – ou sont définies – par leur appartenance à un groupe religieux. Nous ne pensons pas que RESPECT puisse servir de modèle pour la construction d’une nouvelle force anti-capitaliste en France. Il ne s’agit pas de calquer un quelconque modèle « anglo-saxon » sur les réalités sociales et politiques françaises. Mais le chemin parcouru par les militants anglais peut nous indiquer des pistes à suivre, dont justement l’ouverture vers des groupes opprimés à cause de leurs origines ou leurs croyances. Il y a des traditions qui pèsent lourdes et qu’il faut savoir remettre en cause.

Le but de l’article qui suit n’est pas de porter un jugement définitif sur cette tentative de création d'une nouvelle force politique à gauche, et encore moins de faire un pronostic. Nous espérons qu’il aidera les militants français à mieux apprécier ce qui a été réalisé et peut-être à réfléchir sur les éventuelles leçons pour notre propre pratique. L’auteur est membre de la LCR dans le département 93.

En Grande-Bretagne, la troisième victoire de Tony Blair et le bruit autour de la présidence de l'Union européenne du très charismatique dirigeant travailliste, ne doivent pas nous faire oublier les véritables leçons des élections législatives britanniques qui ont eu lieu le 5 mai dernier. Le New Labour a en effet subi une perte nette de 47 sièges, et une érosion importante de son électorat.

 Il passe de 41 % des suffrages exprimés à moins de 36 %, ne conservant que trois points d’avance sur les conservateurs, malgré l'incapacité chronique de ceux-ci à trouver une direction et une ligne politique crédibles. Les libéraux-démocrates, avec 22 %, améliorent leur score de quatre points. A l’avis même de beaucoup de responsables travaillistes, un grand nombre de ceux qui ont voté pour le parti de Blair l’ont fait « avec un pince à linge sur le nez ».

Le Labour conserve malgré tout une avance de 62 sièges sur tous les autres partis réunis, grâce au système électoral selon lequel le candidat qui arrive en tête dans une circonscription enlève le siège quel que soit son pourcentage des voix, mais aussi grâce à un découpage des circonscriptions qui lui est très favorable.

Le Parti travailliste n’a pas complètement cessé, au moins d’un point de vue sociologique et institutionnel, d’être un parti ouvrier. Il a conservé des liens forts avec les syndicats, qui continuent à fournir une grande partie de ses revenus et le caractère ouvrier de son vote n’a pas disparu, malgré un glissement certain depuis 1997, l’année de l’accession au pouvoir de Tony Blair.3

Les électeurs de gauche n’avaient jusqu'ici effectivement le choix entre les travaillistes – associés malgré tout aux grandes réformes sociales de l'après-guerre –, le Parti conservateur – toujours très marqué par l'héritage thatchérien – et les libéraux-démocrates, nés de la fusion du vieux Parti libéral avec une partie de l’aile droite sociale-libérale du Parti travailliste. Les ‘Lib Dems’ ont souvent joué le rôle de passerelle entre la gauche et la droite, et leur présence sur la scène politique nationale et locale permet aux électeurs déçus du parti au pouvoir d’émettre un vote de protestation sans contenu réel.

Depuis les années 1940, quand le petit Parti communiste possédait de solides assises4 dans quelques régions (l’est de Londres, grâce notamment à ses activités pour organiser les chômeurs et contre les Nazis d’Oswald Mosley, des bastions écossais et gallois du syndicat des mineurs …), aucune force politique sérieuse n’a pu voir le jour à gauche du Parti  travailliste. L'influence des idées réformistes, les contours flous du Labour Party et ses liens avec les organisations de masse, le choc créé par la disparition des régimes dits « socialistes », le système électoral lui-même (sans parler de la persistance d’idées néo-libérales, voire carrément réactionnaires et racistes, l’influence de la presse dite ‘populaire’, etc.) ont été – et sont – autant d’obstacles à l’émergence d’une véritable alternative à gauche.

Encore aujourd’hui, il serait dangereux de sous-estimer non seulement l’attrait du « blairisme » mais le poids des idées réactionnaires qui rendent difficile toute tentative de créer un parti anticapitaliste de masse en Grande-Bretagne, comme ailleurs. Ainsi, Blair a beaucoup insisté sur l’importance des mesures sécuritaires et anti-immigrés déjà prises par son gouvernement – une politique qui va être renforcée dans les années à venir si suffisamment de députés travaillistes ne se révoltent pas – et la droite renchérit en évoquant la « menace » pour les conditions de vie des gens « respectables » de l’immigration « excessive » et de la présence de demandeurs d’asile et de gens du voyage. 5

Même en tenant compte de toutes ces réserves, le premier ministre britannique, tenu par des millions de Britanniques pour responsable de l’entrée en guerre de son pays, et critiqué – quand il n’est pas détesté – pour leur avoir menti avant la guerre, sort affaibli de ses élections – d’autant plus que la situation économique du pays n’est pas aussi bonne que beaucoup de libéraux français prétendent. La consommation au mois d’avril a été à son niveau le plus bas depuis dix ans, le surplus budgétaire d’il y a quatre ans s’est transformé en un déficit de près de 3 % et  le chômage a légèrement augmenté.
 

C’est dans ce contexte – impopularité et affaiblissement du gouvernement de Tony Blair, et absence d’une alternative crédible à droite – que, pour la première fois depuis 1945, un candidat représentant un parti à gauche du Parti travailliste a remporté un siège à la Chambre des Communes. Se présentant sous l'étiquette de RESPECT dans une circonscription (Bethnal Green et Bow) située dans une commune de Londres (Tower Hamlets) réputée être la plus pauvre du pays, George Galloway – ancien député travailliste, expulsé du parti pour ses prises de position contre la guerre en Irak – a battu la députée sortante, une fidèle de Tony Blair. 6

La décision de présenter Galloway dans cette circonscription a été prise tardivement, et il y a quelques mois non seulement il y était personnellement inconnu, mais RESPECT n’y existait quasiment pas. Certes, Galloway bénéficiait d'une notoriété nationale, mais il avait face à lui une députée sortante très en vue qui a reçu le soutien non seulement de l'appareil travailliste national, mais aussi du maire de Londres, l'ex-rebelle « de gauche » Ken Livingstone, ainsi que d’une bonne partie de la presse nationale, qui à tenté par tous les moyens à le discréditer.

Ce qui rend les résultats de RESPECT significatifs n’est pas l'impact global (68 000 voix dans 26 circonscriptions sur les 569 que comptent l’Angleterre et le Pays de Galles),7 mais le fait que le parti a démontré qu’il a le potentiel de briser le moule du système électoral. Celui-ci rend en effet extrêmement difficile l’émergence d’une nouvelle force politique. Aucun scrutin national à la proportionnelle ou à deux tours ne permet à un petit parti d’additionner tous ses sympathisants et de profiter d’une large couverture médiatique, comme cela a été le cas pour l’extrême gauche en France avec les « succès » d’Arlette Laguiller et d’Olivier Besancenot.8

La seule façon de réussir sur la scène politique britannique est d’arriver en tête de tous les candidats dans au moins une circonscription – ce qui a été fait le 5 mai. Certes, cela s’explique en partie par « l’effet Galloway », mais cette victoire n’est pas complètement isolée. Trois autres candidats de RESPECT sont arrivés en deuxième position après le candidat travailliste, et un quatrième en troisième position. Salma Yaqoob obtient 27 % à Birmingham Sparkbrook, Abul Khaliq Mian 21 % à East Ham, Lindsey German 19,5% à West Ham, Oliur Rahman 17 % à Poplar et Canning Town (ces trois dernières circonscriptions sont voisines de celle de Galloway). S’agissant d’un parti créé il y a un peu plus d’un an, ses résultats sont uniques dans l’histoire politique britannique.

La décision de RESPECT de concentrer ses ressources sur un petit nombre de circonscriptions, et en particulier de miser sur une victoire de Galloway à Bethnal Green, a fait grincer pas mal de dents. Elle s’est en tout cas avérée réaliste.9 Pour beaucoup de commentateurs, c’est la victoire de RESPECT à Bethnal Green qui est l’événement le plus significatif de ces élections, en dehors de la réélection de Blair et la confirmation de la montée des libéraux-démocrates. Pour la gauche, cette victoire a en plus valeur de symbole, car c’est dans cette même partie de la proche banlieue de Londres que l’ancêtre de l’actuel Parti travailliste, l’Independent Labour Party, a eu ses premiers succès électoraux à la fin du dix-neuvième siècle.

Le discours très dur contre Blair qu’a prononcé Galloway le soir des élections, et sa performance étonnante quelques semaines plus tard devant une Commission d’enquête du Sénat des Etats-Unis, ont confirmé la remarquable impression faite au fil des mois par le député de RESPECT. Malgré une certaine hostilité au départ, due en partie à des réflexes sectaires mais aussi à la personnalité quelque peu controversée de Galloway, la plupart des tendances de la gauche radicale en Grande-Bretagne, y compris celles qui sont restées à l’écart de la nouvelle coalition, ainsi que des partis de gauche dans d’autres pays, comme Rifondazione en Italie, le PSOL au Brézil et le Bloc de gauche au Portugal, ont salué son élection et exprimé le souhait de collaborer avec le nouveau parti. 10

RESPECT ne sort évidemment pas de nulle part. L’élection en 2004 de deux conseillers municipaux (un  à Londres et l’autre à Preston dans le nord de l'Angleterre), la participation de syndicalistes connus, une campagne énergique et très visible, la défection de quelques responsables locaux travaillistes (dont une petite poignée d’élus locaux), le soutien de personnalités et d’associations musulmanes, sont autant de signes d’un début d’implantation réelle, même si dans des régions entières le parti reste quasi inconnu. Ne pouvant compter que sur leurs propres activités et leur propre imagination (concerts de soutien, lectures de poésie, repas conviviaux, pique-niques, projections de films, tables de presse très animées sur les marchés avec de la musique, bus de campagne, déguisements …) pour se faire connaître et ramasser des fonds, les militants de RESPECT ont souvent été beaucoup plus actifs que ceux des grands partis.

Il est difficile de caractériser précisément le nouveau parti. Il diffère fondamentalement d’un front de révolutionnaires comme l’alliance (si le mot n’est pas trop fort) entre la LCR et LO en France, même si quelques groupes révolutionnaires (SWP et ISG, notamment) ont mis leurs forces à contribution. Il diffère également des comités pour le Non à la Constitution européenne en France qui se sont constitués pour mener une campagne commune ponctuelle. Son programme n’est pas explicitement révolutionnaire, ni même anticapitaliste.

En fait, RESPECT revendique le fait d’être une coalition de gens très différents, unis par un rejet du « blairisme » et un accord sur un programme minimum comprenant, en dehors d’une opposition à la guerre en Irak, la défense des services publics, de la sécurité sociale et des retraites, la solidarité avec les réfugiés et demandeurs d’asile etc. Le parti réunit des socialistes révolutionnaires, des militants anti-guerre, des transfuges du New Labour, des syndicalistes, des gens qui militent dans des associations de quartier ou basées sur une « communauté ».11 Il a reçu le soutien de quelques sections syndicales, en particulier du syndicat des pompiers qui s’est heurté à plusieurs reprises à l’intransigeance du gouvernement. RESPECT organise systématiquement des meetings en marge des principaux congrès syndicaux. Mais il tente surtout d’attirer des gens nouvellement radicalisés, que cela soit par la guerre en Irak, par les problèmes du racisme et de la montée de l'extrême droite dans certains quartiers ou par la politique économique et sociale du gouvernement Blair.

La diversité de RESPECT, si elle pose de nouveaux défis pour les révolutionnaires, est à l’évidence une source de richesse, comme on peut constater à la lecture des professions de foi de certains candidats. Ainsi, peut-on lire celles de Raja Gul Raiz à Cardiff, qui est « secrétaire de la Mosquée, membre du Conseil d’administration d’une école publique, travailleur bénévole pour un organisme chargé de conseils juridiques aux citoyens, vice-président de la section locale de la Stop the War Coalition, ex-membre du Parti travailliste, ancien conducteur de bus et commerçant ».

Ce caractère hétéroclite est un fait qui peut naturellement déranger. Mais c’est la présence parmi ces militants venus d'horizons différents de musulmans radicalisés par l’offensive impérialiste en Irak et ses conséquences domestiques qui a fait tant de scandale, en France notamment. En Grande-Bretagne, ce type de réaction est plus rare.12 Considérés comme des électeurs à part entière, les musulmans de nationalité britannique, ou ayant le droit de vote du fait de leur origine dans le Commonwealth, ont pu exercer une certaine influence politique, au moins localement.

Dans certains quartiers, il n’est pas rare que tous les partis traditionnels présentent des candidats appartenant à ce qu’on appelle sans complexes dans les pays anglophones des « minorités ethniques ». Et quelque soit l’origine ou l’appartenance de leurs candidats, les partis cherchent des soutiens dans les différentes communautés, en répondant par exemple à des invitations d’associations communautaires, de mosquées, de temples sikhs … Certains partis peuvent, il est vrai, tomber dans la démagogie, en adaptant leurs discours au public. C’est le cas du Parti travailliste à Birmingham (face à la candidate de RESPECT, Salma Yaqoob), qui a distribué des tracts différents selon la composition ethnique du quartier. [Pour un aperçu de la campagne de RESPECT dans un quartier multiethnique de Londres, voir l’encadré extrait d’un article de Lindsey German.]

De l’autre côté, ces associations peuvent soutenir tel ou tel candidat, non pas essentiellement en fonction de son origine ethnique ou ses croyances religieuses ou autres, mais de son bilan. Défend-il les intérêts des membres de la communauté ? S’occupe-t-il des problèmes locaux comme le manque de logements ou l’harcèlement policier ? Comment vote-t-il sur des sujets qui intéressent les membres de la communauté ?
S’est-il opposé à la guerre en Irak ? C’est ainsi que des candidats de RESPECT non-musulmans (dont des révolutionnaires qui ne cachent pas leur athéisme) ont reçu le soutien d’associations religieuses ou communautaires contre  … des candidats musulmans.

A cet égard, il est intéressant à constater que la candidate « blairiste » battue par Galloway, Oona King, a été élue en 1997 et en 2001 (avec une majorité accrue) avec le soutien de responsables d’associations musulmanes (essentiellement des immigrés du Bangladesh), alors qu’elle est noire et juive par sa mère – et que certains l’ont soutenue contre Galloway, considéré peut-être comme trop « radical ». Les conservateurs et les libéraux-démocrates ont d'ailleurs à plusieurs reprises présenté des candidats issus de cette communauté, y compris en 2005, sans succès. Pour la majorité des électeurs de la circonscription, musulmans ou pas, le facteur déterminant en 2005 a été le soutien de King à la politique de Blair.

Mais c’est surtout le soutien de la Muslim Association of Britain qui a été cité comme « preuve » que les dirigeants de RESPECT, ceux du SWP en tête, sont bras dessus bras dessous avec des islamistes ayant un couteau entre les dents (nous exagérons à peine !). Mais selon les camarades anglais de la Quatrième Internationale :  « MAB ne fait pas partie de Respect: ils ont pris une décision qu’ils ne pouvaient pas y adhérer étant donné le caractère politique de Respect. /…/ Il est vrai que Respect a présenté des candidats musulmans, dont Anas Al-tikriti, qui était candidat aux Européennes en 2004. Mais il l’a fait à titre individuel, et a démissionné de la présidence de MAB pour le faire. S’il y a contradiction ici, c’est la sienne, pas celle de Respect, car en se présentant il a accepté le manifeste et le programme de Respect. /…/ MAB en tant qu’organisation a appelé à voter pour différents candidats dans divers endroits du pays – non seulement pour des membres de Respect, mais aussi des Liberal Democrats et des Verts. » Tout ceci « ne signifie pas /…/ que Respect ‘a choisi de s’allier électoralement avec une organisation islamique fondamentaliste’ ».13

Si RESPECT a présenté un pourcentage tout à fait respectable de candidats musulmans, y compris des responsables d’associations religieuses, ceci n’est pas exceptionnel dans le contexte britannique – et ne choque presque personne. La coalition a également choisi des candidats d’origine afro-caribéenne, comme Janet Alder à Tottenham (la circonscription la plus multiethnique et « métissée » du pays), qui milite pour rendre justice à son frère, tué dans des circonstances douteuses dans un commissariat, ou Dean Ryan à Hackney South.14 De ses 26 candidats, 12 appartiennent, semble-t-il, aux « minorités ethniques ». Et si la parité n'est pas respectée (9 candidates seulement, dont deux musulmanes pratiquantes), deux des quatre candidats ayant obtenu 20 % ou plus des voix sont des femmes.

La présence de la minorité musulmane originaire essentiellement du Commonwealth (ou née en Angleterre) sur la scène politique a sans doute rendu plus difficile – jusqu’au déclenchement de la déferlante anti-musulmane en Occident au lendemain du 11 septembre – l’expression d’une islamophobie ouverte. Même si les musulmans ne représentent que 4 % de l'électorat, leur concentration dans quelques villes leur donne une certaine visibilité et oblige tous les partis de faire des gestes (au moins) pour obtenir leurs suffrages. Mais ils sont beaucoup moins rapides à en promouvoir en leur donnant des responsabilités nationales. Ce poids politique n’a pas empêché non plus les musulmans britanniques d’être victimes de la discrimination, de l’harcèlement policier, de violences à caractère raciste et des effets des politiques menées par des gouvernements successifs de droite et de gauche. Plusieurs enquêtes ont démontré la persistance du racisme et de la discrimination, et surtout l’augmentation d’un racisme spécifique anti-musulman. La montée inquiétante du British National Party (extrême droite) dans certaines villes est lié à ce phénomène.15

Tout ceci ne signifie pas pour autant que les militants de RESPECT aient choisi de baser leur campagne sur un « vote musulman » dont ils auraient en quelque sorte la propriété. Ils sont au contraire obligés de convaincre ces électeurs un par un que leurs candidats sont les mieux à même à défendre leurs intérêts.

Pour gagner des voix « musulmans », il faut bien sûr parler de la guerre en Irak et dénoncer l’islamophobie, mais surtout parler de l’état des services sociaux, de l’éducation, du logement, du problème des retraites etc. Autrement dit, le comportement des électeurs musulmans n’est pas fondamentalement différent des autres composants du corps électoral.

Quelles que soient les raisons exactes, tout s’accorde à penser qu’il y a eu une radicalisation politique chez les musulmans qui ne se réduit pas à la question de la guerre en Irak, même si le soutien de Blair à Bush a sans doute été pour beaucoup la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Une telle radicalisation peut naturellement prendre des formes très différentes, y compris des réponses du type nationaliste ou religieux. Il existe également des organisations politico-religieuses qui s’opposent, parfois violemment, à toute participation au système politique (« le bon musulman ne vote pas ») et George Galloway lui-même a été la cible de certains groupes de ce type. Pour que cette radicalisation prenne des formes plus positives, il faut qu’il existe d’abord des contacts avec des organisations et des militants issus de traditions très différentes (marxiste, social-démocrate de gauche, pacifistes, syndicale, chrétienne …), puis qu’une confiance mutuelle s’installe à travers une collaboration régulière et loyale. Cet élément subjectif a joué un rôle très important dans le cas britannique.

Le facteur décisif a été le succès de la Stop the War Coalition (StWC).16 Dès le début, les militants à l’initiative de ce mouvement ont su s’ouvrir, non seulement à des musulmans, mais à des chrétiens pacifistes, à des écologistes, à des membres du Parti travailliste et même à des libéraux-démocrates sincèrement dégoûtés par la politique guerrière de Blair. Autour de ses initiateurs, composés essentiellement du SWP, de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire (CND) – une organisation pacifiste large qui existe depuis le début des années 1960 – et de la Muslim Association of Britain (MAB), la Coalition a réuni des centaines de milliers de personnes, dont l’immense majorité n’avaient jamais milité auparavant. Et, surtout, elle n’a pas fermé boutique une fois la guerre commencée, comme cela est arrivé dans d’autres pays. continuant à organiser des réunions publiques et des manifestations locales et nationales, souvent avec la participation des familles de militaires britanniques tués au combat.

C’est dans ce contexte que la décision a été prise de lancer une nouvelle initiative politique avec comme première échéance importante les élections européennes et celle de l’Assemblée de Londres de 2004. Le SWP en particulier estimait qu’il était urgent – et possible – de créer une nouvelle force électorale capable de profiter de l’impopularité croissante de Blair et du formidable succès du mouvement anti-guerre.17 Le nouveau parti a pris un bon départ quand, quatre mois après son lancement, en mai 2004, il a obtenu 4,6 % des voix aux élections de Londres, et 1,7 % des voix aux européennes, avec des scores remarquables dans certaines localités (21 % à Newham et à Tower Hamlets, 10 % à Hackney et à Waltham Forest, 9 % à Leicester, 7,4 % à Birmingham …).

Encore fallait-il définir une ligne politique. La collaboration entre des révolutionnaires, des réformistes et autres implique inévitablement un compromis. Personne ne prétend que RESPECT soit un parti marxiste ou d’avant-garde, ni même que le parti évolue dans ce sens. Son programme ressemble plutôt à celui du Parti travailliste d’avant Tony Blair (le fameux ‘Old Labour’). C’est sans doute la raison pour laquelle il attire les foudres des dirigeants travaillistes actuels, car ils savent qu’une grande partie de leur base n’a jamais vraiment adhéré aux idées des « modernisateurs ».

La Charte de RESPECT insiste essentiellement sur des questions sociales : « un système  éducatif non-sélectif qui donne l’égalité des chances à chaque enfant », « des retraites indexées sur le salaire moyen », « imposer les riches pour financer les services sociaux », « la gratuité des soins pour tous », « l’arrêt des privatisations et le retour à la propriété collective et démocratique des chemins de fer et d'autres services publics »…. Elle demande « l'abrogation des lois anti-syndicales héritées des gouvernements de droite » et une augmentation du salaire minimum.

Par ailleurs, elle s’oppose à « toute forme de discrimination basée sur la race, le genre, l’appartenance ethnique, la croyance (ou l’absence de croyance) religieuse, l’orientation sexuelle, l’handicap, l’origine nationale ou la nationalité » et revendique « le droit à l’auto-détermination de chaque individu en ce qui concerne ses croyances religieuses (ou non-religieuses), ainsi que sa sexualité ».

Enfin, en matière de politique internationale, la Charte appelle à « un arrêt de la guerre et de l’occupation de l’Irak », et s’oppose à l’oppression du peuple palestinien. RESPECT refusera l’adoption de l’euro et du Pacte de Stabilité qui « mettrait hors la loi les dépenses publiques dès lors qu’elles entraîneraient un déficit budgétaire [et] renforcerait la pression à privatiser et à déréglementer l’économie », tout en condamnant « la droite anti-européenne et xénophobe». Elle s’oppose aux « politiques de l’UE basées sur ‘la forteresse Europe’ ».

Ce programme a été précisé au Congrès national du parti mais il est encore sujet au débat : faut-il exiger le retrait immédiate des troupes de l’Irak ? faut-il exiger l’amélioration de la loi sur l’IVG ou simplement se contenter de s’opposer à sa remise en cause ? faut-il s’opposer à tout contrôle de l’immigration ou se limiter à « la défense des droits des réfugiés et des demandeurs d’asile » ?. Il constitue une série de revendications et de déclarations de principes que tout socialiste normalement constitué soutiendrait, même si sur certains points il est le fruit d’un compromis. Il n’est pas un véritable programme de gouvernement alternatif.

Dire que RESPECT n’est pas un parti révolutionnaire, marxiste et athée (comme si cette condition faisait partie de la tradition marxiste) est une évidence. Il s’agit réellement d’une coalition entre des révolutionnaires et des individus ou des groupes qui partagent un certain nombre d’idées et d’objectifs avec ceux-ci, sans être d’accord avec leur vision globale. Ainsi, le candidat de RESPECT à East Ham, Abdul Khaliq Mian, décrit dans un entretien la coalition comme essentiellement « démocratique » plutôt que « radicale ».18 Nous ne connaissons pas les idées politiques de ce candidat, qu'un militant anglais nous a décrit comme réellement croyant et essentiellement de gauche. Mais il ne serait pas étonnant que des musulmans progressistes voient dans le programme du parti d’abord sa défense des droits des minorités et son opposition aux dérives policières liées à « guerre contre le terrorisme ». Tout comme des individus qui ont quitté le parti de Tony Blair l’ont fait parce ce que RESPECT incarne mieux, à leurs yeux, les valeurs traditionnelles de l’aile gauche du travaillisme.

Que le programme de RESPECT attire des électeurs et des activistes pour différentes raisons n’est pas étonnant, et n’est pas forcément un handicap, au moins pour le moment – même si cela pourra créer certaines tensions. L’important au stade actuel est que ces tensions soient productives. Quant à l’avenir du parti, tout dépend évidemment de l’évolution de la situation politique. Le remplacement prévu de Tony Blair par son député (et rival) Gordon Brown – que certains travaillistes (notamment dans les syndicats) considèrent à tort comme plus proche de leurs préoccupations – le résultat de l’élection du nouveau dirigeant du Parti conservateur, la progression (ou pas) du vote libéral-démocrate, les effets de la politique économique et sociale du gouvernement (surtout en ce qui concerne les services publics) et même la situation en Irak ou l'évolution de la crise européenne – tous ces éléments compteront le jour où les britanniques auront à revoter.

Dans l’intervalle, les défis que se sont donné les militants de RESPECT sont énormes : toucher de nouveaux publics et recruter en masse, consolider les succès obtenus dans quelques villes et quartiers, préparer les élections locales de 2006, faire connaître le parti dans les nombreuses régions où il n’existe que quelques dizaines de sympathisants, construire des réseaux dans les syndicats … Il faudra également développer les liens qui commencent à exister avec la gauche radicale dans d’autres pays, en commençant par l’Europe.

Claude Meunier

NOTES
 

1RESPECT : www.respectcoalition.org/
 

2 Une des rares réactions positives est celle de Bernard Dreano : « Salma Yaqoob a développé à la tribune, au sujet du voile et de sa signification, les positions qui sont celles de ce type de courant politique musulman, profondément lié, depuis quelques années, à une partie de la gauche. On peut évidemment ne pas adhérer à cette position, la trouver conservatrice en matière de mœurs, etc. Toujours est-il que ce type de positionnement, avec ces différentes facettes (progressistes sur certains sujets, réactionnaires sur d’autres) correspond aujourd’hui à la sensibilité de milliers d’hommes et plus encore de femmes, presque toujours jeunes, musulmans en Grande Bretagne et qui fondent leur engagement social et politique sur leurs convictions religieuses. Cette mouvance, importante en nombre et extrêmement dynamique, est en train d’émerger et, bien sûr, elle est susceptible d’évolution dans un sens ou dans l’autre. Une telle évolution dépend évidemment de la réaction, de débat fraternel ou de rejet haineux, qui sera celui du reste de la gauche. Constater cela ne signifie pas "bénir" tout ce que peut dire une Salma Yaqoob au motif qu’elle serait "femme musulmane et opprimée donc révolutionnaire" comme le pense le SWP ! » (Tribune publiée sur www.toutesegaux.net le 20 octobre 2004.)

Mais il est significatif que même Dreano attribue une position (« musulmane = opprimée = révolutionnaire ») au SWP qu’il n’a jamais défendu. D’autres critiques, hostiles à toute coopération avec des organisations musulmanes, reconnaissent que le SWP est presque la seule organisation d’extrême gauche à avoir fait « un effort d'analyse et de compréhension de toutes les variétés de l'islamisme » (Guillaume Davranche, Alternative Libertaire, sur le site L’En Dehors : http://endehors.org/news/5222.shtml). Pour visiter le site du SWP, voir : www.swp.org.uk/
 

3 Alors que le vote moyen de New Labour en 2005 était de 36 %, le parti obtient 32 % chez les électeurs AB (classes moyennes), 35 % chez les électeurs C1 (classes moyennes inférieures), 43 % chez les ouvriers qualifiés (C2) et 45 % chez les ouvriers non-qualifiés (DE). Mais par rapport à 1997 ces pourcentages sont en baisse de 13 % chez les ouvriers non-qualifiés, de 8 % chez les ouvriers qualifiés, de 2 % seulement chez les classes moyennes inférieures – et même en hausse de 2 % chez les classes moyennes.
 

4 A son apogée, le PC britannique n’avait que deux élus au parlement.
 

5 La démagogie des dirigeants conservateurs leur a probablement profité dans certaines couches sociales particulièrement fragilisées : le vote des conservateurs a progressé de 4 % chez les ouvriers qualifiés et de 7 % chez les ouvriers non-qualifiés, par rapport à l’élection de 1997, même si globalement la stratégie ultra-réactionnaire du futur ex-leader de la droite, Michael Howard, a été jusqu’à présent un échec.
 

6 Galloway a reçu 36 % des voix, contre 34 % pour son adversaire travailliste. Il a visiblement bénéficié d’un transfert de voix non seulement des travaillistes (en baisse de 16 %), mais aussi de la droite (moins 10 %) et des libéraux-démocrates (moins 4 %), ainsi que des abstentionnistes (moins 3 %). Les Verts ont cru bon de présenter un candidat dans la même circonscription que Galloway, qui obtient 4 % des voix.
 

7 RESPECT ne se présentait ni en Ecosse (où le SSP porte les couleurs de la gauche radicale), ni en Irlande du Nord.
 

8 L’excellente performance du Scottish Socialist Party (SSP) en 2003 qui lui a permis d’envoyer six de ses candidats au parlement écossais, a été obtenu en partie grâce à un système d’élection proportionnelle par listes régionales. Ses listes ont obtenu en moyenne 7,7 % des voix. En mai 2005, aux élections législatives britanniques, le SSP n'a obtenu que 1,9 % des voix en moyenne (en baisse par rapport à 2001), et a été devancé partout par les Verts écossais.

9 Les Verts, dont l’aile gauche est proche de l’extrême gauche sur certaines questions, ont présenté 200 candidats, obtenant 3,4 % des voix en moyenne, légèrement mieux qu'en 2001. Un candidat a obtenu 22 % à Brighton, mais n’est arrivé qu’en 3ème position. Une partie de la gauche radicale, comme les rédacteurs de la revue Red Pepper, souhaite un rapprochement entre les Verts et l'extrême gauche, mais jusqu'à présent les Verts ont refusé tout accord électoral. On peut noter cette réaction d’un de leurs candidats : « Il est certain qu’il y aura un débat stratégique au sein des Verts pour savoir ce que [les bons scores de RESPECT] implique pour les relations entre les Verts et la gauche. » (interview publiée sur www.redpepper.org.uk/) Les Verts ont une soixantaine d’élus locaux, deux députés européens (élus à la proportionnelle) et … un membre de la Chambre des Lords !

10 La France, comme on pouvait s’y attendre, fait figure d’exception. Dans son numéro du 12 mai, Rouge publie un article sur les élections britanniques, dans lequel la victoire de Galloway est effectivement saluée. Mais cet article est signé par un membre de l’ISG, plutôt que par un militant connu de la LCR. Des dirigeants de la Ligue, interrogés par des camarades sur les perspectives politiques en Grande-Bretagne, ont exprimé un certain intérêt pour le projet RESPECT, mais passent totalement sous silence sa composante musulmane, alors que tout le monde sait que c’est précisément cet aspect de RESPECT qui est sujet de graves désaccords entre différentes tendances de la Ligue. Cette discrétion reflète-t-elle une certaine gêne de la direction face à l’extrême hostilité d'une partie de l'organisation ?
A Lutte Ouvrière, les élections législatives sont analysées longuement, mais d'une façon très particulière. Un article dans le numéro d’avril-mai 2005 de Lutte de Classe, écrit juste avant le scrutin, intitulé ‘Grande-Bretagne - Le 5 mai, une élection sans enjeu pour les travailleurs’ ( !) consacre un seul paragraphe aux effets politiques du mouvement contre la guerre – un paragraphe qui accumule un nombre impressionnant de bêtises : « [L’hostilité à la guerre] peut /…/ entraîner un déplacement de voix des travaillistes vers les petits partis qui sont apparus plus ou moins symboliquement opposés à la guerre, qu'il s'agisse des candidats des partis régionalistes [Les Ecossais et les Gallois apprécieront – SI] /…/ ou à la trentaine de candidats présentés par la coalition anti-guerre ‘Respect’ (coalition allant de groupes d'extrême gauche à des courants intégristes musulmans). Or un tel déplacement de voix dans un certain nombre de circonscriptions, même s'il est faible à l'échelle du pays, peut avoir des conséquences imprévisibles du fait du mode de scrutin majoritaire à un tour, en permettant à des candidats conservateurs de l'emporter avec relativement peu de voix. » [Nous soulignons – SI] La conclusion de l’auteur est la suivante : « Alors, la classe ouvrière britannique a bien des comptes à régler avec le gouvernement Blair et les dirigeants travaillistes. Mais elle ne pourra pas régler ces comptes le 5 mai. » La passivité et le conservatisme habituels de LO atteignent ici des sommets.

Sans doute gêné par de telles erreurs, l’hebdomadaire Lutte Ouvrière, dans son numéro du 13 mai 2005, publie un article de F. Rouleau intitulé : ‘Grande-Bretagne - Les élections du 5 mai : Un désaveu pour Blair et sa politique’, dont la conclusion est légèrement différente : « Si Blair en sort vainqueur, il en sort surtout affaibli, avec le soutien d'à peine plus d'un cinquième des électeurs inscrits (21,2% exactement). Alors peut-être cela amènera-t-il les travailleurs britanniques à réaliser que le pouvoir qu'ils ont en face d'eux est bien moins fort qu'il n'en avait l'air et qu'en usant des armes de la lutte des classes, ils pourraient faire entendre la voix qu'ils n'ont pu faire entendre à l'occasion de ces élections. » Mais il réussit le tour de force de ne mentionner ni la victoire de George Galloway, ni RESPECT !
 

11 Les Anglais utilisent en effet souvent le mot « community », qui a des connotations plutôt positives. Il peut s’appliquer soit à un quartier, soit à un groupe ayant la même origine géographique ou ethnique (dont une des caractéristiques peut également être l’appartenance à une tradition religieuse donnée). Ces deux aspects peuvent évidemment être combinés, même si la notion de « ghetto » si souvent utilisée en France pour dénoncer le modèle « anglo-saxon » en matière d’ « intégration » est loin de la réalité sur le terrain. La même remarque s’applique à la notion de « minorité ethnique » qui est maniée très facilement en Grande-Bretagne sans attirer d’accusations ni de « communautarisme », ni de « relativisme ».

12 Des commentateurs britanniques n’appartenant pas forcément à la « gauche sectaire » critiquent moins le fait de s’allier avec des musulmans que la nature de cette alliance. Les dirigeants du SWP auraient abandonné leur programme révolutionnaire afin d’obtenir le soutien d’éléments bourgeois ou petit-bourgeois de la communauté musulmane, trahissant ainsi les intérêts de classe des travailleurs musulmans eux-mêmes. Si sur des points précis de telles critiques méritent au moins d’être débattues, la catégorisation globale de RESPECT comme une forme de « Front Populaire » comme celui qui a vu les Partis communistes des années 1930 s’allier non seulement avec des sociaux-démocrates, mais avec des partis bourgeois comme les radicaux en France, le tout dans l’intérêt de la politique étrangère de la Russie stalinienne, nous semblent totalement erronée.

Alan Thornett, dirigeant de la section anglaise de la Quatrième Internationale, a répondu aux critiques de gauche de RESPECT en appelant toute la gauche radicale indépendante à rejoindre le nouveau parti dans le but de le construire (voir sur le site : http://www.socialistunitynetwork.co.uk/)
 

13 Jane Kelly et Karen O’Toole, Alliances and Coalitions in Britain : ‘Stop the War’ and ‘Respect’ (avril 2005). Article paru dans International Viewpoint et écrit en réponse à Gilbert Achcar. Voir sur le site : www.internationalviewpoint.org/
 

14 A Tottenham, Alder a obtenu 6,4 % des voix ; à Hackney, Ryan a obtenu 4,5 %.
 

15 Les Nazis n’ont pas fait la percée qu’ils espéraient. Ils ont même reculé dans quelques uns de leurs bastions. Mais dans beaucoup de circonscriptions où ils étaient inconnus avant les élections ils obtiennent facilement 5 % des voix. A Barking dans l’est de Londres, le BNP obtient même 17 % des voix. Cependant, en juin 2005, le même parti a perdu un siège au conseil municipal de Barking, repris par les travaillistes avec le soutien de toute la gauche. Les anti-fascistes sont organisés au sein de Unite Against Fascism, un front large allant de l’extrême gauche à des sections du Parti travailliste et des dirigeants syndicaux. Voir : www.uaf.org.uk/

16 Voir : www.stopwar.org.uk/

17 Nous n’avons pas la place ici de traiter la question de la Socialist Alliance, la précédente tentative de créer une telle force. Ce regroupement a eu de modestes succès, comme l’élection d’un conseiller municipal à Preston et des scores encourageants lors des élections à Londres. Il s’est dissout peu de temps après la création de RESPECT. Quelques petits groupes continuent à essayer de le faire vivre.
 

18 Cité par le journal Red Pepper. Voir leur site : www.redpepper.org.uk/

 
 

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